Comment bien entretenir sa toupie au quotidien ?

Rédaction
29/04/2020

Si la centrale à béton est l’équipement, qui permet la fabrication du béton, la toupie est l’outil incontournable pour en assurer le transport. Son état doit donc être parfait pour garantir la qualité et la sécurité de cette prestation.

Une toupie véhicule toujours l’image du producteur du béton. C’est pourquoi elle doit être propre et en parfait état.
Une toupie véhicule toujours l’image du producteur du béton. C’est pourquoi elle doit être propre et en parfait état. [©ACPresse]

1 – Pourquoi une toupie doit-elle être dans un parfait état ?

Une toupie est un véhicule industriel destiné au transport du béton. Ce dernier a une densité de 2,4 t/m3, ce qui représente une cargaison de 18 t pour un volume de 7,5 m3… Le poids total en charge d’un tel véhicule atteint donc les 32 t sur la route. Il est donc essentiel qu’il soit parfaitement sûr. Son bon état en est la garantie première.

Une toupie représente aussi l’image de l’entreprise de production de béton prêt à l’emploi à laquelle elle est rattachée. C’est elle que le client voit en premier quand elle arrive sur le chantier avec sa cargaison. Le parfait état de ce véhicule est donc le gage de la qualité du matériau qu’il contient. Et, de facto, du producteur de BPE. 

2 – Quels sont les vérifications et les entretiens que doit effectuer le chauffeur d’une toupie avant de prendre son service ? 

Ce contrôle commence par une vérification visuelle du véhicule et de ses organes de sécurité.
Ce contrôle commence par une vérification visuelle du véhicule et de ses organes de sécurité. [©ACPresse]

Le chauffeur de la toupie a l’obligation professionnelle de faire un check-up complet de son véhicule avant de commencer sa tournée. 

Ce contrôle commence par une vérification visuelle du véhicule. Cela va de l’état des pneumatiques à la propreté des organes de sécurité, comme les rétroviseurs, la caméra de recul ou le panonceau “Interdiction de doubler par la droite”. La propreté générale du véhicule est confirmée en même temps. 

Ce contrôle commence par une vérification visuelle du véhicule et de ses organes de sécurité.
Ce contrôle commence par une vérification visuelle du véhicule et de ses organes de sécurité. [©ACPresse]

Vient ensuite le test des organes de sécurité : plaques minéralogiques, caméra de recul, feux flash de recul ou encore de l’avertisseur de recul sonore. Si besoin, le chauffeur peut se faire aider par le centralier pour confirmer le bon fonctionnement de tel ou tel organe. Le bon fonctionnement et la propreté de l’éclairage général (feux avant et arrière, clignotants…) sont aussi contrôlés durant cette étape. 

Le plein de la bombonne à eau est fait à l’issue de ces vérifications. Et, surtout, la cuve de la toupie est mise en mode “vidange” pour s’assurer qu’elle est bien vide et sèche (il peut pleuvoir durant la nuit…). Enfin, il ne faut pas oublier un coup d’œil sur le niveau de carburant.

3 – Une fois le béton livré sur site, y a-t-il des opérations à réaliser immédiatement ?

La situation idéale est quand le chantier dispose d’une aire de lavage équipée d’un big bag. Dans ce contexte, le chauffeur peut réaliser un nettoyage rapide de sa toupie et vidanger les résidus de béton frais encore présents dans la cuve. 

Mais le cas le plus courant est l’absence, sur chantier, de ces dispositifs. Alors, la seule chose possible est de vider, dans la cuve, l’essentiel de la bombonne d’eau pour délayer les résidus de béton. Cela permet de pré-rincer la cuve, qui sera vidangée, puis lavée dès le retour à la centrale. 

En revanche et quelle que soit la situation, le chauffeur a l’obligation de nettoyer la goulotte avant de quitter le chantier. Histoire de ne pas perdre de résidus de béton sur le chemin du retour… Les toupies les plus récentes disposent de goulotte anti-pertes, ce qui n’interdit pas de veiller à leur propreté.

4 – Que doit faire le chauffeur lorsqu’il est de retour à la centrale à béton ? 

Le lavage de la cuve est absolument obligatoire dès lors qu’un béton spécial a été transporté.
Le lavage de la cuve est absolument obligatoire dès lors qu’un béton spécial a été transporté. [©ACPresse]

Laver la cuve constitue l’étape indispensable. Cela pallie les risques de pollution entre deux types de bétons différents (celui qui a été transporté et celui qui le sera à la tournée suivante). En même temps, cette action réduit le volume des dépôts de béton durci. Ces derniers finissant toujours par s’accumuler un peu dans la cuve. 

Le lavage de la cuve est absolument obligatoire dès lors qu’un béton spécial a été transporté. Par spécial, le transporteur entend béton peu hydraté, béton à projeter, par exemple. 

Lors de son passage à la centrale, le chauffeur ne doit surtout pas oublier de refaire le plein de sa bombonne d’eau. De même que vérifier la propreté de la toupie dans son ensemble 

Le cas échéant, le chauffeur peut profiter de son temps d’attente pour parfaire la propreté de sa toupie. En effet, cette dernière représente le producteur de BPE tout le temps

5 – Quelles sont les opérations d’entretien complémentaires à réaliser en fin de service ? 

La toupie doit rejoindre son stationnement en parfait état et être prête pour le service.
La toupie doit rejoindre son stationnement en parfait état et être prête pour le service. [©ACPresse]

A vrai dire, les opérations de fin de service sont les mêmes que durant le service : propreté de la toupie, propreté de la cuve, plein d’eau. La laitance du béton s’élimine très bien, quand elle est fraîche et beaucoup moins bien une fois sèche… 

La toupie doit rejoindre sa place de stationnement pour la nuit en parfait état. Et être prête pour le service du lendemain (ce qui ne supprimera pas les étapes de contrôle d’avant service).

6 – Quels sont les risques si l’entretien courant est mal effectué ?

Trois risques majeurs peuvent être identifiés :

  • surcharge de la toupie,
  • dégradation de l’image véhiculée et,
  • capacité financière à la baisse au moment de la revente

Un poids lourd en surcharge constitue un danger sur la route, car ses dispositifs de sécurité (système de freinage en particulier) sont sursollicités. Le moteur est aussi mis à contribution au-delà de ses limites. La surcharge potentielle est due aux résidus de béton, qui sont pris au fond de la cuve au fil des tournées. Aussi, la rigueur du nettoyage opérée par le chauffeur est essentielle pour limiter ces dépôts. Pour sa part, le locatier JMS pèse chacune de ses toupies une fois tous les trois mois pour vérifier qu’il n’y a pas de dérive au niveau de leur poids à vide. Si la présence de béton durci est constatée dans la cuve, une opération de déplombage est organisée. 

Cette intervention trimestrielle est aussi le moment pour réaliser une vérification complète de l’état de la toupie. Ou pour effectuer les graissages complémentaires…

Sujet réalisé en collaboration technique avec Raphaël Guiller, responsable exploitation et logistique de Bétons Solutions Mobiles et Jean-Marc Ségué, directeur de JMS Services

Sujet réalisé en collaboration technique avec :

Raphaël Guiller, responsable exploitation et logistique de Bétons Solutions Mobiles et Jean-Marc Ségué, directeur de JMS Services. Septembre 2018

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