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Conception bioclimatique

par redaction | - réagissez
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La conception bioclimatique permet d’optimiser la construction (implantation, orientation, agencement des pièces et des ouvertures…), afin de mieux profiter des ressources naturelles (lumière, chaleur solaire…) et se protéger efficacement des agressions climatiques (vents, canicule estivale…).

A la différence de notions comme le développement durable ou la Baubiologie allemande, celle de conception bioclimatique n’a pas de date de naissance précise. L’origine de la formalisation récente de cette approche se situerait en Amérique du Nord. Les éditions Terre vivante ont publié en 2006, sous la plume de Jean-Pierre Oliva et Samuel Courgey, un ouvrage de référence “La conception bioclimatique, des maisons confortables et économes”. Il fait suite à un ouvrage “L’isolation écologique”, publié en 2001 et remanié en 2010, dont la logique conduisait à aller au-delà de la notion d’isolant et d’isolation pour l’intégrer dans une approche plus générale.

Paramètres

En période froide, le postulat de l’architecture bioclimatique est de favoriser les apports de chaleur gratuits, diminuer les pertes de chaleur et assurer un renouvellement d’air suffisant. En période chaude, il s’agit de réduire les apports caloriques et favoriser le rafraîchissement. Le cahier de charge unique n’existe pas, l’application est différente selon l’emplacement géographique.

Il est difficile de quantifier le bien-être, de sorte que la consommation intelligente de l’énergie devient incidemment la pierre de touche de la pertinence bioclimatique d’une construction. Partant de là, la notion d’apports gratuits est centrale, puisqu’il s’agit en pratique de les maximiser à partir d’un travail sur l’implantation du bâtiment, son emplacement, sa forme, son orientation. Des termes assez proches qui bénéficient rarement d’une définition claire, si ce n’est que l’implantation renvoie au milieu dans lequel s’inscrit le projet, l’emplacement à l’endroit précis où il doit être construit. L’axiome, qui ne va pas de soi au vu de la réalité des constructions urbaines et suburbaines, c’est l’exposition au soleil. Dans son guide-conseil « Comment concevoir sa maison bioclimatique », l’Union régionale des CAUE des Pays de la Loire stipule : « Une partie du terrain doit être ensoleillée en permanence toute l’année : c’est à cet endroit que sera implantée la maison. L’orientation principale à privilégier est le Sud à plus ou moins 20° vers l’Est ou vers l’Ouest et l’accès automobile se fera de préférence vers le Nord ». D’emblée, c’est comme si l’on faisait abstraction du cadastre, du plan d’occupation des sols, du marché foncier, des règles de mitoyenneté et d’urbanisme, des opérations de rénovation ou de réhabilitation… Tout ce qui fait qu’en pratique, les architectes doivent pratiquer souvent, avec un surcroît de subtilité, la conception bioclimatique “du pauvre”. Ils ont la latitude de jouer sur le paramètre de la forme en déplaçant par mesure de compensation le curseur vers une multiplication des surfaces exposées, mais au détriment du principe de compacité. Ils maîtrisent aussi le choix de matériaux de construction, qui doivent éviter la sensation de “paroi froide”, ou de nouvelles techniques, telles les toitures végétalisées.

Performance énergétique

L’autre obstacle qui se profile dans le cadre de cette démarche est à nouveau celui de la terminologie. Qu’est ce qu’une orientation principale, comment caractériser une surface exposée… En l’absence de quantificateurs clairs, on a tendance à se rabattre sur des exemples un peu trop schématiques : le garage comme zone tampon contre le froid et le vent, la pièce à vivre transformée en serre, mais masquée l’été par un arbre, une forte isolation de l’enveloppe, mais de grandes surfaces vitrées…

Une chose est sûre, toutefois : la performance énergétique d’une enveloppe et d’équipements de chauffage dépend non seulement de facteurs humains d’usage, mais aussi de la disposition de l’ouvrage par rapport à l’environnement, et notamment la course du soleil qui constitue un invariant (même s’il est difficile de préjuger des nuages).

Jonas Tophoven

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