Le Corbusier ou le bonheur de vivre ensemble

Rédaction
28/11/2006

Le Corbusier était sans doute l’un des plus grands architectes du XXe siècle. Leader du mouvement moderne, du purisme, l’homme aux grandes lunettes cerclées de noir a marqué de son art le monde entier. Quarante et un ans après sa mort, ses édifices continuent à susciter curiosité et divergences.

Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier : « L’architecture, c’est formuler les problèmes avec clarté ». [©FLC/ADAGP]

Urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur, créateur et enfin architecte. Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier était un “touche à tout”. Né le 6 octobre 1887, à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, il grandit dans un environnement ouvert à l’art. Fils d’un horloger et d’une pianiste, il suit les cours de l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds. Charles L’Eplattenier, son “maître” l’encourage à devenir architecte. Et lui confie, en 1905, la construction de la villa Fallet. Le Corbusier est âgé d’à peine dix-huit ans.

1907. Charles-Edouard Jeanneret entreprend une série de voyages à l’étranger. Autant de séjours qui marqueront à jamais sa carrière. Il y étudie notamment la technique du béton armé auprès d’Auguste Perret. 

De retour en Suisse en 1912, il met tout en œuvre pour essayer de pratiquer son idéal architectural. Mais jugeant son pays trop petit pour accueillir ses idées, Jeanneret se tourne vers la France. Il s’installe définitivement à Paris en novembre 1917. Associé à son cousin,[/abonnés] l’ingénieur Pierre Jeanneret, il ouvre un atelier d’architecture, rue de Sèvres. C’est là, qu’en 1922, il devient Le Corbusier. Du nom de famille de sa mère. 

Chef de file du mouvement moderne

C’est l’heure des premières constructions de villas, de quartiers. Elles s’intègrent dans ce qu’il nomme « l’architecture moderne ». Un plan libre, une façade libre, des pilotis, un toit terrasse et une fenêtre en longueur. Simplicité des formes, organisation, rigueur, le tout mêlé d’utopie. Le bonheur étant à la base de la réflexion de l’architecte.

La Cité Radieuse de Marseille. Première unité d’habitation dessinée par Le Corbusier, elle marquera l’intérêt de l’architecte pour les problèmes de société. [© FLC/ADAGP]

Sensible au monde qui l’entoure, Le Corbusier se concentre sur les problèmes de pénurie des logements. Dès 1945, il préconise l’habitat en hauteur dans un environnement rural. Et crée l’unité d’habitation. Il y applique les théories du Modulor. Un système de mesure basé sur les proportions du corps humain.

Première en son genre : la Cité Radieuse de Marseille. Une réalisation dont la forte expressivité plastique est jointe à l’usage du béton. La résidence, sous forme de barre sur pilotis, est composée de 360 appartements en duplex séparés par des rues intérieures. Elle comprend dans ses étages centraux des bureaux et des commerces. Le toit terrasse, libre d’accès au public, est occupé par des équipements publics : une école maternelle, un gymnase, une piste d’athlétisme, une piscine et un auditorium.

Multiplicité des édifices

L’église de Firminy vient enfin de voir son achèvement, trente-six ans après la pose de la première pierre. [©Spie Batignolles]

Suivront quatre unités d’habitation semblables à celle de Marseille. A Nantes-Rezé, à Berlin, à Briey-en-Forêt et enfin à Firminy. Une ville qui a vu le  rêve de Le Corbusier s’accomplir. Réunir ce qu’il pensait être les trois grandes activités de l’homme : la culture, le sport et la prière. Car c’est à Firminy que se tient le plus vaste ensemble jamais construit par Le Corbusier en Europe. Un stade, une maison de la culture et depuis peu une église. Achevée quarante et un ans après la mort de son architecte, cet édifice religieux était le troisième imaginé par Le Corbusier. Après la Chapelle Notre-Dame du Haut à Ronchamp et le couvent de Sainte-Marie de la Tourette.

Enfin, parmi les plus prestigieuses constructions de Le Corbusier, on trouve la ville indienne de Chandigarh. Où Palais de Justice, Palais du Capitole, Secrétariat et Palais de l’assemblée ont été dessinés par Le Corbusier. L’un des plus grands architectes du XXe siècle, décédé le 27 août 1965 à Cap-Martin. [/abonnés]

Anne-Sophie Lassus