Les matériaux biosourcés sont depuis longtemps un terrain faste pour l’expérimentation artistique ou pour la fabrication d’objets du quotidien. ACPresse.fr vous a préparé une sélection spéciale “biosourcés”.

Le designer mexicain Fernando Laposse a développé le Totomoxtle, un revêtement élaboré à partir de feuilles d'épis de maïs. [©Fernando Laposse]
Le designer mexicain Fernando Laposse a développé le Totomoxtle, un revêtement élaboré à partir de feuilles d’épis de maïs. [©Fernando Laposse]

Les objets tout comme les bâtiments ont une histoire. Une histoire qui se relate à travers les matériaux… La table en bois massif, que l’on transmet de génération en génération, retrace les dîners de famille ou encore les heures de dur labeur, qui ont peu à peu rongé ses bords. Le panier en raphia accueille les framboises fraîches oubliées après le marché… Même les trois petits cochons avaient, selon la légende, des maisons en paille, en bois et en briques ! Tous les enfants connaissent le conte.

Dans notre histoire contemporaine, le choix des matériaux porte aussi un regard vers l’avenir. Que ce soit dans la construction, la mode ou le design, la création responsable et durable est un sujet incontournable de notre époque. Les industriels se mettent au vert et les consommateurs ont des attentes de plus en plus exigeantes. Les matériaux biosourcés sont depuis longtemps un terrain faste pour l’expérimentation artistique ou pour la fabrication d’objets du quotidien. ACPresse.fr vous a préparé une sélection spéciale “biosourcés”.

Muriel Carbonnet et Sivagami Casimir

Mémoires d’un kimono

Le studio Juam a imaginé le paravent acoustique Gomettes, aux lignes rondes et réconfortantes. [©Younès Klouche pour Cider]
Le studio Juam a imaginé le paravent acoustique Gomettes, aux lignes rondes et réconfortantes. [©Younès Klouche pour Cider]

Le studio Juam a imaginé le paravent acoustique Gomettes, aux lignes rondes et réconfortantes. Il s’inspire des portes-kimonos, rappelant même les mouvements des tissus avec ses formes et ondulations. Disponibles en plusieurs tailles et allures différentes, ces paravents se combinent et permettent aux utilisateurs de jouer avec leur opacité. Tout en délimitant des espaces intimes. Edités chez Cider, ils ont la particularité d’être conçus en Varian. Ce matériau a été créé, après 3 ans de R & D, par Culture iN, une entreprise dédiée à l’exploration et l’exploitation des matériaux biosourcés. Le tissu Varian se compose ainsi, de fibres de lin et de résine d’origine végétale. Fabriqué en France, il ne dégage pas de COV et améliore le confort acoustique. Le matériau de Culture iN peut être récupéré en fin de vie puis broyé et composté industriellement. Il peut bien sûr, être réutilisé.

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Matériaux biosourcés versus plastique dans la cuisine

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[©Embeillage]

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[©Embeillage]

L’équivalent d’un camion poubelle est déchargé en mer toutes les minutes… En effet, entre 8 et 12 Mt de plastique sont déversés tous les ans dans les océans. A ce rythme, en 2050, le poids du plastique sera plus lourd que celui des poissons marins… Suite à un voyage dans une famille australienne, Quentin Sinel revient avec une idée pour changer les habitudes. Sensibilisé à la préservation des abeilles, avec un père apiculteur, et conscient de la pollution qu’engendre le plastique, il imagine les “Embeillage”. Inspiré ainsi par les “beeswraps” d’Australie, Quentin a créé lui-même sa recette d’emballage en coton, cire d’abeille, résine de pin et huile de chanvre. D’origines biosourcés, issus des canaux de productions françaises et en partie biologiques, les “Embeillage” s’utilisent comme un couvercle, un sachet ou une seconde peau. Permettant de remplacer les emballages plastiques dans la cuisine. Avec la simple chaleur des mains, ils peuvent prendre la forme souhaitée et la résine de pin les rend adhérents naturellement.

Ce produit se réutilise, se lave et conserve ses propriétés adhérentes durant 1 an (il peut tout de même fonctionner au-delà, mais sera moins performant). Des motifs et couleurs viennent agrémenter cet emballage ingénieux.

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Greenfib : Des lunettes en polymère écologique composite

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[©Greenfib]

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[©Greenfib]

Chaque seconde, 10 tonnes de plastique sont produites dans le monde… Face à ce fléau planétaire, Luc Ménétrey, opticien depuis 20 ans et créateur de lunettes à Vivonne (86), s’est lancé un défi : inventer une matière technique performante respectueuse de la nature et de l’humain. Cela a donné le Greenfib. C’est un plastique conçu à partir de poudres minérales, de farines végétales et d’huile de ricin. Ceci, spécialement étudié pour la lunetterie. Trois gammes ont été créées : une bois-talc, une roseau-talc et une roseau-poudre de coquille d’huître. Toutes ont les mêmes propriétés mécaniques. Greenfib se décline en 10 coloris végétaux et minéraux. Très légère et résistante à la flexion, cette matière offre un aspect peau de pêche. La particularité de ce matériau biosourcé [lien vers article du site], c’est sa résistance mécanique, chimique et thermique, mais aussi sa recyclabilité. 100 % biosourcé, Greenfib est fabriqué en circuit court dans l’Ouest de la France (Nouvelle-Aquitaine & Bretagne) et est idéal pour développer des produits durables, réutilisables ou consignés, et limiter ainsi les déchets. A la fin du cycle de vie, Greenfib peut être recyclé plus de 3 fois.

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Totomoxtle, un revêtement à partir de feuilles d’épis de maïs

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[©Fernando Laposse]

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[©Fernando Laposse]

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[©Fernando Laposse]

Le designer mexicain Fernando Laposse a développé le Totomoxtle, un revêtement élaboré à partir de feuilles d’épis de maïs aux couleurs jaune pâle et violette, considérées comme des déchets. Il a voulu leur donner une seconde vie pour en faire des objets de design : tables basses, vases… Fernando Laposse cherche à promouvoir les espèces de maïs mexicains menacés et à remettre au goût du jour les techniques ancestrales pratiquées par les indigènes. Il s’agit d’un projet qui illustre la puissance du design pour transformer, réparer et promouvoir la cohésion sociale. En effet, ce projet va bien au-delà de la simple esthétique. Totomoxtle se concentre sur la régénération des pratiques agricoles traditionnelles au Mexique et la création d’un nouvel artisanat, qui génère des revenus pour les agriculteurs pauvres et favorise la préservation de la biodiversité pour la sécurité alimentaire future. Tototmoxtle fonctionne en partenariat avec la communauté de Tonahuixtla, un petit village d’agriculteurs et d’éleveurs mixtèques de l’Etat de Puebla. Fernando Laposse travaille avec un groupe de familles depuis 2016 et avec le soutien de CIMMYT, la plus grande banque de semences de maïs du monde. Les balles récoltées sont désormais transformées par un groupe de femmes locales en matériau de placage, créant ainsi des emplois locaux indispensables.

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