David Galbiati : L’âme intemporelle du béton

Muriel Carbonnet
06/02/2020

Ce pourrait être d’anciennes sculptures égyptiennes ou amérindiennes, voire même être des éléments détournés d’un tableau de la Renaissance. Mais ces œuvres sont bien contemporaines. Ornées de coiffes, de cornes ou d’auréoles, les sculptures en béton ou en bois de David Galbiati sont quand même d’un autre temps. Mais lequel ? Découverte.

Davide Galbiati porte toute son attention sur les visages. [©CM]
Davide Galbiati porte toute son attention sur les visages. [©CM]

Davide Galbiati parle de l’homme. Il est attaché à l’esprit, au sens du sacré, qui reste bien souvent invisible. Convaincu que ce lien, entre l’énergie spirituelle qui nous entoure et l’homme, existe, il réalise des sculptures ornées de coiffes, de cornes ou d’auréoles de toutes les époques, cultures, religions et légendes. Ces ornements créant un lien avec le sacré, un passage, un axe… Le haut et le bas se rejoignant, l’invisible devenant concret. C’est comme un contraste fort entre le spirituel et le matériau béton. L’artiste veut révéler l’énergie sacrée présente en chaque être.

L’artiste cherche à révéler l’énergie sacrée présente en chaque être. [©CM]

Les sculptures en béton sont teintées. [©CM]

Ornées de coiffes, de cornes ou d’auréoles, les sculptures en béton ou en bois de David Galbiati sont d’un autre temps. [©CM]

« Ce que j’aime c’est que l’on ne voie pas tout de suite que mes sculptures sont en béton. »

« Le fabuleux coiffe la pureté de ses figures ésotériques. Le fantastique flambe dans la statique de ses œuvres. »

Les mains chirurgicales de Davide dissèquent patiemment le béton, à la découverte des âmes prisonnières.

Les figures immobiles de Davide Galbiati nous emportent dans des espaces où règne une gravité silencieuse.

Son parcours

C’est dans les Dolomites en Italie, où la tradition du travail du bois se perpétue depuis le XVIesiècle, que Davide Galbiati s’est formé à la sculpture. Mais c’est en 2007, lors d’un concours de sculpture qu’il commence à utiliser le béton dans ses œuvres. Il faut dire qu’il vient d’une grande métropole, de Milan. Le béton a envahi sa ville depuis les années 1960-1970. Davide Galbiati avait envie de faire la paix avec ce matériau, de l’appliquer dans l’art, de le charger d’une autre dimension, d’une autre signification. « Juste dédramatiser l’approche parfois négative du béton. » Si le bois, son autre médium, est vivant, le béton se laisse modeler. On peut le charger d’une âme. Il suit les mouvements de la main, se concrétise dans la solidité. « C’est une matière forte, qui dégage de l’énergie. »

Davide Galbiati utilise le Ciment Fondu d’Imerys (ex-Kerneos) : ligne Secar et Secar 51, toujours à base d’aluminates de calcium. Il met en œuvre aussi le Thermal White, un ciment hyper blanc, « très agréable à traiter ». Et de conclure : « Ce que j’aime c’est que l’on ne voie pas tout de suite que mes sculptures sont en béton ».

Sources : Aude de Kerneos et Michel King.

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Muriel Carbonnet