Junya Ishigami : «J’aime regarder les nuages»

Rédaction
27/09/2018

Lors de l’exposition “Freeing Architecture”, à la Fondation Cartier, à Paris, Junya Ishigami dévoile une vingtaine de ses projets architecturaux.

Junya Ishigami (né en 1974) est un poète, un penseur et un artiste autant qu'un architecte. [©junya.ishigami+associates]
Junya Ishigami (né en 1974) est un poète, un penseur et un artiste autant qu’un architecte. [©junya.ishigami+associates]

La célébration de la nature est au cœur des projets de Junya Ishigami (né en 1974), figure singulière de la jeune scène architecturale japonaise. Formé à l’université des Beaux-Arts de Tokyo d’où il est sorti diplômé en 2000, il débute sa carrière dans l’agence emblématique tokyoïte Sanaa, dans la capitale. En 2005, Junya Ishigami crée junya.ishigami+associates, sa propre structure et obtient le Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010. Ce qui le propulse sur la scène internationale et le classe dans la catégorie : “Auteur d’une œuvre à la fois conceptuelle et poétique”, dans laquelle le paysage tient une place prépondérante. « J’aime penser l’architecture librement, avoir la vision la plus souple, la plus ouverte, la plus subtile possible, pour dépasser les idées reçues sur l’architecture. » Il compare volontiers ses réalisations à des paysages, des nuages (sa forme fétiche) ou des forêts, en s’affranchissant des contraintes et des règles de l’architecture. Parmi ses projets, figure l’Atsugi Cloud Garden, au Japon. Sur quelque 4 100 m2, Junya Ishigami a transformé le 7eétage d’un immeuble de bureaux en un jardin d’enfants. Pour cela, il a dessiné des cloisons en béton clair, en forme de nuage, venant se loger entre des colonnes en béton. Avec leurs silhouettes courbes, ces cloisons peuvent être si basses qu’elles ne sont destinées qu’au passage des enfants. Son inspiration revendique “une part de rêve”. Et en même temps, il cherche à lier l’architecture à l’ingénierie, la forme et la technologie. L’exposition de la Fondation Cartier, dans le XIVearrondissement parisien, incarne tout à fait « le paradoxe de la culture japonaise moderne, où la nature est culture et où la culture est portée en avant par la nature ».

Muriel Carbonnet

*Que l’on pourrait traduire par “Architecture libérée”.

Junya Ishigami “Freeing Architecture”, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 9 septembre 2018 – 261, boulevard Raspail – 75014 Paris

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