Saint-Gobain cherche à racheter Sika, qui ne veut pas !

Rédaction
08/12/2014

Saint-Gobain a annoncé son intention d’acquérir le contrôle du Suisse Sika via le rachat de Schenker Winkler Holding pour environ 2,3 Md€ (2,75 FS). Cette démarche permettrait à Saint-Gobain de prendre le contrôle de 16,1 % du capital et de s’octroyer ainsi 52,4 % des droits de vote.

Saint-Gobain-Sika-BDIl y a quelques heures, le groupe français Saint-Gobain a annoncé son intention d’acquérir le contrôle du Suisse Sika. L’idée est de racheter Schenker Winkler Holding pour environ 2,3 Md€ (2,75 FS), autrement dit la totalité des actions détenues par la famille Burkard, actuel actionnaire majoritaire de Sika. Cette démarche permettrait à Saint-Gobain de prendre le contrôle de 16,1 % du capital de l’industriel suisse et de s’octroyer ainsi 52,4 % des droits de vote. Par ailleurs, Saint-Gobain n’envisage pas de procéder à une offre sur la totalité du capital de Sika. Après acquisition, Saint-Gobain pourrait consolider Sika par intégration globale dans ses comptes. Le Français croit qu’un impact positif sur le résultat net devrait être enregistré dès la première année.

Côté activités, Saint-Gobain estime que ses métiers et ceux de Sika, tant dans les produits pour la construction que dans les matériaux innovants, ou encore la distribution dans le bâtiment, sont suffisamment proches pour générer quelque 100 M€ de synergies dès 2017, augmentées à 180 M€ à compter de 2019. Enfin, l’opération devrait être créatrice de valeur à partir de la même année. Soumise à l’autorisation des autorités de la concurrence, cette acquisition est envisagée au plus tard pour le second semestre 2015…

Petit problème, Sika – c’est-à-dire son conseil d’administration et sa direction – n’est pas du tout d’accord pour se faire croquer ainsi ! Par un communiqué de presse, le Suisse précise « ne voir ni la logique industrielle de l’opération, ni des synergies importantes pour Sika. En outre, la valeur actionnariale de l’entreprise serait compromise et Sika ne serait plus en mesure de poursuivre sa stratégie de croissance avec succès ». Enfin, le conseil d’administration et la direction indiquent ne pas avoir été consultés et ne pas être impliqués dans la transaction proposée ! Une affaire à suivre…