Taillefer, passage de témoin

Yann Butillon
21/02/2019

Gaëlle Pignet-Condal a succédé à Jean-Louis Teillant à la tête de Taillefer. L’entreprise n’a pas seulement changé de main, elle vient surtout de débuter une histoire commune...

Retrouvez cet article dans le n°82 de Béton[s] le Magazine.

Transmettre. Tel est le mot qui a présidé à la cession de Taillefer par Jean-Louis Teillant à Gaëlle Pignet-Condal et Jean-Michel Condal. L’entreprise n’a pas seulement changé de main, elle vient surtout de débuter une histoire commune…

Gaëlle Pignet-Condal, au centre, accompagnée de Jean-Louis Teillant  et de Jean-Michel Condal, en compagnie de l’ensemble des employés de Taillefer.  [©Taillefer]
Gaëlle Pignet-Condal, au centre, accompagnée de Jean-Louis Teillant et de Jean-Michel Condal, en compagnie de l’ensemble des employés de Taillefer. [©Taillefer]

Vous venez de reprendre, avec votre mari, l’entreprise Taillefer. Comment vous est venue cette envie d’être à la tête d’une entreprise comme Taillefer ?

C’est d’abord un parcours personnel. Je viens d’une entreprise familiale dans le secteur des carrières. Je devais reprendre cette entreprise, mais cela ne s’est pas fait. Avec mon mari, nous sommes arrivés à la conclusion que nous voulions nous lancer dans une aventure entrepreneuriale. J’ai fait jouer mon réseau et KPMG a fini par me proposer une entreprise dans les travaux publics. Mais là encore, le projet n’a pas abouti. Mais le contact était pris avec KPMG, qui a fini par me parler de Taillefer. Je voulais garder un ancrage régional en Normandie, c’était parfait.

Est-ce que votre statut de femme a été un problème ?

Malheureusement oui… Nous sommes dans un monde d’hommes. Cela ne concerne pas seulement le secteur des travaux publics ou des carrières. L’entrepreneuriat est logé à la même enseigne. J’ai subi pas mal de réflexions et de vexations. C’est bien simple, au bout d’un certain temps, je venais en rendez-vous avec mon mari, et bien souvent, les personnes en face de nous ne s’adressaient qu’à lui !

Les choses ont été plus faciles avec Jean-Louis Teillant, l’ancien gérant de Taillefer ?

Absolument ! Je connaissais déjà Jean-Louis Teillant et Taillefer, de par leurs réputations dans la région. Il voulait transmettre son entreprise, en jugeant le repreneur sur ses compétences. L’entreprise était saine, notre volonté était là, nous étions faits pour nous entendre. Nous avons donc monté l’opération financière, en évitant les fonds d’investissement, afin de rester indépendants. La région nous a notamment octroyé un prêt à taux zéro, via l’Agence de développement de la Normandie.

Le rachat acté, vous continuez de collaborer avec Jean-Louis Teillant. Dans quel but ?

Avec ce rachat, nous avons créé une véritable complicité avec Jean-Louis Teillant. Il reste à nos côtés pour nous accompagner. Il est présent à nos côtés dès que le besoin s’en fait sentir. A la fois pour le suivi des dossiers, mais aussi pour apporter son aide technique. Jean-Michel Condal, mon mari, a pris la tête du bureau d’études, mais Jean-Louis Teillant continue de nous transmettre son savoir-faire historique.

Quelles sont vos ambitions et vos pistes de développement de l’entreprise ?

Notre ambition est de remettre Taillefer au niveau d’un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 14 à 15 M€. Pour cela, nous avons plusieurs pistes. D’abord, la diversification de nos activités. Mon mari a de l’expérience dans le secteur de l’agro-alimentaire, j’en ai dans les carrières. Ce sont des secteurs pour lesquels Taillefer travaillait, mais de façon peu développée. Pour profiter de notre réseau et développer des solutions, nous avons recruté quatre personnes, notamment au bureau d’études et à l’atelier.

Nous nous attachons à rendre attractif ce très vieux métier qu’est la chaudronnerie. Par exemple, nous organisons les 21 et 22 juin prochains des journées portes ouvertes, pendant lesquelles sera présenté un spectacle conté sur nos métiers, en collaboration avec les équipes Taillefer.

Enfin, nous souhaitons mettre l’accent sur la communication pour redynamiser l’image de Taillefer. En effet, l’entreprise bénéficie d’une belle réputation, mais il est important de maintenir l’effort et d’être présent sur le terrain. De plus, cela fait vingt ans que Taillefer apporte des solutions dans l’industrie et les métiers de l’environnement, sans jamais le faire savoir…

Propos recueillis par Yann Butillon

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