Dossier : Entretien des dallages industriels : Nettoyer, balayer, astiquer !

Sivagami Casimir
04/02/2019

L’exploitant ou le propriétaire de dallage à usage industriel doit prendre le temps de soigner son ouvrage, afin qu’il dure dans le temps. Prévenir les risques, détecter les faiblesses et apporter des solutions efficaces deviennent primordiaux pour que le dallage remplisse sa mission dans les usines, plates-formes et autres entrepôts.

Retrouvez cet article dans Béton[s] le Magazine n° 80

La réalisation du dallage à usage industriel, ainsi que son entretien et sa réparation, sont régis, entre autres, par la NF DTU 13.3.  [©EMN]
La réalisation du dallage à usage industriel, ainsi que son entretien et sa réparation, sont régis, entre autres, par la NF DTU 13.3. [©EMN]

Dans les plates-formes logistiques, les usines ou bien les laboratoires, le ballet des employés, des palettiseurs et autres machines captent notre attention. Pourtant, juste sous nos pieds, une fine couche, très souvent en béton, nous raccroche à la terre. Surnommé dallage à usage industriel, dallage industriel ou encore sol industriel. Cet ouvrage, dont on ne porte pas tout de suite d’importance, occupe pourtant une place primordiale, qui permet à la danse du travail de ne pas s’interrompre. Selon l’usage, les techniques de production et de mise en œuvre du dallage vont différer.

D’après les chiffres de l’Union nationale des entrepreneurs de sols industriels (Unesi), 25 Mm2de dallages sont réalisés chaque année. La discipline consomme ainsi 3,5 Mm3de béton, près de 1 Mt de ciment et 54 t de couches d’usure. D’un seul bloc ou compartimentés par des joints de dilatation. Les dallages industriels sont régis par le guide technique du CSTB publié en 2007, les Avis techniques dans certains cas et le NF DTU 13.3. 

Une prévention régulière

Mais après la réalisation du dallage, que se passe-t-il ? La norme dit que « Les dallages à usage industriel sont des ouvrages soumis à la fatigue et à l’usure. Ils doivent donc faire l’objet de la part du propriétaire ou de l’exploitant de l’ouvrage d’une maintenance régulière et particulière ». L’annexe E de la NF DTU 13.3 établit la base légale de l’entretien des dallages industriels. Elle préconise de réaliser de façon régulière différents types d’opérations. Les propriétaires ou utilisateurs sont ainsi amenés à effectuer un remplissage ultérieur des joints et son entretien. En dégarnissant les joints, en les remplissant de nouveau, après que le béton ait terminé son retrait. Et ils doivent nettoyer leur dallage avec des produits adaptés aux liants hydrauliques utilisés pour sa composition.

L’annexe E précise aussi de traiter les efflorescences et de boucher les pores, de lustrer ou de cirer l’ouvrage. Ces traitements permettent de garantir la longévité du dallage. Mais durant sa vie en œuvre, ce dernier peut rencontrer plusieurs phénomènes et chacun dispose de sa solution.

La réparation la plus courante des fissures consiste à l’ouvrir, à réaliser sur son trajet des forages régulièrement espacés et à y injecter des résines. [©AQC]
La réparation la plus courante des fissures consiste à l’ouvrir. A réaliser sur son trajet des forages régulièrement espacés. Et à y injecter des résines. [©AQC]

Différentes pathologies

Les dallages peuvent voir l’apparition d’épaufrures le long des joints et en partie courante. « Leurs réparations font en général appel à des mortiers de résine, explique l’AQC via sa Commission prévention produits mis en œuvre (C2P). Lorsqu’il y a dégradation des bordures de joints. Des injections de coulis hydrauliques ou de mousses polyuréthane près des bordures et en sous-face peuvent s’avérer nécessaires pour limiter le pianotage. »

Fissures, suppression des pianotages, tassements localisés dus à des affaissements de support sur des surfaces limitées ou encore abrasion de la couche d’usure ou défauts de surface… sont autant de problématiques, qui peuvent être réglées. « La rénovation n’est pas traitée dans la NF DTU 13.3, conclut Christian Dellaroli, président du Synfad. Sur un béton armé, nous pouvons faire beaucoup de choses, mais dans les autres cas, les techniques sont limitées. Les utilisateurs peuvent soit recouler un béton. Si l’ouvrage ne doit pas supporter de charges, soit rapporter une nouvelle chape industrielle, soit démolir pour reconstruire. »

Dossier préparé par Sivagami Casimir

Sommaire du dossier :

Unesi : Trois questions à… Mathieu Bielokopytoff

Synfad : Quoi de neuf dans la couche d’usure ?

Au Tour du Béton : Armé pour l’entretien et la rénovation

Duromit : Réparer avant livraison

EMN : Changement de propriétaire

Placeo : De l’étude à la livraison en passant par la rénovation

Twintec : De multiples casquettes

Unissol : Un bureau d’études très spécialisé

CS France : Une gamme renforcée

Permaban : Paré pour tous types de besoins

Promadis : Sous le signe de l’universalité

Retrouvez cet article dans Béton[s] le Magazine n° 80