Édito

Chemins de traverse

Eh oui, bientôt nous pourrons voyager de manière transversale, c’est-à-dire sans devoir passer par Paris. C’est étrange de se rendre compte que personne n’y avait songé avant. Ou n’avait pas eu envie de le faire… Comme si la capitale, aussi belle soit-elle, se devait d’être le passage obligé pour les trains de banlieue et autres RER. Le fruit d’une centralisation à outrance, comme nous savons si bien l’organiser chez nous ? Clairement,  oui ! Et tant pis pour ces générations de travailleurs, contraints d’entrer dans Paris ou d’en ressortir aussitôt, afin de rejoindre leurs usines, leurs bureaux. Demain, nous pourrons passer à côté, dans le bon sens du terme. Le Grand Pari[s] est donc enfin sur les rails [lire p. 24]. Mais “demain”, ce n’est pas “tout de suite” : les moins chanceux devront attendre 2030 pour voir leur gare connectée au réseau.

Eh oui, dès à présent, nous pouvons mieux circuler en vélo, à Paris, en banlieue. La place réservée aux modes de circulation douce a explosé. La voiture n’est plus en odeur de sainteté. La multiplication des sens interdits et des fermetures de certains axes routiers est là pour nous le rappeler. Penser la ville autrement ne peut être qu’encouragé et applaudi. Mais empêcher les gens de rouler, est-ce vraiment une bonne idée, alors même que les alternatives ne sont pas encore en place ? N’est-il pas possible de mettre en place un minimum de coordination, d’intelligence là-dedans ?

Une seule chose est sûre. Dans cet entre-deux, où les chantiers et voies de circulation fermées cohabitent, chacun est obligé de fréquenter des chemins de traverse.

Frédéric Gluzicki

Directeur de la publication

ESPRIT BETON. Jérôme Gobé en résidence chez Saint-Gobain Weber.

ACTEURS. LafargeHolcim lance son offre Galaxim.

EN COUVERTURE. Le Grand Paris, côté bétons.

A LA LOUPE. Innovations dans le coffrage et l’étaiement.

PASSE SIMPLE. Le pont de Clairac : Un ouvrage d’art précurseur.

18,00

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