La suppression du gazole non routier finalement pour 2022

Yann Butillon
15/06/2021

En négociant , la FNTP avait obtenu le report de la suppression du gazole non routier (GNR) à 2023. Finalement, ce sera pour 2022.

La suppression du gazole non routier est repoussée à 2023. [©DR]
La suppression du gazole non routier est repoussée à 2022. [©DR]

C’est une série en plusieurs actes qui s’est jouée dans les coulisses du gouvernement. Dans un premier temps, ce dernier avait annoncé avoir repoussé la suppression du GNR (gazole non routier), pour le secteur de la construction jusqu’au 1er janvier 2023. Cette annonce faisait suite à des mois de discussion entre la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et les pouvoirs publics. Compte tenu de la situation économique très précaire dans laquelle se trouvent les entreprises de TP depuis le début de la crise sanitaire. Aggravée par la flambée des coûts des matières premières, la FNTP avait formulé, dès l’hiver dernier, une nouvelle demande de report.

Une victoire pour la FNTP

Pour mémoire, initialement annoncée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019. La suppression du GNR a déjà été reportée plusieurs fois à la demande de la FNTP. La première fois, fin 2018 à l’issue d’une négociation avec le gouvernement. Qui avait permis d’obtenir une première échéance de suppression au 1er juillet 2020. Un deuxième report en juin 2020 au cœur de la crise sanitaire avait acté une suppression totale au 1er juillet 2021.

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La FNTP s’était alors réjouit, de ce « nouveau report rappelle combien la fin du GNR, dont l’impact sur les entreprises de TP a été mesuré à 700 M€, représenterait un risque de déstabilisation majeur pour le secteur en période de fragilité économique », résume Bruno Cavagné, président de la FNTP. Et de poursuivre : « Le feuilleton entourant la suppression du GNR n’en finit plus. C’est bien la preuve qu’il s’agissait à l’origine d’une mauvaise décision. Aujourd’hui, c’est un sentiment de grand soulagement. Qui est partagé par l’ensemble des entreprises de travaux publics. Car la suppression du GNR au 1er juillet 2021 constituait une ombre de plus à un tableau déjà bien sombre depuis de nombreux mois ».

Une nouvelle date qui ne passe pas

Patatra, le dernier acte est venu douché les espoirs de la FNTP. Un amendement à l’Assemblée nationale, voté le vendredi 11 juin dernier, repousse finalement la suppression au 1er juillet 2022. Soit six mois plus tôt. Un revirement que ne comprend pas la FNTP. « Ce revirement inexplicable est tout à fait inacceptable pour l’ensemble du secteur de la construction, explique Bruno Cavagné, président de la FNTP. Qui avait appris du gouvernement la nouvelle du report au 1erjanvier 2023 avec beaucoup de soulagement. Ce vote est proprement irresponsable, sachant que les engagements publics du gouvernement avaient déjà été communiqués à l’ensemble de nos entreprises. »

En conclusion, la FNTP demande « au Gouvernement de revenir à son engagement initial et souhaite être reçu en urgence par les représentants des majorités dans les deux assemblées pour en discuter ». Affaire à suivre.