Alkern : « Nous sommes sur une stratégie de croissance externe »

Frédéric Gluzicki
05/01/2019

Depuis le mois de janvier 2019, Pascal Casanova a pris les rênes d’Alkern. L’occasion de faire un point sur la santé du groupe et de connaître ses perspectives de développement.

Retrouvez cet article dans Béton[s] le Magazine n° 82

Pascal Casanova est le nouveau Pdg du groupe Alkern. [©ACPresse]
Pascal Casanova est le nouveau Pdg du groupe Alkern. [©ACPresse]

Vous avez rejoint Alkern il y a quelques mois. Comment s’organise à présent le groupe ?  

Pascal Casanova : Alkern s’articule autour de trois pôles d’activités : “bâtiment”, “travaux publics” et “aménagements”. A ceci s’ajoute une direction industrielle, en charge de la gestion de l’ensemble de nos sites de production. J’ai rejoint Alkern en début d’année pour prendre les fonctions de Pdg, dans la continuité de Bertrand Bedel. Ce dernier demeure toutefois présent au comité de surveillance du groupe, détenu. Chequers Capital.

D’un point de vue historique, Alkern est issu de l’activité Tarmac en France. La marque a été créée en 2010. En 2014, l’industriel Duroux est intégré au groupe, lui permettant l’élargir son expertise en aménagements extérieurs et en blocs béton. Enfin, il y a quelques mois à peine, nous avons repris la totalité des activités de Marlux France. 

Aujourd’hui, Alkern compte quelque 1 000 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de plus de 200 M€. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette dernière acquisition ? 

Comme Duroux, Marlux est un spécialiste des produits en béton destinés aux aménagements extérieurs. Grâce à lui, Alkern obtient une couverture plus complète du territoire national. Cette acquisition fait suite au souhait de Stradal de se désengager de cette activité. Toutefois, la marque en tant que telle reste la propriété de CRH. De fait, elle devrait disparaître du paysage français, du moins pour ce qui nous concerne.  

D’une manière générale, Alkern a une stratégie de croissance externe. Aussi, le groupe est à l’affût des opportunités… A l’heure actuelle, nous sommes très orientés “bâtiment”. Nos axes de croissance vont donc vers des compléments de gamme. Mais aussi vers un développement sur des marchés sur lesquels nous sommes moins présents…

Mais quels sont les marchés sur lesquels vous intervenez ? 

Comme je viens de le préciser, le bâtiment reste notre marché phare, mais nous constatons qu’il évolue. Ainsi, la maison individuelle est en baisse structurelle, surtout depuis 2008. De fait, nous orientons notre stratégie en direction du tertiaire et du petit collectif. Et nous avons les produits en conséquence, tel le bloc Kosmo R1, qui intègre la mousse minérale isolante Airium de LafargeHolcim. Ce bloc est très bien adapté au petit collectif justement. 

La maison individuelle constitue aussi un marché pour l’aménagement. Autant le neuf est cyclique, autant la rénovation est récurrente et plus positive. 

Enfin, le secteur des aménagements publics est un marché sur lequel nous sommes encore peu présents. Mais les choses devraient évoluer avec notre nouvelle gamme de pavés drainants. L’un des produits est formulé sur la base de coquilles Saint-Jacques broyées comme granulats de substitution. Il est décliné en six teintes, mais d’autres couleurs sont possibles, en fonction de la demande des clients. 

Par ailleurs, Alkern est présent en assainissement, mais sur certains territoires, comme le Rhône-Alpes – Auvergne et le Sud-Ouest. Et aussi en Belgique…

Quels sont vos autres axes stratégiques de développement ?

Nous avons la chance d’avoir des actionnaires, qui souhaitent nous accompagner dans nos investissements. Ce qui laisse entrevoir de belles perspectives de développement à moyen terme. Le premier axe sera celui de la refonte de notre gamme de produits d’aménagement. Une nécessité suite à l’intégration de l’offre Marlux. Le second axe sera d’aller vers des produits spécialisés et différentiants. 

A plus long terme, l’axe de l’éco-construction apparaît comme une évidence. Le pavé à base de coquillages broyés n’en est que le premier exemple. L’économie circulaire à travers le recyclage et les matières premières bio-sourcées devraient suivre rapidement dans nos offres. 

Propos recueillis par Frédéric Gluzicki

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