L’isolation répartie

Rédaction
04/08/2015

Entre l’isolation par l’intérieur et celle par l’extérieur, les constructeurs disposent d’une troisième voie, en utilisant des murs à la fois porteurs et isolants. C’est l’isolation répartie.

Quand on parle isolation, deux solutions viennent rapidement en tête, l’ITE et l’ITI. Technique classique française, l’isolation par l’intérieur consiste à appliquer l’isolant du côté habitation du mur. En isolation par l’extérieur, l’isolant est placé sur la partie extérieure de la construction. A chaque fois, le mur porteur sert de mannequin. Mais celui-ci peut aussi être actif dans l’isolation. C’est la troisième voie de l’isolation, celle de l’isolation répartie, où le mur est à la fois porteur et isolant.

Si l’on prend une définition officielle, on y apprend que l’isolation répartie aussi appelée monomur est une technique par nature liée au gros œuvre et qui se pense dès la conception du bâtiment. Son utilisation dans la rénovation est donc d’autant limitée. Les matériaux, dont il est question, ont la propriété d’être à la fois porteurs et thermiquement performants, grâce à leur structure alvéolaire. Ainsi, l’isolation répartie permet une excellente inertie thermique, une réduction des ponts thermiques, une bonne étanchéité à l’air, mais doit, pour être efficace, bénéficier d’une mise en œuvre parfaite.

Plusieurs solutions sont utilisables pour une isolation répartie, mais l’on distingue les matériaux en deux groupes. D’un côté, les mono-matériaux, dont l’ensemble ne forme qu’un seul complexe. De l’autre, les pluri-matériaux où une couche de matériau isolant est prise en sandwich dans un matériau porteur. Dans le premier groupe, la solution plus traditionnelle est la brique monomur. La moins chère à l’achat, mais présentant des performances thermiques assez éloignées des autres matériaux.

Autre solution, les blocs de béton cellulaire qui sont utilisés depuis des lustres dans les pays nordiques et qui ont depuis quelques années réussi une percée sur le marché français. Légers et respirants, ils atteignent une résistance thermique de 4,3 m2.K/W et s’appuient sur un coût en matière grise plus limité que ses concurrents. Ils ont cependant du mal à monter en résistance, en raison de leur taille peu flexible.

D’autres mono-matériaux ont leurs supporters, même s’ils sont moins répandus sur le territoire national. On peut y trouver les blocs de chanvre et de chaux, les parpaings en bois massif, la terre cuite compactée ou encore les briques de paille.

Avec l’arrivée de la RT2012, tous les industriels ont cherché de nouvelles solutions, certains d’entre eux ont choisi le bloc béton avec coffrage isolant. Difficile de classer cet élément dans la case mono- ou pluri-matériaux, puisque pour cette fois, c’est la partie isolante qui prend en sandwich un mur en béton, qui est coulé après l’assemblage des blocs. Reste que la pose des éléments est d’une facilité déconcertante à mettre en œuvre, et la résistance thermique parmi les plus élevées du marché.

Les pluri-matériaux sont essentiellement regroupés autour de la construction à ossature bois. Si une maison construite en bois a déjà sa propre inertie thermique et son isolation, celles-ci sont limitées. On construit donc les murs en bois en remplissant des vides prévus à cet effet par des matériaux divers comme la paille, le chanvre, la terre-copeaux… Les résultats obtenus sont aussi divers qu’il y a de possibilités de remplissage. C’est la branche du marché qui évolue la plus rapidement, mais aussi où les expériences peuvent être les plus malheureuses, notamment chez les auto-constructeurs.

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