Les labels de la construction durable

Rédaction
26/10/2015

Au delà des normes obligatoires, un certain nombre de labels et de standards, qui constituent une démarche volontaire, permet d’évaluer et de certifier les performances énergétiques globales des constructions neuves ou en rénovation. Ils sont délivrés notamment par Cerqual, Céquami, Certivéa, Prestaterre et Promotelec.

Effinergie : L’association Effinergie a élaboré une série de référentiels dont la conformité permet de prétendre à l’obtention de labels. Le label central, Effinergie + est une évolution du premier label lié au BBC. S’y ajoutent les notions de Bbio, l’abaissement de la consommation énergétique à 40 kWhep/2.an, un durcissement de l’exigence de perméabilité à l’air du bâtiment et des réseaux. Effinergie n’est pas en reste dans le domaine de la rénovation. En 2009, elle a proposé un label BBC-Rénovation, avec un objectif de 80 kWhep/m²/an. Pour compléter son offre, Effinergie a lancé en 2013 un label Bepos. Le bâtiment doit avant tout respecter les critères du label Effinergie+ et doit faire l’objet d’une évaluation de l’énergie grise et du potentiel d’écomobilité. Un bilan en énergie primaire non renouvelable est calculé en trois étapes : collecte des consommations d’énergie finale entrant et sortant, passage en énergie primaire non renouvelable et bilan d’énergie primaire non renouvelable. Afin que le label soit accessible équitablement en fonction des régions et du contexte urbain, le bilan doit être inférieur à un écart autorisé, calculé en fonction de la géographie et du type de logement.

HQE : La démarche Haute Qualité Environnementale vise à améliorer la qualité environnementale des bâtiments neufs et existants, soit « offrir des ouvrages sains et confortables dont les impacts sur l’environnement, évalués sur l’ensemble du cycle de vie, sont les plus maitrisés possibles ». L’association qui gère la démarche a récemment révisé sa composition pour mieux la préparer aux futures réglementations. Pour mieux correspondre au développement durable, le nouveau cadre s’appuie sur quatre engagements : la qualité de vie, le respect de l’environnement, la performance économique et le management responsable. Viennent s’y associer cinq principes qui correspondent à l’état d’esprit pour construire, rénover et exploiter les bâtiments durables : une vision globale, des réponses contextuelles, une action commune, des performances affichées et une dynamique de progression. Pour mesurer ces engagements, l’association HQE a établi douze objectifs, permettant de qualifier ce qu’est un bâtiment durable.
Cette démarche est concurrencée par la méthode anglaise Breeam et américaine Leed.

Promotelec : L’association Promotelec délivre deux labels. L’un pour le bâtiment neuf, l’autre pour la rénovation énergétique. Pour l’habitat neuf, Il s’agit de « préparer la nécessaire prise en compte du volet environnemental dans la construction » et « intégrer l’enjeu du vieillissement de la population ». Le label impose le respect des prescriptions techniques obligatoires sur chacun des postes clés du bâtiment. Il compte quatre niveaux de performance allant de la “RT 2012” à “Bbio” (30 % plus performant que le premier niveau). Pour correspondre aux besoins de valorisation des bâtis, les mentions facultatives “Habitat respectueux de l’environnement” et “Habitat adapté à chacun” ont été crées. Les deux peuvent être cumulables.
De son côté, le label Promotelec Rénovation Énergétique certifie la sécurité électrique et la sécurité gaz des logements, la consommation énergétique conventionnelle du bâtiment après travaux en kWhep/(m².an), la qualité du bâtiment par l’utilisation de matériaux et matériels certifiés, et enfin, la bonne mise en œuvre des matériaux et matériels installés grâce à un contrôle systématique en fin de chantier.
D’autres labels sont présents en France, souvent d’origine étrangère, Breeam, Leed, Minergie, PassivHaus… Sans oublier le label RGE qui certifie la mise en œuvre et non la qualité du bâti.

RGE : Depuis le 1er septembre 2014, « les particuliers souhaitant bénéficier d’aides financières pour des travaux d’économie d’énergie dans un logement ancien doivent avoir recours à un professionnel labellisé RGE » précise la loi. L’objectif de ce label est de certifier la mise en œuvre, et non pas la qualité intrinsèque du bâti. Difficile de juger de la qualité du travail sur tous les chantiers, le législateur a donc décidé de garantir la formation des artisans, chargés des chantiers. Pour être labellisé RGE, le professionnel du bâtiment doit remplir plusieurs conditions : employer un responsable technique formé RGE, faire appel à des sous-traitants certifiés RGE, et réaliser au minimum 2 chantiers tous les 2 ans dans l’activité labellisée RGE.

