Effet de serre

Rédaction
04/08/2015

S’il fallait définir les années 2000 par une expression reflétant l’air du temps, “effet de serre” serait le candidat le plus sérieux. Pas une semaine sans que l’on annonce la fin du monde pour cause de réchauffement climatique ou de sauvetage de la planète grâce à la RT 2012. Comment l’effet de serre fait-il le lien entre réchauffement climatique et la nouvelle réglementation thermique ? Explications.

Vous connaissez l’effet papillon ? Cette règle qui veut que le battement d’aile d’un papillon dans l’Atlantique provoque un tsunami dans le Pacifique. L’effet papillon, c’est exactement ce que vit actuellement le bâtiment. Le coup d’aile a été émis le 11 décembre 1997, le tsunami a submergé la France le 1er janvier 2013. Ces deux dates ? Le 11 décembre 1997, à Kyoto au Japon, 184 Etats membres de l’ONU, dont la France, signent un traité international visant à réduire de 5,2 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990, un objectif évoluant dans le temps. Le 1er janvier 2013 est entrée en vigueur, en France, la Réglementation thermique 2012. Le lien entre les deux ? La RT 2012 est le bras armé du pays pour réduire ses émissions de gaz de serre, et donc pour respecter ses engagements.

Méchants gaz et gentils oursons

Les gaz à effet de serre, c’est quoi ? Prenez vos livres de SVT au chapitre un : la planète terre. Nous pouvons vivre sur notre planète grâce à l’atmosphère qui l’entoure. Entre autres bénéfices, l’atmosphère procure à la terre une température clémente (sauf l’hiver évidemment), celle-ci est obtenue grâce à l’effet de serre. Nous avons chaud grâce au soleil qui nous envoie ses rayons. Mais ceux-ci ne séjournent pas sur la planète, à peine ont-ils touché le sol qu’ils rebondissent, direction l’espace. Mais, comme les vitres d’une serre dans un jardin, les gaz à effet de serre laissent passer les rayons du soleil à l’aller et en bloquent une partie au retour. Résultat : la température reste constante et “vivable”. Sans eux, il ferait – 18 °C en moyenne sur terre, en lieu et place des 15 °C actuels. Au départ, les gaz à effet de serre sont donc des gaz utiles qui nous permettent d’aller nous promener en maillot sur la plage. En trop grande concentration, les gaz à effet de serre bloquent trop de rayons du soleil sur le retour et les renvoient sur terre, ce qui augmente d’autant la température moyenne. C’est ce que l’on appelle le réchauffement climatique. Et avant que les températures en ébullition ne fassent fondre les glaces des pôles et ne noient les mignons ours blancs, les Etats ont donc décidé de réagir, en tentant de limiter les émissions de gaz. C’est le protocole de Kyoto.

Du stylo-plume aux rupteurs de ponts thermiques

De Kyoto, on passe donc au début de l’année 2013 à la France. Pour les Français, la première réglementation thermique date de 1974. Mais en 2009, Nicolas Sarkozy organise le Grenelle de l’Environnement, chargé de relancer la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, et plus particulièrement le gaz carbonique, celui-ci produit en plus grande quantité par l’homme. Dans la cible du gouvernement de l’époque, le bâtiment qui, chaque année, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), produit 120 Mt de CO2 et 32,7 Mt de carbone, soit 25 % des émissions nationales, à travers la construction et surtout l’utilisation des bâtiments. Mais le secteur est aussi bien plus malléable que l’industrie lourde ou les transports, autres secteurs “pollueurs”. La RT 2005 visait essentiellement à limiter la production de gaz carbonique, en évitant au maximum d’augmenter les coûts de la construction. Sa remplaçante, boostée par le Grenelle, devient une véritable révolution dans la construction. En ayant pour objectif principal de réduire au maximum la consommation énergétique des bâtiments, le gouvernement a lancé la France dans la course aux économies d’émission de gaz à effet de serre. Et aux économies pécuniaires, puisque 30 % du budget des ménages français sont actuellement consacrés au logement. Voilà donc comment, une signature au stylo-plume à Kyoto s’est transformée en rupteurs de ponts thermiques dans une école au fin fond du Cantal. Une version environnementale de l’effet papillon.