Les métiers du second œuvre et de l’aménagement intérieur sont parfois moins sensibles aux mesures de prévention, comparativement à ceux liés au gros œuvre. L’impression (fausse) de sécurité est souvent conditionnée au fait d’intervenir à proximité du sol ou d’un platelage sécurisant.

Trop d’entreprises utilisent encore l’escabeau comme poste de travail. [©DR]
Trop d’entreprises utilisent encore l’escabeau comme poste de travail. [©DR]

Poseurs de plafonds, plaquistes, électriciens, plombiers, menuisiers, peintres… interviennent encore trop souvent dans des conditions de sécurité dégradées. Les raisons sont connues : des travaux relativement proches du sol, qui apportent une fausse sensation de sécurité. Il faut ajouter à cela l’absence courante de port de casques, qui se traduit par des blessures parfois graves au niveau de la tête.
Dans les faits, la chute de hauteur démarre dès que l’on n’a plus les pieds au sol ou même lorsque l’on chute de sa propre hauteur. En l’absence de définition officielle, on peut retenir qu’il y chute de hauteur dès lors que l’opérateur n’est plus de plain-pied et qu’il y a présence de dénivellation.
Les statistiques d’accidents démontrent que les chutes de faible, voire de très faible hauteur, peuvent avoir des conséquences dramatiques. Elles se traduisent le plus souvent par des fractures des membres inférieurs, des bras, des poignets, mais aussi par des traumatismes crâniens, des lésions plus ou moins graves au niveau de la colonne vertébrale, voire quelques cas de décès.
Il existe pourtant des matériels simples, efficaces et peu coûteux, permettant aux opérateurs de se protéger durablement. Et ce, dans toutes les situations d’interventions.

Gérard Guérit

Retenir le matériel le mieux adapté

Les PIRL (Plates-formes individuelles roulantes légères) sont maniables, légères et très supérieures aux escabeaux, en termes de stabilité. [©Duarib]

Les PIRL (Plates-formes individuelles roulantes légères) sont maniables, légères et très supérieures aux escabeaux, en termes de stabilité. [©Duarib]

Plusieurs matériels répondent aux besoins de ces métiers : PIRL, PIR,  échafaudages et tours roulantes… Les PIRL, pour “Plates-formes individuelles roulantes légères”, sont les plus usitées pour ce type de travaux, dès lors qu’il s’agit d’interventions sous des plafonds standardisés à une hauteur de 2,50 m. Les PIR, pour “Plates-formes individuelles roulantes”, sont à retenir pour les hauteurs comprises entre 2,50 m et 4 m. Au-dessus de 4 m, les échafaudages roulants et les tours prennent le relais, confer dans certains cas très spécifiques des échafaudages de pied. Le choix du matériel doit se faire en fonction de trois paramètres : la hauteur de travail, le besoin ou non de déplacement régulier, et la durée du chantier.
Les PIRL et les PIR doivent être utilisées par une seule personne, la hauteur de la plate-forme étant généralement réglable. Elles sont équipées d’un moyen d’immobilisation et d’accès. Elles se déplacent facilement à l’aide de deux roues non orientables et non-porteuses en phase d’utilisation. Dans certaines configurations, la surface d’appui peut être augmentée par des stabilisateurs.
Les échafaudages roulants doivent être privilégiés lorsque les hauteurs sous plafond atteignent 4 m et plus. Comme les PIRL et PIR, ils sont faciles à installer et équipés de roues et de freins de blocage, et le plus souvent de stabilisateurs. Néanmoins, la surface de travail reste limitée, ce qui oblige à déplacer fréquemment le matériel. Lorsque cette contrainte est vraiment gênante, il faut se tourner vers les tours roulantes, basées sur un principe proche, mais qui apportent une plus grande surface de travail.

