En novembre dernier, Saint-Gobain publiait une feuille de route pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Des objectifs qui se transposent aussi aux filiales du groupe comme Isover, spécialisée dans l’isolation.

Isover-Placo a inauguré une nouvelle ligne au sein de son usine de Chemillé (49). [©Saint-Gobain]
En 2019, Isover-Placo a inauguré une nouvelle ligne au sein de son usine de Chemillé (49). [©Saint-Gobain]

En novembre dernier, le groupe Saint-Gobain publiait une feuille de route pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 [Lire notre article]. Avec un investissement de 100 M€/an, l’industriel français s’est fixé des ambitions très structurantes. Cette direction environnementale se transpose aussi au sein des différentes filiales du groupe, comme Isover. « Nous prévoyons – 33 % d’émissions de CO2 dans les scopes1 1 et 2. Et – 16 % au niveau du scope1 3 d’ici 2030 », explique Lucile Charbonnier, directrice du développement durable et RSE chez Isover. Mais comment cela se traduit-il dans les faits ?

Afin d’établir les différents points d’actions, Isover s’est attelée à une cartographie des matériaux utilisés dans la production d’isolant et des différentes étapes de sa vie. « Nous travaillons sur toute la chaîne de valeur. Que ce soit sur la provenance des matières premières et leur fin de vie… Nous avons des groupes de travail avec une quinzaine de fournisseurs pour œuvrer autour de l’ACV complète de nos produits de l’extraction, aux déchets et de leur acheminement. Nous sommes dans une démarche de co-recherche où nous explorons différentes thématiques : le mix énergétique, les intrants, le recyclé, les systèmes de transports … »

Une cartographie complète des matériaux et processus de fabrication

Sur cette question, Isover a une approche multi-modale (fret, camions…) et est entré dans le programme Fret 21. Le fabricant d’isolants s’est engagé à réduire de 8 % ses émissions de CO2 en 3 ans. L’industriel est aussi partie prenante dans le projet Tetris sur la question du taux de remplissage des camions.

Isover s’intéresse aussi bien à l’évolution de la recette, et plus particulièrement aux liants alternatifs et aux substituts recyclés qu’aux emballages et à la mise en œuvre. « Nous avons une vraie réflexion autour de la réduction des emballages, car pour nous, ils ont une fonction de protection, mais aussi, mécanique. Dans les Fdes, la question est noyée dans la masse des émissions. »

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Au niveau de la production, il y a différents axes d’évolution. Depuis plusieurs années, Isover Recycling récupère et prépare les déchets de laine de verre. Ces derniers sont ensuite transformés en calcin par Isover pour être réintroduits dans la chaîne de fabrication des solutions d’isolation.

Une réflexion sur toute l’analyse de cycle de vie des solutions d’isolation

Selon l’industriel, ces matériaux recyclés permettent de limiter le recours aux matières premières, de diminuer l’énergie consommée et donc de réduire l’empreinte carbone. « Finalement, la production d’isolants n’est pas très consommatrice d’énergie, surtout que nos fours fonctionnent à l’électrique. Mais nous avons encore des paliers à franchir au niveau de deux outils qui n’existent qu’au gaz : la partie fibrage et les étuves. Notre service de R&D travaille en interne sur des innovations de ruptures à l’électrique ou encore à l’hydrogène. » Enfin, Isover travaille aussi sur les systèmes et consommables permettant la mise en œuvre des solutions d’isolation.

1Les scopes permettent de catégoriser les différents domaines qui interviennent dans un bilan carbone. Le scope 1 s’intéresse aux émissions directes liées à la fabrication. Tandis que le scope 2 rassemble celles liées aux consommations d’énergie nécessaires à la production. Enfin, le scope 3 regroupe les émissions générées de manières indirectes.