Industrie cimentière : En route vers la neutralité carbone

Frédéric Gluzicki
27/09/2021

Le ciment, le béton : des matériaux émetteurs de CO2 ? Sans doute plus à l’horizon 2050, avec une empreinte fortement réduite dès 2030. C’est ce que détaille la feuille de route de “neutralité carbone” de l’industrie cimentière.

Article paru dans le n° 96 de Béton[s] le Magazine.

Entre béton à empreinte carbone réduite et toupie à motorisation “verte”, l’impact CO2 de la construction peut être diminué de manière importante. [©ACPresse]
Entre béton à empreinte carbone réduite et toupie à motorisation “verte”, l’impact CO2 de la construction peut être diminué de manière importante. [©ACPresse]

Le changement climatique, c’est maintenant. Pour certains, il est même déjà trop tard… Il faut donc tout arrêter, tout de suite ? Simple à dire, mais compliqué à mettre en pratique. A ce titre, l’industrie cimentière est souvent pointée du doigt. Selon les sources, elle générerait entre 5 % et 7 % des émissions de carbone de la planète. Ramené à la France, ce pourcentage est bien plus petit… Ainsi, en 2015, notre pays aurait émis environ 457 Mt de CO2éq, toutes activités confondues.

Dans le même temps, le Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic) annonce une émission de 10,3 Mt, soit tout juste 2,25 % de l’empreinte carbone de notre pays. Sans compter que depuis 1990, la même industrie cimentière a vu ses émissions déjà reculer de 40 %. Et après ? « Nous visons la neutralité carbone pour 2050 », rappelle François Pétry, président du Sfic (et directeur général de Lafarge France). 

Mais cette démarche s’inscrit dans un processus long et continu. En effet, il n’est pas possible de transformer une industrie lourde comme celle du ciment du jour au lendemain et d’un simple coup de baguette magique ! « En 1990, nos émissions étaient de 17,7 Mt, soit 40 % de plus qu’en 2015… D’ici à 2030, elles devraient encore baisser de 24 %, pour se situer à environ 7,8 Mt annuelles. »

Plus de combustibles alternatifs

Pour atteindre son objectif, l’industrie cimentière a établi une feuille de route dite de “neutralité carbone”. Ceci, au sein du Conseil national de l’industrie et avec les pouvoirs publics. Et trois principaux leviers d’actions y sont identifiés. 

Le premier d’entre eux consiste à avoir des actions sur les produits et les process de production. A commencer par l’amélioration de l’efficacité énergétique des cimenteries, donc de baisser leur consommation, à production constante. Il s’agit là d’investissements lourds pouvant atteindre plusieurs millions d’euros. Cela s’accompagne du remplacement des carburants fossiles par des déchets énergétiques, dont la biomasse. Entre 2015 et 2030, sa part devrait passer de 400 000 t à plus de 1 Mt. « En 2019, les combustibles alternatifs représentaient déjà 41 % des apports en énergie des cimenteries,souligne François Pétry. Ils devraient être de 80 % en 2030, pour atteindre 85 % en 2050. »Pour chaque site industriel, l’investissement nécessaire est compris entre 5 et 15 M€.

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