Comment bien choisir son béton prêt à l’emploi ?

Rédaction
03/05/2017

Commander un béton “comme hier” ou “comme d’habitude” fait partie des écueils à éviter, si l’on veut supprimer le risque d’erreur à la livraison. Le choix du béton est de la responsabilité du commanditaire, mais le fabricant se doit d’avoir un rôle de conseil et d’accompagnement.

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Un béton n’est pas un produit disponible tout de suite. La commande doit être anticipée : à J – 1, en général. [©ACPresse]
Un béton n’est pas un produit disponible tout de suite. La commande doit être anticipée : à J – 1, en général. [©ACPresse]

Qui, aujourd’hui, est responsable du choix du béton pour la construction d’un bâtiment ou d’un ouvrage ?

Pour choisir son béton, l’entreprise s’appuie sur les préconisations du bureau d’études structures, qui définit les résistances nécessaires, et aussi sur les plans de l’ouvrage à réaliser. Le fournisseur de béton ne peut être que conseil.

Etape par étape, quels sont les critères que l’on doit retenir pour choisir son béton ?

La qualité, la quantité et l’heure de livraison souhaitée constituent les trois critères essentiels. Pour mémoire, la qualité sous-entend classe de résistance, classe d’environnement, fluidité et granulométrie. 

Le conseil fait partie intégrante de la mission du BPE. Mais il ne touche jamais la classe de résistance, de la seule responsabilité du commanditaire. [©BSM]
Le conseil fait partie intégrante de la mission du BPE. Mais il ne touche jamais la classe de résistance, de la seule responsabilité du commanditaire. [©BSM]

Côté BPE, le centraliste doit demander l’usage, qui sera fait de ce béton (réalisation d’une dalle, d’un voile, d’un poteau…), ainsi que la cadence à laquelle le coulage sera réalisé. Ceci doit permettre de déterminer le besoin en moyen d’approvisionnement (nombre de toupies). Le but est d’éviter que le client se retrouve avec un béton, qu’il ne pourra pas mettre en œuvre, car trop ferme ou trop fluide par exemple, ou d’éviter encore qu’il y ait un embouteillage de toupies à l’entrée du chantier. 

De facto, le conseil fait partie intégrante de la mission du BPE. Mais il ne touche jamais la classe de résistance, de la seule responsabilité du commanditaire. Au-delà du conseil, c’est un véritable échange, qui doit s’instaurer, d’autant plus que le coulage ou l’ouvrage à réaliser sont complexes. Il faut travailler de concert. Produire un béton robuste, avec des caractéristiques précises et le livrer à la cadence demandée sont un véritable métier, dont les contraintes ne sont pas toujours connues ou prises en compte par les entreprises.

C’est au fournisseur de BPE de déterminer les moyens à mettre en œuvre (nombre de toupies en particulier), pour répondre aux besoins de son client. [©BSM]
C’est au fournisseur de BPE de déterminer les moyens à mettre en œuvre (nombre de toupies en particulier), pour répondre aux besoins de son client. [©BSM]

Quels sont les écueils à éviter absolument ? Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous constatez ?

L’habitude de commande peut conduire à des erreurs. Aussi, le béton “comme hier” ne devrait pas faire partie des options possibles !

Côté BPE, le piège est d’accepter toutes les commandes, qui entrent, en espérant que “ça passera”. A un moment, il y aura saturation et le client appellera pour savoir où est “sa” toupie… Le dialogue, la confiance et la transparence sont donc les trois piliers d’une bonne collaboration. Et la localisation par GPS des toupies, une réponse adéquate…

Quelle est la responsabilité du fournisseur de BPE dans ce qu’il livre ? Quelles sont aussi ses obligations ?

Dans le cas d’un béton à composition prescrite (BCP), la responsabilité du bétonnier s’arrête au mélange des matières premières. Toutefois, ce type de béton, que l’on peut faire entrer dans la catégorie “bétons d’ingénierie”, reste l’exception. 

Pour tous les autres bétons, le BPE se doit de fournir, ce qui lui a été commandé, en qualité, en délais et en fluidité aussi. Il s’agit bien entendu de la fluidité arrivée sur chantier et non uniquement au départ de la centrale. Au fournisseur de mettre les moyens en place pour le garantir et ainsi éviter les ajouts d’eau sur chantier. 
Bon à savoir : 10 l rajoutés dans 1 m3de béton fait perdre 1 MPa de résistance finale.

La normalisation impose sur les centrales NF un contrôle tous 400 m3 de bétons produits (et tous les 150 m3 pour les centrales non NF).  [©BSM]
La normalisation impose sur les centrales NF un contrôle tous 400 m3 de bétons produits (et tous les 150 m3 pour les centrales non NF). [©BSM]

Que se passe-t-il, une fois, le béton commandé ? Qui fait quels contrôles et à quels moments ?

Un béton n’est pas un produit disponible tout de suite. La commande doit être anticipée : à J – 1, en général. Le fournisseur doit pouvoir anticiper le transport comme le contrôle des bétons spéciaux. La normalisation impose sur les centrales NF un contrôle tous 400 m3de bétons produits (et tous les 150 m3pour les centrales non NF). 

Sinon, pour les commandes spéciales, il y a une réception obligatoire sur chantier. Il est donc nécessaire de l’anticiper aussi. 
D’une manière générale, il est aussi possible de réaliser un contrôle au départ de la centrale et un contrôle à l’arrivée, ce qui permet de faire des ajustements pour toujours plus de qualité. 

Enfin, le client devient responsable du béton qu’il a commandé, dès lors qu’il a signé le bon de livraison ou qu’il a agi, d’une manière ou d’une autre, sur le béton (rajout d’eau par exemple, ce qui est pourtant interdit par la norme).  

Sujet réalisé en collaboration avec
Philippe Tibère, Président de Béton Solutions Mobiles

Le client devient responsable du béton qu’il a commandé, dès lors qu’il a signé le bon de livraison ou qu’il a agi, d’une manière ou d’une autre, sur le béton. [©BSM]
Le client devient responsable du béton qu’il a commandé, dès lors qu’il a signé le bon de livraison ou qu’il a agi, d’une manière ou d’une autre, sur le béton. [©BSM]

Le béton, comme je veux

Créée en 2013, Béton Solutions Mobiles intervient, en Ile-de-France, dans la fabrication, la commercialisation, la livraison et l’assistance dans le béton prêt à l’emploi. Sa particularité est de proposer l’installation d’unités de production sur les sites des entreprises, qui en font la demande, les centrales fixes devenant alors des solutions de secours. 

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