Le choix du matériau qui sera utilisé pour la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris est loin d’être tranché. C’est ce qu’a précisé le général Jean-Louis Goergelin, sur Europe 1.

Le choix du matériau qui servira à la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris n’a pas encore été arrêté. [©ACPresse]
Le choix du matériau qui servira à la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris n’a pas encore été arrêté. [©ACPresse]

Le choix du matériau qui sera utilisé pour la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris est loin d’être tranché. C’est ce qu’a précisé le général Jean-Louis Goergelin, président de l’Etablissement public en charge de la restauration et de la conservation de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Ceci dans le cadre de l’émission “Le Grand Rendez-Vous”, diffusée sur Europe 1 ce dimanche 5 janvier 2020, en partenariat avec CNews et Les Echos. Et présenté par le journaliste Michaël Darmon. Le sujet de la reconstruction de la charpente et de la flèche a été abordé à la 23eminute de l’émission :  

Jean-Louis Goergelin : […] Il ne faut pas l’oublier, Notre-Dame, est avant tout l’église diocésaine de Paris. Une église de culte catholique. Et il y a une mission, qui a été confiée par l’archevêque de Paris, le Père Drouin. Elle consiste à réfléchir au réaménagement liturgique. C’est tout cela que nous prenons en compte. Mais on nous dit toujours : la flèche…

Michaël Darmon : La flèche, la charpente. Il faut abattre 1 000 chênes pour pouvoir le faire. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de concret, car ça intéresse beaucoup les Français ? Ils en parlent en permanence. 

Jean-Louis Goergelin : Pour la flèche, nous allons définir le processus précis qui va permettre d’organiser la consultation qui a été annoncée. Cela nous conduira, de manière assez avancée, à l’année 2020 et nous verrons quel sera le choix de la flèche. C’est à partir ce moment-là que nous pourrons la reconstruire. 

Mais pour que la flèche puisse être reconstruite, il faut qu’auparavant la charpente ait été refaite, que le toit ait été refait.

Aucune n’a été reconstruite en bois…

Michaël Darmon : Est-ce qu’elle sera en chêne cette charpente, comme on l’entend ?

Jean-Louis Goergelin : Pour la charpente, c’est exactement la même chose. Vous avez eu un lobbying extraordinaire de la filière bois – ce qui est normal -, qui joue sa carte. Et je crois qu’un de vos confrères de la presse écrite a expliqué que “ça y est, c’était bâché”, si je puis dire et qu’on allait faire…

Michaël Darmon : Et alors, c’est le cas ? 

Jean-Louis Goergelin : Ce n’est pas du tout le cas, bien évidemment ! C’est un processus comparable. Il y aura étude, examen de toutes les options possibles. Et l’Etablissement public n’est pas seul. Il a un conseil scientifique, qu’il consulte, que je préside, pour prendre les avis des gens extérieurs. 

Michaël Darmon : On dit que ce sera moins cher et plus rapide de reconstruire une charpente en bois…

Jean-Louis Goergelin : On dit que ce sera moins cher et plus rapide sans avoir, à ce stade, étudié les autres options. Il faut donc faire les choses bien. Il faut étudier toutes les options et, le moment venu, proposer à la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture l’option qui pourrait être retenue. 

Michaël Darmon : Alors que la charpente a quand même tenu depuis le XIIIe siècle…

Jean-Louis Goergelin : Je sais tout cela par cœur, mais laissez-nous travailler de manière méthodique. Je vous signale aussi que, si vous regardez les cathédrales endommagées – Chartres, Reims, Nantes, Saint-Denis – qui ont toutes perdu leur charpente en bois, elles ont toutes été reconstruites, soit en fer, soit en béton. Aucune n’a été reconstruite en bois…

Refaire à l’identique ? 

Michaël Darmon : En même temps, les choses ont changé… Et vous, qu’est-ce que vous en pensez ? Il faut aller dans le cycle, refaire cette flèche ?

Jean-Louis Goergelin : Je suis, sur ces questions-là, en tant que président de l’Etablissement public, tenu à un devoir de réserve. Je n’ai pas à exprimer publiquement sur quelles sont les options, ni sur la flèche, ni sur…

Michaël Darmon : Il y a quand même une charte, celle de Venise, datant de 1964, qui impose de reconstruire à l’identique les monuments historiques qui ont été endommagés. C’est un des arguments avancés par le…

Jean-Louis Goergelin : Il y a beaucoup d’arguments en faveur… 

Michaël Darmon : C’est un argument fort quand même !

Jean-Louis Goergelin : C’est un argument très fort. Mais comme vous savez, ce n’est pas parce qu’il y a une charte et des arguments que la porte n’est pas ouverte à d’autres cas. Il n’y a pas que la Charte de Venise*. Vous avez autre chose. Vous avez le classement à l’Unesco de Paris Rives de Seine. Vous avez le Document de Nara**, vous avez d’autres documents qui, effectivement, militent pour une reconstruction à l’identique […]. 

Retrouvez l’intervention du général Jean-Louis Georgelin en totalité, ici.

*La Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, dite “Charte de Venise”, est un traité qui fournit un cadre international pour la préservation et la restauration des objets et des bâtiments anciens. Elle a été approuvée par le IIeCongrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques, réuni à Venise du 25 au 31 mai 1964.

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**Le Document de Nara sur l’authenticité est un texte de 1994, qui fournit une compréhension plus large pour la préservation et la restauration des objets et des bâtiments anciens. Il prend en compte la diversité culturelle et du patrimoine culturel, afin d’évaluer la valeur et l’authenticité des biens culturels de manière plus objective. Il a été rédigé par 45 représentants de 28 pays, après avoir délibéré sur la définition et l’évaluation de l’authenticité, lors de la conférence de Nara, au Japon, en novembre 1994.

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