Restaurant scolaire Notre-Dame de Pamiers : De brique et de béton

Rédaction
06/04/2019

Contemporaine par son volume simple, l’extension de l’institution Notre-Dame, à Pamiers (09), tire le fil de l’histoire et l’inscrit dans celle de la ville. Elle relève d’un savant mariage de la brique pleine et du béton brut laissé apparent.

Cet article est à retrouver dans le hors-série n° 23 “Bétons et Architectures”

Vue de la façade intérieure du réfectoire, du préau et du parc de l’établissement. Au fond, le bâtiment existant. [©Cros & Leclercq Architectes]
Vue de la façade intérieure du réfectoire, du préau et du parc de l’établissement. Au fond, le bâtiment existant. [©Cros & Leclercq Architectes]

L’institution privée Notre-Dame, qui accueille près de 850 élèves, est installée dans un ancien couvent des cordeliers. Dans le centre historique de la ville ariégeoise de Pamiers. Elle appartient à l’association Jeanne-de-Lestonnac, du nom de la nièce de Montaigne. Qui fonda à l’aube du XVIIesiècle une compagnie chrétienne dédiée à l’éducation des jeunes filles…

La construction de son nouveau réfectoire, en extension du bâtiment principal, le long de la petite rue du Portail-Rouge, au Sud de la parcelle, a été l’occasion de remplacer le mur dégradé de soutènement et de clôture. Et de redéfinir sa présence urbaine, autant que de faire évoluer l’organisation interne autour du parc qu’elle abrite. 

Contemporanéité de l’édifice

L’extension s’étire sur 78 m de longueur d’Est en Ouest et comprend différents espaces de restauration. Séparé des autres par la zone de cuisine, celui de la maternelle occupe l’extrémité Est. En totalité vitrée au Nord sur le parc, la plus grande salle accueille les élèves de primaire et du collège. Elle bénéficie d’une double hauteur, grâce au prolongement du volume du local technique situé en étage, au-dessus de la cuisine.

Une paroi de verre amovible la distingue de l’espace réservé aux lycéens tourné vers le patio dégagé à l’extrémité Ouest. A côté de la salle de restauration des enseignants.

Sur toute la longueur de l’extension, un préau couvert crée une distance vis-à-vis du parc. Et permet de patienter à l’abri.

Façade principale vue depuis le bas de la rue du Portail Rouge. [©Cros & Leclercq Architectes/Antoine Bonnafous]
Façade principale vue depuis le bas de la rue du Portail Rouge. [©Cros & Leclercq Architectes/Antoine Bonnafous]

Côté rue, un long mur de brique pleine de 10 cm d’épaisseur, de fabrication artisanale, constitue la façade Sud. Par son traitement, il affirme l’identité de l’établissement vis-à-vis de l’extérieur, son statut d’équipement. Et participe à la qualité de l’espace public qui le borde. Il est percé de quelques claustras, laissant passer la lumière dans le réfectoire, mais pas les regards. Conformément au souhait de la maîtrise d’ouvrage.

En partie enterré, il suit la pente de la rue pour rejoindre le niveau le plus bas, qui correspond à celui du parc de l’institution. A cet endroit, un retrait couvert par un léger porte-à-faux révèle la présence du bâtiment et marque l’accès livraison de la cuisine. Dans la continuité de la sous-face de l’encorbellement, une ligne horizontale de béton, incrustée dans le mur dont il assure la stabilité, signale la contemporanéité de l’édifice. 

Aspect brut de décoffrage

Toute la structure – voiles, planchers, sols et poteaux – est en béton gris traditionnel coulé en place, à l’exception de la partie de soutènement réalisée en murs à coffrage intégré (MCI) de 20 cm d’épaisseur. Laissé apparent, son aspect permet d’apprécier la qualité des bétons obtenue par l’entreprise toulousaine de gros œuvre TEBMP, qui a utilisé des banches métalliques pour atteindre la finition lisse et nette recherchée. Implantés suivant une trame de 6 m, les poteaux circulaires renforcent la lisibilité de la structure, qui contribue à l’ambiance intérieure. Pour le préau, la série de poteaux de section carrée de 25 cm de côté, placés tous les 3 m, associée au bois de mélèze des menuiseries et du parement de façade lui donne des allures de cloître. Certains de ces poteaux contiennent les descentes d’eau pluviale.

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Sur la rue du Portail Rouge, la façade principale est percée de claustras. [©Cros & Leclercq Architectes/Antoine Bonnafous]

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Intérieur de la salle de restaurant principal. Vue en direction du patio. [©Cros & Leclercq Architectes/Antoine Bonnafous]

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Vue sur le préau extérieur et sur le patio depuis le bâtiment existant. [©Cros & Leclercq Architectes]

« Compte tenu de la valeur patrimoniale des édifices existants qui constitue l’environnement bâti du projet – le site est classé monument historique –, les matériaux se devaient d’être authentiques, qualitatifs et pérennes », affirment les architectes de Cros & Leclercq Architecture, dont le bâtiment a reçu le prix de la première œuvre de l’Equerre d’argent 2018. Pour le béton comme pour la brique, leur mise en œuvre témoigne du savoir-faire des entreprises et contribue à respecter l’histoire comme l’identité du site.

Eve Jouannais

Repères

Maître d’ouvrage : Association immobilière Jeanne-de-Lestonnac
Maître d’ouvrage délégué : Icade Promotion Solidarité Patrimoine
Maître d’œuvre : Cros & Leclercq Architectes
Gros œuvre : TEBMP BPE : Lafarge France
BET structure : EBM
Durée du chantier : 16 mois
Montant du marché : 1,33 M€ HT

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Cet article est à retrouver dans le hors-série n° 23 Bétons et Architectures