Michel Charpentier : A la fois bestiaire et corps refigurés

Muriel Carbonnet
27/08/2020

Si le béton est le matériau de prédilection de nombre de sculpteurs en ce début XXIe siècle, il n’en a pas toujours été ainsi. Michel Charpentier, 93 ans, serait-il, comme le suggère Lydia Harambourg, historienne et critique d’art, le seul artiste de la seconde moitié du XXe siècle, à avoir utilisé ce médium ?

Retrouvez cet article dans le n° 88 de Béton[s] le Magazine.

Michel Charpentier considère qu’il doit entrer dans la peau du personnage. Celle de ses sculptures. Peaux plissées, gonflées, tordues, formes déformées, participent à une vision grotesque, voire surréaliste. [©Clovis Prévost/clovis.prevost@wanadoo.fr]
Michel Charpentier considère qu’il doit entrer dans la peau du personnage. Celle de ses sculptures. Peaux plissées, gonflées, tordues, formes déformées, participent à une vision grotesque, voire surréaliste. [©Clovis Prévost/clovis.prevost@wanadoo.fr]

Né en 1927, Michel Charpentier a toujours aimé prendre l’académisme à rebours. Dans l’abstraction des années 1950-1960, il se fait figuratif. Il réalise des sculptures de grands corps debout et donne libre cours à un bestiaire bien particulier, emprunts parfois de Surréalisme. Après un bref passage à l’Ecole Boulle, c’est à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris que tout commence avec, dans l’atelier de gravure en médaille, l’apprentissage du dessin et du bas-relief. Et, à Rome, qu’il découvre la possibilité de faire de la sculpture avec du béton qui va devenir son matériau de prédilection.

« Une fois lauréat du Prix de Rome, je suis parti dans la Ville éternelle pour un séjour de trois ans à la Villa Médicis. J’ai été fasciné par les échantillons de ciment que les maçons romains laissaient après eux. Je leur ai demandé comment ils fabriquaient cette matière blanche pareille à du yaourt. Ils m’ont donné leur recette : chaux, poudre de pouzzolane, sable, eau et colorant. J’ai acheté à mon tour du ciment et fait mes mélanges. Durant l’exposition de fin d’année à la Villa Médicis, mes premières sculptures représentaient une Chèvre pétrie d’archaïsme. Et un Cheval qui s’apparente aux fameux petits chevaux des tombes étrusques de Tarquinia, haut de 1,20 m. Jean Cocteau qui vint au vernissage, trouva ça “fantastique” et m’encouragea à poursuivre sur cette voie. » C’est ici que débute

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