Unibéton : Une centrale “zéro rejet” de grande ampleur

Frédéric Gluzicki
22/09/2019
Modifié le 22/09/2020 à 12:03

Pour les besoins du lot T3c de la ligne 15 du Grand Paris Express, Unibéton a installé une centrale mobile, d’une capacité de production de 400 m3/j. Ceci, sans aucun rejet...

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La centrale Unibéton est dimensionnée pour assurer une production en autonomie durant 36 h, soit 600 m3 de bétons. [©ACPresse]
La centrale Unibéton est dimensionnée pour assurer une production en autonomie durant 36 h, soit 600 m3 de bétons. [©ACPresse]

Les chantiers du Grand Paris, ce sont plusieurs millions de m3de béton à couler, sur plusieurs années… Tous les acteurs de la filière BPE sont mobilisés pour répondre à la demande. Ceci, à travers des installations fixes comme mobiles. Au niveau de la gare de l’institut Gustave Roussy, à Villejuif (94), est installée la centrale mobile Unibéton. Sa mission : alimenter en bétons une portion du lot T3c de la ligne 15. A savoir, le segment compris entre les gares de Villejuif Aragon et Bagneux. Dans son ensemble, le T3c est mené par le groupement Vinci Construction Grands Projets, Dodin Campenon Bernard, Spie Batignolles TPCI, Vinci Construction France, Spie Fondations et Botte Fondations. 

La centrale est en service depuis plusieurs mois déjà. Signé Skako Concrete, cet outil – une MasterMix 4000 – est bien connu dans le secteur, puisqu’il avait déjà été mobilisé pour les opérations de construction de l’Hexagone Balard (ministère de la Défense, à Paris) ou l’extension du centre de traitement des eaux usées à Achères (78). 

Un stockage très important

Son installation a nécessité près de 2 mois de travaux préparatoires avec la construction d’une dalle sur pieux de fondation : une obligation compte tenu des l’importance du stockage des matières premières. Dans le détail, la centrale dispose de 8 cases à granulats de 150 t unitaire, de 4 silos à pulvérulents (2 x 250 t et 2 x 100 t). Son emprise au sol est de 1 500 m2. Mais sa véritable particularité est son système de traitement des eaux et autres retours béton. 

« Cette centrale a été aménagée, afin qu’elle ne produise aucun rejet, eaux de ruissellement y compris », souligne Renaud Boucherat, directeur d’exploitation Unibéton Ile-de-France. Pour ce faire, un ensemble de 4 bassins hors sol a été installé juste à côté de la centrale. Ils sont reliés à une vis à recycler et une laveuse automatique. Ces équipements permettent de traiter les eaux de lavage de la centrale et des 10 toupies qui y sont rattachées.

Ainsi que les retours de béton frais. Ce process permet de réemployer les sables et granulats en tant que graves sur le chantier ou une réintroduction dans le cycle de fabrication des bétons. Quant aux eaux chargées, elles sont envoyées en direction des bassins agités pour un réemploi futur en lavage des camions. La seconde option est une utilisation pour la production de bétons neufs, après un contrôle des matières en suspension.

L’unité de traitement des eaux chargées et des retours de béton est accolée à la centrale à béton.  [©ACPresse]
L’unité de traitement des eaux chargées et des retours de béton est accolée à la centrale à béton. [©ACPresse]

Un approvisionnement 24 h/24

« La centrale de Villejuif est la seule unité mobile “zéro rejet” de cette ampleur », reprend Renaud Boucherat. Côté production, elle se défend très bien aussi. S’articulant autour d’un malaxeur Skako Concrete de 2,66 m3, elle est dimensionnée pour assurer une fourniture moyenne de 400 m3/j de bétons, partagés entre une quinzaine de formules spécial “génie civil”. Soit quelque 90 m3/h. Ce large panel de bétons techniques comprend, en particulier, une solution pour parois moulées, avec une rhéologie sans altération de 8 h.

Mais encore un Bap destiné à la confection de la coque de la station de l’institut Gustave Roussy.

Le dernier point touchant à l’organisation opérationnelle de la centrale concerne la gestion automatique des approvisionnements. Ceux-ci peuvent être réalisés 24 h/ 24, ce qui permet de limiter le trafic sur le site durant la journée. « Unibéton entend généraliser cette démarche sur nombre de ses sites », conclut Renaud Boucherat. 

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