Louis Kahn : De lumière et de béton

Rédaction
04/08/2015

Louis Kahn partage avec Frank Lloyd Wright, Le Corbusier et Mies van des Rohe, une place centrale dans l’architecture du XXe siècle. Architecte américain d’origine estonienne, il a contribué au développement de l’architecture “postmoderne”, en abandonnant le style international du Bauhaus et le fonctionnalisme.

Louis Kahn appartient bien à la génération qui suit les fondateurs du Modernisme. Il prit la suite du mouvement moderne et le dépassa.

Louis Kahn appartient bien à la génération qui suit les fondateurs du Modernisme. Il prit la suite du mouvement moderne et le dépassa.

Louis Kahn (1901-1974) est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands architectes du XXe siècle. Ses bâtiments en briques, bois et béton brut témoignent d’un souci de monumentalité et d’harmonie formelle.

Aux Etats-Unis, où sa famille émigre en 1905, il étudie auprès du designer-architecte français Paul Philippe Cret à l’université de Pennsylvanie, dont il sorti diplômé en 1924. Louis Kahn reçoit un enseignement classique, dont Auguste Choisy et Julien Guadet sont la référence. Puis, il découvre et admire Le Corbusier. Intéressé par le logement social, il crée un groupe de recherche sur les problèmes d’urbanisation et de logement social à Philadelphie. Il fonde sa propre agence à la fin des années 1940, à près de 50 ans, tandis qu’il est nommé professeur d’architecture à Yale (1947-1957), avant d’enseigner jusqu’à sa mort à l’université de Pennsylvanie (1957-1974). C’est au début des années 1950, qu’il effectue une percée créative radicale. Kahn comprend que ce qui manquait fondamentalement à l’esthétique “verre et acier” du modernisme était la monumentalité et le mystère qu’il a découvert dans les ruines antiques lors de son voyage en Europe. Louis Kahn appartient bien à la génération qui suit les fondateurs du Modernisme — il a 15 ans de moins que Ludwig Mies van der Rohe et 14 de moins que Le Corbusier. A ce titre, il prend la suite du mouvement moderne et le dépasse. A partir du début des années 1950, Louis Kahn réalise un grand nombre d’œuvres majeures, notamment la Yale University Art Gallery (1953), la First Unitarian Church à Rochester (New York, 1962), le Salk Institute, à La Jolla (Californie, 1965), un dortoir pour le Bryn Mawr College, à Bryn Mawr (Pennsylvanie, 1965), la bibliothèque de la Phillips Exceter Academy, Exceter (New Haven, 1972), et le Kimbell Art Museum, Fort Worth (Texas, 1972).

Monumentalité et spiritualité

L’une des idées maîtresses de Louis Kahn est que les espaces de service ou aires principales d’activité, notamment les ascenseurs, les installations de chauffage et les circuits de refroidissement, peuvent être physiquement séparés, tout en constituant un ensemble fonctionnel esthétique. Par ailleurs, Kahn renouvelle l’emploi des formes géométriques. Mais il en fait un usage esthétique nouveau, notamment dans ses réalisations en Inde (Institut de gestion d’Ahmedabad) et au Bangladesh (Capitole de Dacca). L’un des apports majeurs de Louis Kahn est aussi sa recherche de monumentalité et de spiritualité. La massivité de ses édifices, le choix des matériaux et l’emploi esthétique de formes géométriques élémentaires concourent à cela. La position du Salk Institute face à l’océan Pacifique ou les immenses volumes du Capitole de Dacca émergeant d’un lac artificiel en sont deux exemples. L’emploi particulier que fait Louis Kahn de la brique, du bois et du béton brut en fait un initiateur du Brutalisme. En effet, l’architecte laisse apparaître les défauts de ses matériaux (texture irrégulière, scories…) et crée de forts contrastes entre eux. Le Salk Institute oppose le bois au béton brut, le Kimbell Art Museum le béton brut au travertin…

La singularité de l’œuvre de Louis Kahn a influencé une partie des architectes émergeant à la fin des années 1970, et toujours en activité, tels Tadao Ando, Mario Botta ou leoh Ming Pei.