Depuis quelques mois, la halle n° 2 de l’usine Rector de Tournefeuille (31) assure la préfabrication de prédalles et de prémurs. Cet outil de production a nécessité un investissement de 20 M€. Présentation.

La halle n° 2 de l’usine Rector de Tournefeuille (31) se développe sur une superficie de 7 700 m2. [©ACPresse]
La halle n° 2 de l’usine Rector de Tournefeuille (31) se développe sur une superficie de 7 700 m2. [©ACPresse]

C’est au tout début du XXIe siècle que Rector a commencé son aventure toulousaine. « Nous avons acquis le terrain de Tournefeuille en 2001, rappelle Thierry Boutonnet, directeur régional Rector et responsable de l’usine. Deux ans plus tard, une première halle était mise en service pour la production de poutrelles sur carrousel… »

La montée en puissance fut rapide, puisque dès 2005, une ligne de préfabrication de poutrelles BA a été intégrée au dispositif, suivie douze mois après par la construction d’une travée complémentaire, abritant un banc dédié aux poutrelles précontraintes. 

D’une superficie de 95 000 m2, le terrain offre une belle réserve foncière, dont Rector a profité à partir de 2019 avec la construction d’une seconde halle. Quelque 7 700 m2, contre 6 500 m2 pour le premier bâtiment. « Nous avons consacré environ 20 M€ dans cette nouvelle unité de production et créé, par la même occasion, 30 emplois directs. » C’est le plus important investissement opéré par Rector en une seule fois.

Une usine de préfabrication construite en béton

Thierry Boutonnet est le directeur régional Rector et le responsable de l’usine de Tournefeuille. [©ACPresse]
Thierry Boutonnet est le directeur régional Rector et le responsable de l’usine de Tournefeuille. [©ACPresse]

La nouvelle halle est 100 % dédiée à la préfabrication de prédalles et de murs à coffrage intégré (prémurs). La production a démarré en mai 2020, en plein premier confinement Covid… Elle concernait les prédalles. Les MCI ont suivi à partir de septembre. « L’unité offre une capacité de 500 000 m2/an d’éléments de planchers, en 3 postes », reprend Thierry Boutonnet. Mais pourquoi une telle superficie ? L’idée est d’avoir un outil mixte, en mesure de répondre aussi bien à la demande en prédalles qu’en MCI, sans risque de saturation immédiate. 

Préfabricant béton, Rector a mis un point d’honneur à utiliser ce matériau pour l’érection de sa nouvelle halle, dont Calvo Tranvan Architectes a assuré la maîtrise d’œuvre. La mission de construction a été confiée à l’entreprise GBMP (Gatimel Bâtiment Midi-Pyrénées), avec des éléments de structure provenant de l’usine de Voreppe (38). Un poseur agréé était intégré au lot charpente, piloté par Rector. « Nous avons aussi travaillé avec la start-up Bloc in Bloc, qui a aidé à la conception 3D de l’intérieur du hall, afin d’avoir une représentation des volumes des outils du process vis-à-vis de la structure du bâtiment. » 

Un carrousel pour prédalles et prémurs

Zone de décoffrage des règles magnétiques et de nettoyage des tables. [©ACPresse]

L’étape de préfabrication commence par la mise en place des règles, opération automatisée confiée à un robot. [©ACPresse]

Deux robots positionnent les premières armatures sur une table de préfabrication. [©ACPresse]

Toute la nouvelle unité de production s’articule autour d’un carrousel, dont les tables mobiles constituent les éléments centraux. Ce sont elles qui déterminent la capacité de l’usine. Rector a fait installer 48 tables de 3,90 m de large pour 12,80 m de long. Des équipements issus de l’offre Weckenmann, qui a aussi fourni la machine de bétonnage, l’étuve avec son ascenseur et le poste de décoffrage des prédalles. L’autre grand partenaire est Vollert qui, lui, a installé le robot de coffrage/décoffrage, la totalité du retourneur et le système de mise à la verticale des tables pour le décoffrage des MCI. Enfin, la ligne “armatures” est signée Progress. « En fait, il y a deux lignes de préparation/préfabrication des armatures : une pour les prédalles et une pour les prémurs. Elles fonctionnent en parallèle », reprend Thierry Boutonnet. 