Breeam : BRE Environmental Assessment Method ou la méthode d’évaluation des performances environnementales des bâtiments développée par le BRE est le référentiel le plus ancien et le plus utilisé à travers le monde. Originaire du Royaume-Uni, daté de 1990, BREEAM est l’équivalent du HQE français, à ceci près qu’il est devenu la méthode d’évaluation utilisée de facto pour décrire les performances environnementales d’un bâtiment à l’international.

Leed : Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) est le système nord-américain de standardisation de bâtiments à haute qualité environnementale créé par le US Green Building Council en 1998, il est ainsi l’équivalent local du HQE. Un bâtiment peut y atteindre quatre niveaux : certifié, argent, or ou platine.

Passivhauss : C’est est un label allemand. Quatre critères permettent de déterminer si un bâtiment peut obtenir la labellisation « Bâtiment Passif / Passivhaus ». Ainsi, la consommation totale d’un bâtiment, calculée en énergie primaire renouvelable, prenant en compte le chauffage, la ventilation, l’éclairage, l’eau chaude sanitaire, les auxiliaires et les équipements électro-domestiques, doit y être inférieure à 60 kWh/(m²a). Il met également l’accent sur l’étanchéité à l’air du bâtiment (n50 ≤ 0,6 vol/h). Cette étanchéité est en effet indispensable pour assurer un bon fonctionnement du système mécanique de ventilation, et ainsi pouvoir utiliser une ventilation double-flux avec récupération de chaleur. Les besoins de chauffage doivent être inférieur à 15 kWh/(m².a), alors que la surchauffe annuelle, soit plus de 25°C, ne doit pas dépasser les 10% sur une année.
Au sein du standard bâtiment passif, ont été créé les catégories « Bâtiment Passif Plus » et « Bâtiment Passif Premium » en avril 2015 pour mieux correspondre aux évolutions des traditions de construction. Pour ces deux nouvelles déclinaisons, le besoin de chauffage est le même que dans le standard classique : 15 kWh/(m²a). En revanche, elles prennent en compte la génération d’énergie par le bâtiment lui-même et évaluent son interaction avec les réseaux d’énergie qui l’entourent. Ainsi, dans la catégorie « Bâtiment Passif Plus », le bâtiment devra générer au moins 60 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment. Pour la catégorie « Bâtiment Passif Premium », le bâtiment devra générer au moins 120 kWh/(m²a) d’énergie par rapport à l’emprise au sol du bâtiment.

Minergie : L’association Minergie garantie sur le territoire suisse la diminution de consommation d’énergie des bâtiments de par leur conception. Elle est également le support légal de la principauté du Liechenstein. Pour obtenir le certificat, il est possible de choisir parmi cinq solutions standards imposées et acceptées pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire et de se conformer. Les cinq solutions standards sont la pompe à chaleur avec sonde géothermique pour le chauffage et l’eau chaude (toute l’année). Ou le chauffage au bois pour le chauffage et l’eau chaude en hiver,  et les collecteurs solaires thermiques pour l’eau chaude en été. Le chauffage au bois automatique pour le chauffage et l’eau chaude (toute l’année), par exemple chauffage à granulés à bois. Autres possibilité, l’utilisation des rejets thermiques (industrie, installations d’incinération des déchets et stations d’épuration des eaux) pour le chauffage et l’eau chaude (toute l’année comme source séparée). Ou enfin la pompe à chaleur air-eau (air extérieur) pour le chauffage et l’eau chaude (toute l’année).
Deux conditions supplémentaires s’ajoutent à ce choix de chauffage. L’installation effective d’une aération double flux avec récupération de chaleur dont le rendement est d’au moins 80 %. Et certaines valeurs U pour l’enveloppe de bâtiment ne doivent pas être dépassées, notamment 0,2 W/m²K pour les murs, le toit et les sols et 1,3 W/m²K pour les fenêtres. Il est à noté que les standards Minergie, entrés en vigueur en 1998, ont inspirés les standards français BBC.

Plus de précision sur la bataille des labels ici.