Malherbe : « Il y a un mouvement de rattrapage chez les industriels du béton »

Yann Butillon
27/09/2021

Représentant de six industriels allemands sur le marché français, Malherbe cherche à étendre son offre. En particulier dans le domaine des consommables. Emmanuel Malherbe, directeur général de la société éponyme, détaille ses ambitions.

Article paru dans le n° 951 de Process Industriel, supplément de Béton[s] le Magazine n° 96

Emmanuel Malherbe est le directeur général de l’entreprise éponyme.  [©Malherbe]
Emmanuel Malherbe est le directeur général de l’entreprise éponyme. [©Malherbe]

Vous avez plusieurs cartes à votre actif. Que proposez-vous au marché français ? 

Nous sommes les agents commerciaux en France et au Maghreb d’industriels allemands qui évoluent sur le marché de la préfabrication. Nous avons des accords exclusifs sur ces zones et/ou parties de zones. Dans notre catalogue, nous avons six représentations. Rampf/F3B propose des moules pour presses à blocs, Assyx, des planches pour ces mêmes presses. Contex, des pièces d’usure pour les malaxeurs, et MBK, des machines pour les treillis soudés et les cages d’armatures soudées pour tuyaux et pieux. Mais aussi, Pedershaab, une machine pour souder les armatures, BFS Hawkeye, des machines pour la compaction des éléments de VRD. Et enfin, Pedax propose des machines pour façonner les armatures. 

Vous fonctionnez comme intermédiaire ou comme revendeur ? 

Pour une partie, nous fonctionnons en tant qu’intermédiaire. Pour une autre, nous faisons la négociation de machines et de pièces. Nous achetons et nous revendons. Avoir du stockage pour augmenter ces opérations sera un développement à venir. 

Les machines pour la préfabrication sont-elles un marché de remplacement ou un marché d’investissement en croissance ? 

Nous évoluons clairement sur un marché du remplacement de machines. Mais les choses peuvent évoluer très vite. De toute façon, nous avons une activité soutenue depuis deux ans. Nous attribuons cela à la suite d’une perte de volumes de préfabrication entre 2008 et 2016. Par la suite, il y a eu des regroupements d’entreprises. Mais durant ce laps de temps, peu d’investissements dans les machines ont été faits. Aujourd’hui, il y a un mouvement de rattrapage et de modernisation des parcs. 

Quelles sont les dernières évolutions en matière de machines pour les treillis soudés ? 

Malherbe est aujourd’hui le représentant de six industriels allemands sur le marché français. [©Malherbe]
Malherbe est aujourd’hui le représentant de six industriels allemands sur le marché français. [©Malherbe]

Ce sont des équipements matures au plan technique. Les éventuelles évolutions concernent l’augmentation de la productivité et de la fiabilité. Cependant, depuis de nombreuses années, les demandes sont de plus en plus fortes en matière d’économie d’énergie. C’est pourquoi, nous proposons à nos clients des machines sans hydraulique, avec seulement un asservissement par moto-réducteur électrique. Le résultat est un gain de consommation énergétique, un impact carbone réduit et un coût d’utilisation moindre. 

Même question pour les moules pour presses ? 

C’est aussi un secteur qui évolue peu. Il faut simplement s’adapter aux performances accrues des presses et aux vibrations de plus en plus importantes. Ainsi, les moules pour presses sont de plus en plus de type monobloc. Ils gagnent en durée de vie et en résistance aux vibrations. Depuis peu, nous offrons aussi des revêtements en carbure projeté pour augmenter la durée de vie.

Pourquoi vouloir investir dans une zone de stockage ? Il s’agit d’une diversification de votre activité ?

Nous investissons pour nous créer des sources de revenus plus régulières. Nous discutons avec de nouveaux fournisseurs pour avoir du stock de consommables et pouvoir les vendre en direct. Ce qui devrait stabiliser notre chiffre d’affaires. Nous allons aussi recruter un quatrième technico-commercial pour étoffer notre force de vente. Il nous faudra aussi un hall de stockage. C’est une vision à long terme. Pour le moment, nous surfons sur une vague d’investissements, mais elle ne durera pas ad vitam æternam. Elle est très intense sur le marché des machines pour la VRD, mais elle va retomber… 

Propos recueillis par Yann Butillon

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