L’OCDE demande des mesures fortes face au Covid-19

Yann Butillon
31/03/2020

En marge du G20, l’OCDE, par la voix de son secrétaire général Angel Gurria, a livré une analyse de la crise économique, conséquence de la crise sanitaire du Covid-19. Chaque mois de confinement coûte 2 % de la croissance du PIB national.

Angel Gurria est le secrétaire général de l'OCDE. [©OCDE]
Angel Gurria est le secrétaire général de l’OCDE. [©OCDE]

Réunis par visio-conférence en fin de semaine dernière, les dirigeants du G20 ont été appelés à intensifier leurs efforts par Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE. L’Organisation de coopération et de développement économiques a expliqué à cette occasion que chaque mois, le confinement entraînait une perte de 2 % dans la croissance du PIB annuel. Le seul secteur du tourisme pourrait voir son activité plonger de 70 % cette année !

Pour Angel Gurria, les pays ne doivent pas se soustraire à leurs obligations sanitaires. « Les coûts élevés imposés par les mesures de santé publique prises aujourd’hui sont nécessaires, afin d’éviter des conséquences bien plus tragiques. Et un impact bien pire sur nos économies demain. Des millions de morts et l’effondrement des systèmes de santé nous décimeraient au niveau financier et en tant que société. La priorité des gouvernements est donc de ralentir cette épidémie et de sauver des vies humaines. »

Vers un Plan Marshall mondial

Pour l’OCDE et son secrétaire général, il est urgent de mettre en place un Plan Marshall mondial, qui s’appuierait sur six points dits “essentiels”. A commencer par la recapitalisation des systèmes de santé et épidémiologiques. Mais aussi la mobilisation de tous les leviers macro-économiques : politiques monétaires, fiscales et structurelles. Il faut aussi lever les restrictions commerciales actuelles, en particulier pour les fournitures médicales nécessaires. Ainsi qu’apporter un soutien aux pays en voie de développement et à faible revenu, qui sont vulnérables. Sans oublier de partager et de mettre en œuvre les meilleures pratiques, afin de soutenir les travailleurs et tous les individus, qu’ils aient un emploi ou pas. Et enfin, de maintenir les entreprises à flot, notamment les petites et moyennes entreprises, avec des programmes de soutien pour les secteurs les plus affectés, tels que le tourisme.

Recul des PIB en conséquence du confinement. [©OCDE]
Recul des PIB en conséquence du confinement. [©OCDE]

Pas assez de recul

Pour l’OCDE, il est encore difficile d’analyser les conséquences économiques du Covid-19 et des confinements qui en découlent. Les différentes économies nationales ne devraient pas réagir de la même manière. « Dans toutes les économies, cet impact vient en grande partie du coup porté à la production du commerce de détail et de gros, ainsi que sur les services professionnels et immobiliers. Il existe des différences notables entre pays dans certains secteurs. Ainsi, l’arrêt de la production dans le domaine des transports est par exemple assez important dans certains pays, tandis que le déclin des activités touristiques et de loisirs est très problématique dans d’autres. L’impact des fermetures d’entreprises pourrait entraîner une réduction de 15 %, ou plus, du niveau de production dans les économies avancées et les principales économies de marché émergentes. Dans l’économie médiane, la production déclinerait de 25 %. »

Impact par pays selon la nature de l’économie. [©OCDE]
Impact par pays selon la nature de l’économie. [©OCDE]
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