Squelette d’une architecture sans fonction, mue par un automate, l’installation “Cénotaphe” du jeune artiste Thomas Garnier met en scène un paysage urbain sous forme de Lego en béton fibré, qui se construit et se déconstruit tout à la fois.

L’installation “Cénotaphe” se voit à deux niveaux : le dessus représente la ville en devenir et le sous-sol les rebuts de cette architecture. [©Thomas Garnier]
L’installation “Cénotaphe” se voit à deux niveaux : le dessus représente la ville en devenir et le sous-sol les rebuts de cette architecture. [©Thomas Garnier]

L’installation “Cénotaphe” de Thomas Garnier oscille entre ruines, ville abandonnée et architecture minimaliste. Ce n’est pas tant un mausolée qu’une pyramide architecturale. Cette installation fonctionne sur la base d’un automate aveugle, capable de construire et déconstruire un paysage urbain grâce à un treuil. Ce paysage est formé de Lego en béton de 3 à 5 mm d’épaisseur (dallettes). Paysages en chantier et en construction, abandonnées après leur édification. « Ce qui m’intéresse dans ce villes fantômes, c’est l’entre-deux, l’architecture renonçant à sa fonction première. Ces villes atteignent une forme d’expression artistique, comme une sculpture vivante », souligne Thomas garnier, en résidence depuis deux ans au Studio national des arts contemporains, dit “Le Fresnoy”, à Tourcoing (59).

Filmée, l’installation apparaît comme une ville à taille réelle. [©Thomas Garnier]
Filmée, l’installation apparaît comme une ville à taille réelle. [©Thomas Garnier]

Une installation à deux niveaux

Les humains ont disparu. N’ont-ils jamais existé d’ailleurs ? Il ne reste plus qu’un robot, qui continue sa tâche absurde. Mais comme “cette machine” n’a pas d’intelligence, elle ne voit pas les erreurs et elle peut construire dans le vide et là, tout s’écroule. Une cascade d’erreurs en chaîne se produit alors.

Dans une première pièce, l’installation apparaît sur écran géant, filmée par une caméra, de sorte que l’on est immergé dedans. « Même si cela se fait à une petite échelle, type maquette d’architecture, on dirait que c’est une ville à taille réelle. » Dans une seconde salle, on découvre la maquette telle qu’elle est, entourée de verre et de glace sans tain : 1,50 m sur 1,50 m sur 2 m de haut. Ce qui entraîne des jeux d’optique dans un paysage, qui se démultiplie. « Lorsqu’un bâtiment s’élève grâce à l’automate, on a l’impression d’être dans une ville à perte de vue. » Jeu entre la réalité et les reflets. L’installation se voit à deux niveaux : le dessus représente la ville en devenir et le sous-sol les rebuts de cette architecture, qui s’effritent au gré de l’automate et forment des tumulus, des pyramides de déchets en béton. « C’était la première fois que j’utilisais le béton comme médium. Ca a été un travail expérimental. Je n’ai qu’un seul mot à dire : surprenant ! »

Le sous-sol de l'installation est composé de rebuts de cette architecture, qui s’effritent au gré de l’automate et forment des tumulus, des pyramides de déchets en béton.
Le sous-sol de l’installation est composé de rebuts de cette architecture, qui s’effritent au gré de l’automate et forment des tumulus, des pyramides de déchets en béton. [©Thomas Garnier]

Muriel Carbonnet

Plus d’infos ici.

Installation présentée à Lyon lors du Festival “Mirage” aux Subsistances, du 3 au 7 avril et en Pologne, à la Biennale Wro, à Wrocław, du 15 mai au 15 juin.

Vous avez aimé cet article, et avez envie de le partager ?

Réagir à cet article