Cap 44 : le dernier bâtiment “Hennebique” sauvé ?

Rédaction
31/10/2018

Démolir, conserver ou transformer l’immeuble Cap 44 – les grands moulins de Loire ? C’était les trois hypothèses soumises à la concertation citoyenne de la ville de Nantes et de Nantes Métropole. Et le résultat est…

Cap44 ne sera pas entièrement démoli, mais « transformé » pour faire le lien entre la Loire et la Carrière Misery. [©Ville de Nantes]
Cap44 ne sera pas entièrement démoli, mais « transformé » pour faire le lien entre la Loire et la Carrière Misery. [©Ville de Nantes]

Démolir, conserver ou transformer l’immeuble Cap 44 – les grands moulins de Loire ? C’était les trois hypothèses soumises à la concertation citoyenne de la ville de Nantes et de Nantes Métropole. Cette concertation engagée au printemps dernier portait sur la question suivante : “quels usages imagineriez-vous sur le site ?” Le 16 octobre dernier, Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, a dévoilé sa décision : le bâtiment ne sera pas entièrement démoli, mais « transformé » pour faire le lien entre la Loire et la Carrière Misery.

Transformation du Cap 44

 Pas facile d’imaginer derrière son bardage bleu métallique posé en 1974, un bâtiment du patrimoine industriel nantais en lien avec la Loire et doté d’une structure très particulière en béton armé. Et le seul survivant au monde du procédé Hennebique. [©Ville de Nantes]

« La décision que nous avons prise est celle d’une préservation et d’une transformation respectueuse de l’histoire des lieux. Il s’agit d’un scénario autour de l’inédit, de l’imaginaire et du vivre ensemble. Tout n’est pas encore défini, le travail doit se poursuivre pour donner corps au projet. C’est une nouvelle vie, qui s’ouvre pour ce bâtiment, qui en fera vivre la valeur esthétique et patrimoniale, tout en l’inscrivant dans son environnement », explique Johanna Rolland. Un choix dicté par la dimension historique de cette ancienne minoterie (Les Grands moulins de la Loire) érigée en 1895, avec une structure en béton armé selon le procédé Hennebique. Le choix d’un compromis suggéré notamment par l’urbaniste Bernard Reichen, en charge de l’aménagement des 150 ha du Bas-Chantenay.
Cap 44 est en fait un témoin d’une époque particulière, qui a marqué Chantenay, un témoin du passé industriel portuaire, maritime et fluvial de l’histoire nantaise. Son intérêt patrimonial sera notamment révélé, en faisant réapparaître le porte à faux du pignon Ouest et en restituant les murs et poteaux d’un étage pour qu’ils se fassent témoin du procédé Hennebique. Le bâtiment sera débarrassé de son bardage bleu. « Ainsi, la partie Ouest du bâtiment sera conservée et un belvédère, accessible au public, sera créé pour profiter d’une vue exceptionnelle à la fois sur le fleuve et l’Arbre aux hérons. La partie Est du bâtiment pourrait être abaissée et le rez-de-chaussée ouvert pour mettre en valeur les vues sur la Loire et sur la Carrière et créer une respiration entre le jardin extraordinaire et le fleuve. »

Un héritage patrimonial

 Son intérêt patrimonial sera notamment révélé, en faisant réapparaître le porte à faux du pignon Ouest et en restituant les murs et poteaux d’un étage pour qu’ils se fassent témoin du procédé Hennebique. [©Ville de Nantes]

En 1895, le procédé breveté de François Hennebique est utilisé à Chantenay pour le premier bâtiment de stockage de grande taille en béton armé : le Grand Moulin de la Loire “Perraud et Compagnie”, dont les architectes sont Lenoir, Etève et Raoulx, les ingénieurs-constructeurs lillois E. et P. Sée et Eugène Le Brun, ingénieur local du bureau Hennebique, à Nantes.« La minoterie a fourni en farine la biscuiterie LU et de nombreuses boulangeries nantaises. Quand au procédé Hennebique, il était révolutionnaire dans le monde entier à l’époque. C’est important de garder une trace de ce savoir-faire », insiste-t-on à la mairie. Pas facile d’imaginer derrière son bardage bleu métallique posé en 1974, un bâtiment du patrimoine industriel nantais en lien avec la Loire et doté d’une structure très particulière en béton armé. Et le seul survivant au monde du procédé Hennebique. Un procédé “révolutionnaire” à l’époque, qui permettait de bâtir, non pas par assemblage, mais de manière monolithique, sans joints. 

M. C.