En termes d’organisation de la production, les lignes “prédalles” et “MCI” sont communes sur une partie du cheminement et spécifiques sur une autre. Ainsi, le coffrage des règles, le bétonnage et le décoffrage/nettoyage constituent une ligne unique. Celle-ci se divise en deux au niveau des postes d’armatures, de retournement ou encore de l’évacuation des éléments finis.

Le choix de Bibko, Pemet et Stimm

Une partie de la préparation des armatures doit se fait de manière manuelle. [©ACPresse]

Les prédalles sont toujours réalisées à façon, autorisant des formes précises. [©ACPresse]

Bétonnage d’une table de préfabrication. [©ACPresse]

 

Toujours côté équipements, la nouvelle halle a vu aussi l’implantation de la seconde centrale à béton du site. Rector a choisi d’opérer avec l’industriel Stimm, qui a fourni une installation clefs en main. Cette dernière s’articule autour d’un malaxeur Pemat d’une capacité de 1,5 m3« Le module de malaxage a été dimensionné pur permettre l’intégration d’un second malaxeur, dans la cadre de nos développements futurs. » Cette unité de production du béton compte trois silos à pulvérulents et un traditionnel ensemble de stockage des granulats. Enfin, une unité de traitement des eaux de process Bibko complète la centrale à béton.

De même, la production de MCI impose des équipements spécifiques destinés à l’entreposage, puis au transport. A ce niveau, Rector a fait fabriquer une centaine de racks par le Normand Montery Gaillardet, bien connu aussi pour ses centrales à béton sur mesure. 

Des prémurs matricés dès la fin de l’année 2021

Retourneur prêt à l’action, dans l’attente de l’arrivée de la partie fraîchement bétonnée. [©ACPresse]
Retourneur prêt à l’action, dans l’attente de l’arrivée de la partie fraîchement bétonnée. [©ACPresse]

Tout comme le matériel, les matériaux constituent l’autre planche de salut indispensable à la production… Ainsi, le ciment est un CEM I 52,5 R, originaire de la cimenterie Ciments Calcia de Bussac (17). Les granulats, eux, proviennent des Sablières Malet (groupe Colas). Quant au filler calcaire – c’est-à-dire l’apport de fines -, il est produit par Omya. « Au niveau de l’adjuvantation, nous travaillons avec Chryso, qui a su nous apporter la meilleure réponse technique par rapport à nos besoins et nos contraintes. » Les huiles de décoffrage, végétales, sont aussi des produits Chryso. 

Les développements dont parle Thierry Boutonnet concernent les MCI. L’unité de production est, d’ores et déjà, dimensionnée pour l’aménagement des postes de délestage nécessaires. La première variante qui sera proposée à partir de la fin de l’année 2021 verra l’arrivée de MCI matricés. « Nous sommes en train de définir un panel de finitions standards, mais nous serons aussi en mesure de proposer des réponses spécifiques. » Ainsi, le second malaxeur pourrait être celui destiné à la production de bétons blancs ou colorés… 

Tout juste démoulés, les prémurs vont être disposés à l’intérieur de racks dédiés à cet usage. [©ACPresse]
Tout juste démoulés, les prémurs vont être disposés à l’intérieur de racks dédiés à cet usage. [©ACPresse]

Une nouvelle offre de prémurs isolés

L’autre grande innovation à venir au sein de l’usine Rector de Tournefeuille est l’entrée en production de MC2I, c’est-à-dire de Prémurs Isolés. Ce produit fait peu à peu son entrée dans la gamme de l’industriel alsacien. Pour l’heure, il est disponible sur l’Ile-de-France où Rector possède une usine en capacité de le produire. « Ce produit est sous Atec de type A, mais devrait passer prochainement sous Avis technique », précise Côme Lesage, responsable marketing stratégique et stratégie du développement international de Rector.

Grâce à sa production, l’unité toulousaine de Tournefeuille couvre une large zone de chalandise. Celle-ci se développe de Montpellier à Bordeaux, en passant par l’Aveyron, au Nord. Et en descendant jusqu’aux Pyrénées, au Sud. « Nos clients sont principalement des PME régionales de construction. Des entreprises qui interviennent dans le logement et les petits collectifs », conclut Thierry Boutonnet.

Prémurs en racks, dans l’attente de leur livraison. [©ACPresse]
Prémurs en racks, dans l’attente de leur livraison. [©ACPresse]

 

Frédéric Gluzicki