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Façadier-itéiste : Le traqueur de ponts thermiques

par redaction | - réagissez
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Pascal Rambaud, directeur de l’entreprise Espace et Energie (78).

Pascal Rambaud, directeur de l’entreprise Espace et Energie (78).

« En moins de dix ans, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est passée de marginale à un marché en plein développement. Pour mon entreprise, qui s’est lancée il y a six ans sur le marché de la rénovation énergétique, elle représente déjà 20 % du chiffre d’affaires et mobilise une dizaine de façadiers-itéistes pour 45 employés.

Le métier est multi-formes, puisqu’il existe deux grandes techniques : l’une avec finition enduit, l’autre sous bardage. Il existe ainsi deux types de professionnels. Les premiers doivent avoir le coup de patte du maçon-façadier. Les seconds, posséder les qualités d’un menuisier, puisqu’il faut savoir monter l’ossature qui tiendra le bardage.

Nous travaillons principalement avec du PSE sous enduit et de la laine de roche ou de la laine de bois sous bardage. Quelle que soit la solution retenue, la pose de l’isolant est le cœur du métier. Les gestes sont simples, mais minutieux, car l’isolant doit être parfaitement et uniformément posé. Il faut bien suivre les Avis techniques du CSTB et les DTA du fabricant, sous peine de créer des désordres futurs dans le bâtiment. Il ne s’agit pas d’aller vite, mais surtout d’aller bien et d’éviter les ponts thermiques.

L’anticipation est aussi primordiale. L’itéiste doit tenir compte des éléments qui seront fixés sur la façade après l’isolation (stores, volets, gardes corps ou lumières). Il doit gérer ses commandes et s’assurer qu’il disposera de l’équipement nécessaire pour réaliser les points singuliers. Il doit aussi prévoir quand recourir à un autre corps de métier, comme un plombier pour un robinet extérieur.

C’est un métier qui demande de la réflexion et une capacité d’adaptation, car la météo dicte souvent ses conditions. Il faut bien connaître les produits utilisés et les choisir en fonction du temps qu’il fait. Quand il fait trop froid ou trop chaud, les colles et les enduits ne prennent pas de la même manière. Pour que la qualité du travail soit bonne, il faut ensuite savoir suivre le soleil, suivre le froid et choisir par quelle façade commencer en fonction des ombres et des températures à venir. Tout cela s’apprend, mais c’est surtout le fruit de l’expérience. »

Aurélie Cheyssial

Abécédaire du façadier

A comme Avantages  : C’est un métier valorisant qui combine des aspects techniques et esthétiques. Le marché est en plein développement et les employés compétents sont très demandés.

F comme Formation : Nous avons été formés par les fabricants, principalement Sto. Cette formation d’un an s’est déroulée sur nos chantiers et parfois en centre de formation.

I comme Inconvénients  : On travaille à l’extérieur et l’on est soumis aux aléas de la météo.

L comme Lieu de travail : Nous travaillons surtout en rénovation de maison individuelle, mais un façadier-itéiste peut travailler sur toute sorte de chantiers.

M comme Missions : La mission première est de réduire la facture énergétique de nos clients, tout en leur offrant une habitation plus belle.

O comme Outils : La pose de l’ITE sous enduit nécessite des outils de découpe à chaud du polystyrène, un perforateur pour planter les chevilles et une taloche. La machine à projeter peut être délicate à utiliser en maison individuelle où il y a beaucoup de points singuliers à traiter. Sous bardage, il n’est besoin que des outils classiques de menuiserie.

S comme Sensibilisation : L’itéiste travaille sur l’isolation, mais il doit comprendre le fonctionnement du bâtiment dans son ensemble. Nous sensibilisons nos clients à la pose de fenêtres performantes et surtout à la ventilation, primordiale pour éviter les condensations futures.

T comme Tenue de travail : Rien de particulier, une tenue d’entreprise et les équipements de protection individuelle obligatoires sur échafaudage.

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