EnerDigit : arriver à l’équilibre électrique

Sivagami Casimir
30/09/2019

Durant les pics de demandes en électricité, la solution traditionnelle consiste à activer des centrales thermiques supplémentaires. EnerDigit propose aux entreprises et aux industriels de s’investir dans l’effacement de consommation électrique. Une façon de participer au rééquilibrage des flux, tout en étant rémunéré.

Retrouvez cet article dans le n° 949 de Process Industriels, supplément de Béton[s] le Magazine n° 89

Depuis 5 ans, EnerDigit travaille avec une dizaine de carrières. [©EnerDigit]
Depuis 5 ans, EnerDigit travaille avec une dizaine de carrières. [©EnerDigit]

Après une journée de travail, quand les courses et les dernières discussions avec les voisins s’achèvent, chacun se retrouve chez soi. Certains s’agitent en cuisine pour s’assurer que le four, une fois à la bonne température accueille le rôti comme il se doit et surtout avec un bon timing pour ne pas que les légumes mijotés refroidissent. D’autres se prélassent devant l’ordinateur, la tablette, le portable ou la télévision. Et combinent parfois plusieurs équipements en même temps. C’est aussi le moment d’allumer le chauffage en cas de grand froid et de recharger les batteries. Pas les nôtres, mais celles de nos appareils connectés.

Ce laps de temps, jusqu’à l’extinction des feux, multiplié par le nombre de foyers français, peut entraîner des pics de consommation électrique. Habituellement, il faut toujours un équilibre entre la production et la demande. Mais durant certains évènements et surtout durant l’hiver, la demande en électricité vient troubler cette harmonie. 

Un intermédiaire entre l’industriel et le Réseau de transport électrique

« La solution historique consiste à activer des centrales thermiques qui sont prévues pour ça, explique Audrine Bodin, responsable marketing et communication chez EnerDigit. Mais avec l’avènement des réseaux intelligents, il est possible de rééquilibrer différemment». Créé en 2015, à Nantes, EnerDigit propose aux entreprises et aux industriels de s’inscrire dans une autre alternative : l’effacement de consommation d’électricité. Ce principe consiste à stopper ou à fortement diminuer sa demande en électricité pour compenser le pic. « Nous nous plaçons comme un intermédiaire entre l’industriel et le Réseau de transport électrique – RTE. »

Ainsi, EnerDigit réalise une étude sur site des contraintes ou encore du processus industriel. Cela permet de déterminer la puissance électrique qu’un industriel peut économiser. « Nous passons un contrat d’effacement d’une année, qui engage la société à s’arrêter en fonction de l’étude préalable et de la demande. Par exemple, dans une carrière, nous allons spécifier si le carrier peut stopper les broyeurs ou les concasseurs sans impacter sa production. »

Ecrans de supervision installés chez EnerDigit pour contrôler les effacements des sites. [©EnerDigit]
Ecrans de supervision installés chez EnerDigit pour contrôler les effacements des sites. [©EnerDigit]

Une augmentation des plafonds de rémunération

Le temps d’effacement peut atteindre une vingtaine d’heures/an. En contrepartie, l’industriel touche une rémunération. « Avec une part fixe pour la mise en disponibilité et une variable due à l’action même d’effacement». EnerDigit développe ses propres outils permettant le pilotage des effacements et le suivi des consommations électriques en temps réel des sites. L’entreprise peut mettre à disposition de façon gratuite l’utilisation de ses applications. Les données collectées sont une aide pour l’industriel, et lui permet d’optimiser sa consommation. 

Selon EnerDigit et les professionnels du secteur, le réseau d’approvisionnement électrique de l’hiver 2020-2021 va nécessiter une grande vigilance. « Les effacements pourront donc être plus fortement sollicités et le réseau aura besoin d’une importante mobilisation de la part des industriels et entreprises pour assurer l’équilibre». Ainsi, le ministère de la Transition énergétique et solidaire a annoncé l’augmentation du plafond de rémunération 2021 du mécanisme d’appel d’offres d’effacement de 30 000 €/MW à 60 000 k€/MW pour l’année 2021, soit jusqu’à 500 MW d’offres supplémentaires durant les pics de demande d’électricité. « La situation de black-out n’est donc pas à prévoir ! »

Retrouvez cet article dans le n° 949 de Process Industriels, supplément de Béton[s] le Magazine n° 89

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