Qu’est ce que le Bbio ?

Rédaction
25/03/2019

La prise en compte réglementaire de la conception bioclimatique arrive avec la RT 2005, qui fait une place à la notion de confort d'été (indice Tic) et prend en compte les "apports gratuits" dans le calcul conventionnel de la consommation en énergie primaire (Cep)

Bbio

La prise en compte réglementaire de la conception bioclimatique arrive avec la RT 2005, qui fait une place à la notion de confort d’été (indice Tic) et prend en compte les « apports gratuits » dans le calcul conventionnel de la consommation en énergie primaire (Cep) : « Le moteur de calcul tient compte des apports de chaleur gratuits en fonction des orientations des baies vitrées, c’est une énergie que ne devra pas fournir le générateur ». De la RT 2005 à la RT 2012 s’opère un glissement : les facteurs bioclimatiques intègrent désormais, en complément du Cep et du Tic, le calcul forfaitaire de la performance énergétique de l’enveloppe, exprimée selon un nouvel indice Bbio qui remplace l’ancien U bât.

Moteur de calcul

Le Bbio est défini comme le Besoin Bioclimatique conventionnel en énergie d’un bâtiment pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage. Conventionnel signifie que l’on se réfère à un barème pré-établi qui génère une évaluation d’ensemble par un nombre de points qui doit rester inférieur à celui d’une valeur de référence, le Bbio max, elle-même modulée en fonction de critères comme la zone géographique, l’altitude, la surface du bâtiment. Le nombre de points du coefficient Bbio est obtenu en évaluant les besoins de chauffage, de climatisation et d’éclairage, de façon forfaitaire selon des algorithmes élaborés sous l’égide du CSTB ; puis en multipliant les valeurs des deux premiers par 2 et celles des besoins en éclairage par 5.

Jean-Robert Millet, responsable de la division Energie au CSTB, justifie le Bbio en des termes « bioclimatiques », mais surtout en fonction de l’ampleur de l’effort demandé pour passer du niveau d’exigence de la RT 2005 à la RT 2012 : « Par exemple, en RT 2005, si vous décidiez de faire un bâtiment très découpé et peu compact, le coefficient de référence suivait. En RT 2012, ce coefficient n’est plus fonction de la forme du bâtiment. Si la forme est pénalisante du point de vue de l’énergie, il faudra compenser et faire mieux par ailleurs. »

L’esprit de la démarche est précisé par Jean Robert Millet comme suit : qualifier la qualité énergétique du bâti avant de savoir quels seront les systèmes qui l’équiperont (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, photovoltaïque…). « Ce coefficient Bbio est une exigence réglementaire destinée à orienter le concepteur dès le départ vers un bâti performant, les exigences de consommation d’énergie et de confort d’été étant par ailleurs conservées. Il correspond du reste au souhait des concepteurs de disposer d’une approche bioclimatique avant d’avoir à choisir l’ensemble des systèmes pour leur projet. C’est un premier cadrage qui leur permettra de savoir si leur bâtiment tient la route ou pas. »

Conception bioclimatique réglementaire ?

A entendre le père du moteur de calcul du Bbio, cet outil conforterait le maître d’œuvre dans une démarche d’approche bioclimatique. Compte tenu de la complexité de ce moteur, et sans doute des arbitrages qui ont accompagné son élaboration, un certain nombre d’interrogations subsistent. Un architecte pratiquant la conception bioclimatique y retrouve-t-il ses petits ? Le moteur de calcul, qui s’intègre dans une étude thermique, sera-t-il véritablement utilisé comme un outil interactif de conception, ou plutôt de validation, comme un simple garde-fou pour éviter les aberrations bioclimatiques ?

L’avis de Samuel Courgey, le coauteur de l’ouvrage de référence “La conception bioclimatique, des maisons confortables et économes”: « L’approche bioclimatique a d’abord et avant tout besoin de deux piliers pour exister : le captage solaire et l’inertie (place / intensité / couleur / rugosité des masses inertielles). Vu que seulement un des deux points est réellement pris en compte dans la RT 2012 (le captage), et encore effectivement sans la finesse que l’on a en bioclimatisme, on peut donc estimer qu’appeler l’indicateur Bbio pour bioclimatisme est d’abord et avant tout un (bon) choix de communication ». 

 

Jonas Tophoven

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