Rue de la Convention à Paris, l’ITE en rénovation sur sept étages de deux pans de mur est une première, couplée avec l’expérimentation de la fixation des ballots par sangles. C’est un grand pas vers la rénovation énergétique neutre en carbone.

Chantier participatif, chantier démonstratif : l’ITE de la rue de la Convention tranche avec l’habitude, à tous points de vue. [©Landfabrik]
Chantier participatif, chantier démonstratif : l’ITE de la rue de la Convention tranche avec l’habitude, à tous points de vue. [©Landfabrik]

Retrouvez l’édition numérique de Bâti & Isolation n°12.

Lorsque les règles professionnelles sont parues en 2011, l’option de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) n’était pas encore intégrée. Et sa pleine prise en compte réglementaire est récente. Cela couvre notamment la façon de gérer le départ de l’ITE à partir du sol, la nature et la fixation des épines entre lesquelles la botte de paille est calée, le traitement des joints, des baies. Et bien sûr, l’application de l’enduit à la chaux. L’été passé, le bailleur Paris Habitat a saisi l’opportunité d’une opération de rénovation. Afin de mettre en place, en concertation avec la filière paille, un chantier collaboratif et pédagogique qui doit faciliter la prescription d’ITE de rénovation à base de paille. Il s’agit d’un segment de façade sur cour, deux pans presque aveugles en pierre représentant une surface de 500 m2, soit quelque 1 000 bottes de paille.

La gestion des baies

L’un des problèmes saillants d’une ITE de 40 cm est la gestion des baies. Dans le cas présent, il ne s’agit que de huit petites fenêtres de salle de bain. La solution technique est de fabriquer des pré-cadres en bois. Comme le précise Benoît Rougelot, maître d’œuvre de l’opération avec Landfabrik, mais aussi président du réseau RFCP (Réseau français construire en paille) : « On peut faire une coupe en biais dans les bottes pour ne pas diminuer les apports lumineux. Une ITE peut conduire à décaler une partie du tableau des baies dans l’espace chauffé. De telle sorte que la surface d’apport solaire qui bénéficie du confort d’hiver s’en trouve augmentée. Il est important de faire en sorte que les pré-cadres soient plus grands que les menuiseries déposées. En prévoyant une cote qui inclut le dormant de la nouvelle menuiserie. Et, dans les embrasures, un enduit de finition à la chaux, bien fermé. Qui reflète bien plus de lumière que les enduits ciment ou type “crépi” fréquents dans le milieu pavillonnaire ».

Mise en place du premier ballot à l’aide de bretelles, selon une approche expérimentale réservée aux deux premiers étages. [©Landfabrik]
Mise en place du premier ballot à l’aide de bretelles, selon une approche expérimentale réservée aux deux premiers étages. [©Landfabrik]

Les implications de l’épaisseur

Les règles “pro” de la paille imposent un enduit épais de 3,5 cm en moyenne pour bien protéger la paille. Sachant qu’elle n’est jamais totalement plane. « Ce qui fait qu’il y a souvent des zones à 5 – 7 cm et d’autres avec moins. La valeur moyenne est un garde-fou, explique Benoît Rougelot. Un enduit épais constitue un revêtement

Cet article est réservé aux abonnés
des revues Béton[s] le Magazine et Bâti & Isolation.

En plus de votre magazine, profitez d’un accès illimité à l’ensemble des contenus et services du site www.acpresse.fr :

  • Lecture de l’intégralité des dossiers thématiques, reportages chantiers, fondamentaux, histoire de la construction…
  • Consultation des indicateurs économiques (chiffres et analyses)
  • + vos newsletters pour suivre l’info en continu
Je m'abonne

Vous avez aimé cet article, et avez envie de le partager ?

Réagir à cet article