Paysagiste : le paysagiste sait décrypter ce qui fait le génie d’un lieu

Rédaction
16/01/2011

Le paysagiste s’attelle à décrypter un site, un lieu, pour faire naître un projet. Il fait œuvre d’architecte du territoire au sens large. Retour sur une profession encore jeune avec Jean-Louis Knidel, un des fondateurs de l’agence APS Paysagistes, située à Valence dans la Drôme.

Paysagiste-Knidel-BDLe paysagiste s’attelle à décrypter un site, un lieu, pour faire naître un projet. Il fait œuvre d’architecte du territoire au sens large. Retour sur une profession encore jeune avec Jean-Louis Knidel, un des fondateurs de l’agence APS Paysagistes, située à Valence dans la Drôme.

« Je suis paysagiste DPLG. J’ai suivi le cursus de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles. Il n’existe que trois autres écoles de ce type en France qui forment à l’intervention sur le paysage et l’espace public. Notre métier, contrairement à celui d’architecte, est un métier récent qui n’est pas protégé. Lorsqu’il s’agit d’aménagement de l’espace urbain, périurbain ou à caractère naturel, nous avons accès à la maîtrise d’œuvre publique, mais comme d’autres professions : les architectes, les géomètres, les bureaux d’études VRD. Une formation de paysagiste DPLG permet de se distinguer.
Nous sommes des concepteurs, des “architectes”. Nos métiers sont d’ailleurs très proches dans leur fonctionnement. L’architecte traite le bâtiment. Nous, le territoire, qui est une notion moins “palpable”. Pour une ville, la qualité de ses espaces publics est un enjeu important en termes d’image et de confort de vie. Son renouvellement se fait par la requalification de ses espaces publics et là, le paysagiste, contrairement à l’architecte, a toute légitimité pour intervenir. Car sa vraie valeur ajoutée est d’être capable de décrypter ce qui fait le génie d’un lieu pour donner du sens. Cela s’apprend, mais seulement en partie.
Le paysagiste s’inscrit dans une démarche contextuelle. Une intervention qui ne perturbe pas un site doit s’appuyer sur une lecture attentive de son histoire, sa géographie, sa morphologie, sa culture, son contexte, sa relation aux horizons et points de vue, comment les gens le pratiquent… Cette lecture se fait à l’aide de cartes historiques, de photographies aériennes, de cartes postales… qui vont nous donner les “points d’accroche”. Le projet doit d’abord correspondre avec le lieu avant d’être dans la plastique artistique.
Je travaille souvent avec le béton, soit pour le matériau lui-même ou bien à cause des caractéristiques du lieu. Ou encore pour des raisons économiques. Mais il n’est en rien un sous matériau. Si on le choisit, il prend alors toute sa place dans une démarche pour participer à l’identité du lieu. On peut sélectionner la dimension et la provenance des granulats de façon à ce que le béton soit en harmonie avec les façades alentour. Le béton peut être modelé, coloré pour être mis en scène, sablé pour la réalisation de surfaces douces, confortable pour la marche des piétons. »

A comme Avantages

C’est un métier transversal qui touche à une diversité de sujets et de contextes.

I comme Inconvénients
La légitimité du paysagiste n’est pas totalement reconnue. Alors, d’autres professions viennent “grignoter” ses compétences.

L comme lieu de travail
Au bureau et sur le terrain : réunion de chantiers ou de médiation avec des intervenants extérieurs (designers, bureau d’études, écologistes…).

M comme Matériaux
Il travaille sur l’association de matériaux minéraux ou végétaux. C’est la qualité de cet assemblage qui fait la qualité du projet.

M comme Missions
Il peut s’agir d’une mission d’étude (diagnostic, conseil et expertise) sur une ville ou un territoire au sens large et/ou la conception maîtrise d’œuvre d’un projet.

O comme Outils
Téléphone mobile, ordinateur portable, voiture et/ou transport en commun.

Q comme Qualités
Il faut avoir une bonne capacité de synthèse pour être capable de faire une “lecture” d’un lieu à partir des nombreux éléments recueillis. Curiosité et ouverture d’esprit sont de rigueur.

S comme Salaire
En agence, un débutant peut espérer percevoir 1 500 € bruts/mois et un senior, 3 000 € environ.
Un Bac + 2 minimum est requis pour se présenter au concours d’entrée de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles ou à celle de Marseille, Bordeaux ou Lille. La durée des études est de 4 ans.

 

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