Ma palette : Une plate-forme pour l’éco-construction en circuit court

Sivagami Casimir
24/05/2022
Modifié le 15/06/2022 à 08:05

La plate-forme Ma palette permet de géolocaliser les matériaux fabriqués et disponibles dans un territoire donné. L’outil imaginé par Julie Bourquard Zaug, co-fondatrice, permet ainsi de s’ancrer dans une démarche de circuit court et d’éco-construction.

Ma palette accueille déjà une vingtaine de fabricants sur la région Auvergne Rhône Alpes. [©Ma Palette]
Ma palette accueille déjà une vingtaine de fabricants sur la région Auvergne Rhône Alpes. [©Ma Palette]

Où trouver les matériaux autour de son chantier ? Comment connaître les industriels d’un secteur en particulier ? Comment entrer dans une démarche de circuit court et d’éco-construction ? C’est pour répondre à toutes ces questions que Julie Bourquard Zaug, architecte spécialisée en éco-construction et éco-matériaux a développé Ma palette, avec Laure Fleurent, co-associée. « Durant mes études, j’ai fait différents mémoires autour du rapport entre l’architecte et la matière, explique Julie Bourquard Zaug. En tant qu’architectes, nous partons plutôt du volume pour concevoir un bâtiment au lieu de partir du matériau. Il faudrait faire l’inverse pour répondre à une démarche d’éco-construction. Cependant, nous manquons de connaissances. Mais aujourd’hui, la RE 2020 nous contraint à penser différemment. »

Partant de ce constat et de ses différentes expériences professionnelles, Julie Bourquard Zaug se demande ce qui lui manque pour travailler dans une démarche de circuit court et de performance environnementale. « A la base, je voulais me faire ma propre matériauthèque. » Puis l’idée prend de l’ampleur et du temps. Au fur et à mesure, Ma palette prend forme, se digitalise et se précise.

Partir du matériau pour éco-construire

Cette plate-forme permet ainsi de géolocaliser les industriels et les produits fabriqués dans une région donnée. Et de se faire une palette de matériaux. « Le but est aussi de faire comme une grande encyclopédie sur les acteurs de la construction, sur les matériaux et surtout leurs sources, les fabricants ou encore les architectes à travers leurs retours d’expérience… C’est comme une fourmilière où chaque acteur trouvera son propre chemin. »

Julie Bourquard Zaug et Laure Fleurent, les deux co-associées de Ma Palette. [©Ma Palette]
Julie Bourquard Zaug et Laure Fleurent, les deux co-associées de Ma Palette. [©Ma Palette]

En termes de chronologie, Ma palette se dessine entre 2018 et 2019. L’idée se matérialise début 2020, avec un accompagnement, notamment au niveau digital. Avec un premier prototype bêta-testé, la plate-forme intègre, en janvier 2021, l’incubateur 1Kubator qui offre un financement et un accompagnement. Désormais l’outil est en ligne et accessible, depuis le 21 mars 2022. Une vingtaine d’industriels y sont déjà référencés et 200 utilisateurs ont adoptés Ma palette. « Nous préférons que les fabricants renseignent leurs produits. Ils peuvent ainsi les mettre à jour. C’est aussi un moyen pour eux de comprendre quelle est la demande par rapport à leur offre sur un territoire donné. »

Où sont les matériaux ?

La plate-forme est gratuite pour l’utilisateur, seul le référencement pour l’industriel est payant, à un prix équitable. Le but étant d’accélérer l’éco-construction. Il n’y a pas de place non plus pour la publicité. « Nous voulions mettre tous les matériaux sur le même pied d’égalité entre grands et petits producteurs. » Dans Ma palette, les utilisateurs pourront retrouver les matériaux éco-sourcés (issus du réemploi et du recyclage), biosourcés, géosourcés, mais aussi pétrosourcés. Tous les matériaux sont admis, mais il y a quelques critères. Il faut qu’ils soient made in France et que la composition des matériaux soit sourcée. « Nous ne pouvons pas nous focaliser uniquement sur les matériaux biosourcés ou géosourcés, car nous ne serions pas dans la réalité. Ce qui est important, c’est la combinaison des matériaux et la performance globale des bâtiments. »

Si la plate-forme se concentre aujourd’hui sur la région Auvergne Rhône-Alpes, elle devrait s’ouvrir prochainement à d’autres territoires, notamment la Bourgogne Franche-Comté, l’Ile-de-France, l’Occitanie… Pour couvrir, au fur et à mesure, toute la France. « Dans un deuxième temps nous souhaitons aussi faire évoluer Ma palette et proposer un simulateur bas carbone payant à moindre coût. » A suivre…