Véritable musée en pleine ville et en plein air, la cité urbaine Tony Garnier de Lyon est connue pour ses 24 fresques artistiques réalisées sur les façades des immeubles d’habitation. Après 30 ans d’exposition, elles connaissent aujourd’hui un vaste programme de rénovation.

A partir de 1988, les designers de CitéCréation conçoivent et réalisent des peintures monumentales sur ses murs. C’est la naissance du musée urbain Tony Garnier. [©CitéCréation]
A partir de 1988, les designers de CitéCréation conçoivent et réalisent des peintures monumentales sur ses murs. C’est la naissance du musée urbain Tony Garnier. [©CitéCréation]

S’il est un architecte, qui a marqué Lyon dans son évolution urbaine, c’est bien Tony Garnier. A l’aube du XXesiècle, quand la pensée hygiéniste guide les décideurs locaux dans leurs grands travaux, l’architecte se met au service du progrès social. De part et d’autre du large boulevard des Etats-Unis, des immeubles ponctués de fenêtres en saillie se succèdent en enfilade. Bienvenue à la cité Tony Garnier, au cœur du quartier des Etats-Unis, dans le VIIIearrondissement de Lyon. Il s’agit là du premier ensemble d’habitations bon marché de France, réalisé entre l920 et 1934. Avant d’être un musée à ciel ouvert, cet ensemble d’immeubles était le projet d’une “Cité idéale” que l’architecte avait nommé “La Cité industrielle”. Sa ville idéale, il la voyait très fonctionnelle avec de grands espaces, de l’ensoleillement et de la verdure. Mais il a dû composer avec les impératifs budgétaires et rajouter 2 étages à ses immeubles d’habitation, qu’il avait initialement imaginés de hauteur plus modeste. Le chantier débute en 1920 et le quartier est inauguré le 25 juin 1934. « Quelque 70 ans plus tard, les habitants de la cité Tony Garnier mobilisent la Ville de Lyon, l’Opac du Grand Lyon, CitéCréation. Mais aussi de nombreux partenaires publics et privés dans l’optique d’une réhabilitation de leur quartier. Les travaux de rénovation s’étaleront entre 1985 et 1997 », indique Lionel Toutain Rosec, co-directeur associé de CitéCréation.

Naissance du musée urbain Tony Garnier

Au total, ce sont 24 façades géantes de bâtiments réalisées avec des produits Zolpan, soit un total de 5 500 m2, qui doivent être restaurées pendant une durée de 8 à 10 ans. [©CitéCréation]
Au total, ce sont 24 façades géantes de bâtiments réalisées avec des produits Zolpan, soit un total de 5 500 m2, qui doivent être restaurées pendant une durée de 8 à 10 ans. [©CitéCréation]

Suite à cette initiative populaire pour valoriser leur quartier, 24 murs aveugles sont alors peints sur toute leur hauteur. Ils composent un musée à ciel ouvert exaltant l’œuvre de l’architecte et urbaniste. A partir de 1988, les designers de CitéCréation conçoivent et réalisent des peintures monumentales sur ses murs. C’est la naissance du musée urbain Tony Garnier. 

Au total, en se promenant, on peut admirer une dizaine de murs peints reprenant les croquis du jeune architecte, esquissant sa vision de la future cité idéale. D’autres représentent la vie lyonnaise. Et enfin, des murs présentent la cité idéale imaginée par des artistes d’autres pays du monde : Youssouf Bath pour la Côte d’Ivoire, Abdel Salam Eid pour l’Egypte. Ainsi que Matt Mullican pour les Etats-Unis, La tribu des Warlis pour l’Inde. Et enfin, Marisa Lara et Arturo Guerrero pour le Mexique, et Gregory Chestakov pour la Russie. On découvre en particulier un mur peint sur lequel figurent les nombreuses réalisations de Tony Garnier à Lyon. On peut noter La vacherie du parc de la Tête d’Or (1904-1905), destinée à fournir du lait aux bébés lyonnais. Les abattoirs de la Mouche et marché aux bestiaux (1908-1928), architecture révolutionnaire pour l’époque et qui est maintenant la Halle Tony Garnier, salle de concerts et de spectacles. L’hôpital de Grange-Blanche (1911-1933) où il a pu appliquer nombres de ces principes hygiénistes. En construisant de nombreux pavillons séparés pour éviter les contaminations croisées. Le stade municipal de Gerland (1913-1926), qui devait être un stade olympique d’inspiration antique. 

Zolpan et CitéCréation à l’unisson

Fresque conçue par Abdel Salam Eid pour la cité idéale en Egypte, rénovée n 2019. [©CitéCréation]
Fresque conçue par Abdel Salam Eid pour la cité idéale en Egypte, rénovée en 2019. [©CitéCréation]

Il faut dire que cette année à Lyon, on va beaucoup entendre parler de Tony Garnier, puisque l’on fête les 150 ans de sa naissance. Véritable musée en pleine ville et en plein air, la cité urbaine Tony Garnier de Lyon est connue pour ses 24 fresques artistiques réalisées sur les façades des immeubles d’habitation. Après 30 ans d’exposition, elles connaissent aujourd’hui un vaste programme de rénovation.
Et c’est une aventure au long cours, qui unit Zolpan, le spécialiste de la peinture, et CitéCréation, entreprise coopérative de design mural monumental. Déjà acteurs du premier programme de rénovation, ils unissent à nouveau leurs expertises et savoir-faire. Environ 20 ans après la réalisation de ces fresques, une expertise technique commandée par Grand Lyon Habitat, propriétaire de l’ensemble immobilier, démontre la nécessité de remplacer les supports de la moitié des fresques murales. Au total, ce sont 24 façades géantes de bâtiments réalisées avec des produits Zolpan, soit un total de 5 500 m2, qui doivent être restaurées pendant une durée de 8 à 10 ans. Sur les 24 projets, 8 fresques seront reproduites à l’identique, 8 seront améliorées et 8 autres seront refaites entièrement. « Ce sont 5 à 6 couches de peinture, qui sont appliquées. C’est donc très solide. Il faut compter de 4 à 6 personnes sur chantier, pendant un mois. L’analyse chromatique de Zolpan se fait in situ. De plus, nous apportons une garantie décennale », explique Lionel Voutain Rosec.

Après 30 ans d’exposition, les fresques de la Cité urbain,ne de Tony Garnier connaissent aujourd’hui un vaste programme de rénovation. [©CitéCréation]
Après 30 ans d’exposition, les fresques de la Cité urbaine de Tony Garnier connaissent aujourd’hui un vaste programme de rénovation. [©CitéCréation]

Près de 30 ans après, cet ancien quartier stigmatisé est redevenu la fierté de ses habitants. Il est arpenté chaque année par plusieurs milliers de visiteurs. En quelques années, il est devenu l’un des équipements d’attractivité territoriale le plus incontournable de la Métropole de Lyon. 

M. C. 

Musée urbain Tony Garnier, 4 rue des Serpollières 69008 Lyon.

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