La tête aussi…

Les casquettes anti-heurts sont à retenir uniquement en cas de risques de chocs réduits. [©DR]

Les casquettes anti-heurts sont à retenir uniquement en cas de risques de chocs réduits. [©DR]

Les corps d’état de second œuvre, qui officient essentiellement en intérieur, n’ont pas vraiment le réflexe du port du casque, estimant le plus souvent limité le risque de chocs sur la tête. C’est vrai pour le peintre, qui intervient sur un plafond fini, mais beaucoup moins pour la plaquiste, le poseur de plafonds suspendus, celui qui met en place les gaines, les réseaux de climatisation, d’eau...
En effet, toutes ces activités nécessitent la mise en place de supportages divers, tributaires du gros œuvre par l’intermédiaire de tiges filetées, qui restent un temps en attente. Les cas de blessures profondes au niveau du cuir chevelu sont légion. Il en est de même pour les yeux, ce qui implique le port permanent de lunettes de protection.
Le casque est un équipement individuel, qui doit être adapté à la personne le portant, mais aussi à l’activité et aux risques possibles : chocs, chutes, écrasement latéral, projections diverses, isolement électrique… En fonction du métier, différents accessoires peuvent être intégrés : lunettes, accessoires auditifs, de signalisation… Enfin, il faut avoir à l’esprit que la durée de vie d’un casque est limitée, de 2 à 5 ans, en fonction des modèles et de leur constitution.
Pour les travaux en plafonds présentant des risques moindres, il existe l’alternative de la casquette anti-heurts. Elle évite les blessures dans le cas de chocs peu violents, et trouve aussi ses principales applications dans les métiers du second œuvre, lorsque l’on est vraiment certain de ne pas avoir de risques de chocs avec du matériel tranchant, coupant ou perforant.

Mieux préparer les interventions courtes

Les échafaudages roulants et les tours roulantes présentent l’atout de plates-formes de travail plus importantes. [©Comabi]

Les échafaudages roulants et les tours roulantes présentent l’atout de plates-formes de travail plus importantes. [©Comabi]

Ces chantiers sont soit de courte durée, soit nécessitent de déplacer en permanence les postes de travail. Une préparation sérieuse est indispensable pour apporter des moyens d’accès et des postes de travail sécurisés. D’expérience, les interventions en urgence, avec des hauteurs limitées et des durées d’intervention courtes, forment un cocktail, qui n’est pas toujours le meilleur, en termes de sécurité. Ce type de travaux doit être encadré par des procédures strictes. Toute intervention, même en urgence, ne doit pouvoir débuter qu’après une visite de repérage, qui permet de décrire les travaux, le matériel concerné, les équipements disponibles ou à prévoir.
Les escabeaux, encore trop souvent utilisés pour les interventions de courte durée, doivent être proscrits. Les échelles sont également interdites de longue date, sauf comme moyen d’accès ou sur autorisation spéciale d’un coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé (SPS), d’un préventeur… La durée d’intervention doit être limitée et cette action ne doit pas être répétitive.
La difficulté consiste ensuite à maintenir ces équipements opérationnels tout au long du chantier. Si l’entreprise titulaire du lot fait appel à un sous-traitant, c’est elle qui conserve la responsabilité du maintien des protections sur la durée du chantier, sachant que l’équipement doitpouvoir facilement s’adapter ou pouvoir être facilement déplacé, en fonction de l’avancement des travaux C’est aussi à l’encadrement du chantier de prendre chaque jour le temps de vérifier que le personnel d’exécution ne se met pas en danger.

Accompagner les entreprises

Les différents fabricants proposent des gammes très complètes adaptées à tous les cas de figure. [©Fortal]

Les différents fabricants proposent des gammes très complètes adaptées à tous les cas de figure. [©Fortal]

Sur les grands chantiers, les différents intervenants, aidés du coordonnateur SPS, peuvent affiner l’organisation et ajuster les modes opératoires. Le contexte des chantiers plus petits est différent. Qu’il s’agisse de construction neuve ou de rénovation, chaque entreprise a pris l’habitude de mettre en place les équipements et protections adéquates, ou pas…
D’où l’intérêt de s’appuyer également sur les conseils des organismes de prévention : Cnamts, OPPBTP, Carsat, Cramif… Une application dédiée au matériel et aux équipements est notamment disponible sur le site Internet de l’OPPBTP.  Baptisée “Solutions chantier”, elle est mise à disposition des entreprises et consultable sur le site www.preventionbtp.fr. Un moteur de recherche recense des matériels, équipements, produits et procédés constructifs, qualifiés au regard de la prévention par des experts de l’OPPBTP.Avec cet outil, l’organisme de prévention vise surtout les entreprises petites et moyennes, les chefs d’entreprise, les conducteurs de travaux et les chefs de chantier. Au milieu d’un choix souvent pléthorique, cette application permet de sélectionner rapidement, en fonction de contraintes précises, des matériels performants et sécurisés.