L’architecture japonaise contemporaine s’expose à Paris

Muriel Carbonnet
09/12/2021

Jusqu’au 19 février 2022, la Maison de la culture du Japon, à Paris présente l’exposition “Les architectures japonaises. Quand la forme parle. Nouveaux courants architecturaux au Japon (1995-2020)”.

Sous la forme de maquettes, de photographies et de vidéos, l’exposition illustre la relation entre la société japonaise et l'architecture. [©Adan – MCJP/Nicolas Brasseur]
Sous la forme de maquettes, de photographies et de vidéos, l’exposition illustre la relation entre la société japonaise et l’architecture. [©Adan – MCJP/Nicolas Brasseur]

Les architectures japonaises contemporaines sont présentées dans une exposition unique à Paris, à la Maison de la culture du Japon (MCJP). Cet évènement propose 64 projets aux formes originales et créatives. Qui s’intègrent harmonieusement dans des environnements variés. Tout en étant en phase avec les communautés locales. « L’exposition “Quand la forme parle” ne se focalise pas sur Tokyo, comme cela est habituellement le cas. Réunissant de nombreux architectes actifs dans tout l’archipel, elle présente, de manière inédite, la réalité de l’architecture du Japon d’aujourd’hui. Et écrit une nouvelle page de l’histoire des échanges architecturaux entre la France et le Japon », insiste Shuhei Endo, architecte et professeur honoraire à l’université de Kobe. Il est aussi vice-président de l’Architectural Design Association of Nippon (Adan), qui œuvre pour la valorisation de l’architecture nippone dans le monde. L’Adan est l’un des organisateurs de cet évènement.

La nouvelle génération d’architectes nippons

Ryue Nishizawa, Musée d’art de Teshima, département de Kagawa (Japon), 2010. [©Office of Ryue Nishizawa]
Ryue Nishizawa, Musée d’art de Teshima, département de Kagawa (Japon), 2010. [©Office of Ryue Nishizawa]

« C’est à Paris que les architectes japonais Kunio Maekawa, Junzo Sakakura ou encore Takamasa Yoshizaka découvrirent l’architecture moderne incarnée au début du XXsiècle par Le Corbusier. Cette véritable rencontre a laissé une forte empreinte sur la génération suivante. Et les fruits de ces échanges franco-japonais sont visibles dans le monde entier. Les architectes japonais à qui sont confiés d’importants projets d’architecture ou d’urbanisme en France sont de plus en plus nombreux au fil des ans. Comme Kenzo Tange, Kisho Kurokawa et Tadao Ando dans les années 1990. Et Toyo Ito, Shigeru Ban, Kengo Kuma, Sanaa…, à partir des années 2000. Cependant, c’est aux générations suivantes, celles nées entre les années 1960 et 1980, qu’est consacrée cette exposition. Elle présente les projets aux formes originales que 35 jeunes architectes pleins de vigueur ont réalisés dans différentes régions de l’archipel et hors du Japon. L’exposition montre les réponses créatives de chacun de ces architectes aux problématiques de la société d’aujourd’hui », explique Hitoshi Suzuki, président de la Maison de la culture du Japon. 

Vers la féminisation du métier

L’exposition a aussi pour objectif de mettre le rôle des femmes architectes en avant. Parmi les 35 créateurs sélectionnés, 13 sont des femmes. [©Adan – MCJP/Nicolas Brasseur]
L’exposition a aussi pour objectif de mettre le rôle des femmes architectes en avant. Parmi les 35 créateurs sélectionnés, 13 sont des créatrices ! [©Adan – MCJP/Nicolas Brasseur]

Sous la forme de maquettes, de photographies et de vidéos, l’exposition illustre la relation entre la société japonaise et l’architecture. Elle a aussi pour objectif de mettre en avant le rôle des femmes architectes. Parmi les 35 créateurs sélectionnés, 13 sont des créatrices ! « Dans le passé, il y avait très peu de femmes dans les écoles d’architecture au Japon. Seulement une étudiante sur cinquante, quand j’étais étudiant. Mais cela a beaucoup évolué. Aujourd’hui, dans certaines universités, près de la moitié des étudiants sont des femmes », indique Taro Igarashi, historien de l’architecture, professeur à l’université du Tohoku et commissaire de l’évènement.

Une autre partie de l’exposition rend hommage à un projet architectural étonnant, celui de la restauration de l’Asile flottant. Cette péniche en béton armé bâtie en 1917 avait été réaménagée en refuge pour les sans-abris par Le Corbusier en 1929-1930. Après avoir sombré dans la Seine en 2018, ce navire long de 70 m, situé quai d’Austerlitz, à Paris, a été sauvé par l’Architectural design association of Nippon. L’exposition présente l’histoire en photos de ce lieu hybride, à la fois social et culturel.

Maison de la culture du Japon à Paris
101bis, quai Branly
75015 Paris
Entrée libre
www.mcjp.fr