Paris : Les quatre saisons de la Villa M

Rédaction
14/08/2020

A Paris, l’Atelier Triptyque et le designer Philippe Starck livrent la Villa M. Cet hôtel multifonctionnel se veut tourné vers la santé et ouvert vers la ville. Le choix des matériaux comme l’architecture du lieu répondent à cette double vocation.

Côté rue, la façade de la Villa M a été pensée tel un exosquelette qui s’articule autour d’éléments métalliques porteurs.
Côté rue, la façade de la Villa M a été pensée tel un exosquelette qui s’articule autour d’éléments métalliques porteurs. [©ACPresse]

De prime abord, c’est un jardin, aérien, vertical. Et changeant, au fil des saisons. Il s’inscrit dans la façade même de la Villa M, un hôtel multifonctionnel tourné vers la santé. L’édifice prend place au cœur du XVe arrondissement parisien. La façade est très ouverte vers la ville. Elle a été pensée tel un exosquelette qui s’articule autour d’éléments métalliques porteurs réalisés hors-site, puis assemblés su le chantier. « Les poutrelles en “I” ont été tournées pour accueillir de larges bacs destinés à accueillir la végétation », explique l’architecte Olivier Raffaelli, co-fondateur de l’Atelier Triptyque. Le choix du métal permet une économie de matière, donc une plus grande finesse du support. De quoi laisser davantage de volume disponible pour la terre végétale. « L’architecture est mise au service du paysage. »

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Délivrer des bétons bruts en sous-face de planchers faisait partie des exigences techniques...
Délivrer des bétons bruts en sous-face de planchers faisait partie des exigences techniques… [©ACPresse]

La structure de la façade fonctionne comme un treillis métallique géant, faisant écho à l’architecture parisienne développée au début du XIXe siècle. L’ossature métallique se prolonge à l’intérieur du bâtiment, jusqu’à la ligne de poteaux en béton armé. Les planchers de cette première trame sont dissociés de la façade-treillis, mais sont supportés par des poutrelles métalliques. La mixité des matériaux dans sa plus pure tradition. L’interstice ménagé entre les planchers et la façade permet la mise en place d’un mur-rideau toute hauteur, assurant la fermeture du bâtiment, côté rue.

Philippe Starck à la manœuvre

L’ossature métallique se prolonge à l’intérieur du bâtiment et supporte les planchers en béton de la première trame.
L’ossature métallique se prolonge à l’intérieur du bâtiment et supporte les planchers en béton de la première trame. [©ACPresse]

Au-delà de la première trame, la superstructure redevient tout à fait classique, en béton. « Dès que nous n’avons plus eu besoin du rôle spécifique du métal, nous sommes repassés à une construction plus rationnelle, en béton, matériau qui reste moins cher à l’usage que l’acier », reprend Olivier Raffaelli. Apportant une très grande inertie, tout à fait adaptée en habitat, les bétons internes de la Villa M sont aussi très soignés au niveau des plafonds. « Le designer Philippe Starck fait partie de l’équipe créative intervenant pour le compte du groupe Pasteur Mutualité, maître d’ouvrage de la Villa M. Il assure la direction artistique du projet et pilote l’ensemble des aménagements intérieurs. » Délivrer des bétons bruts en sous-face de planchers faisait donc partie des exigences techniques… 

C’est l’entreprise Eiffage Construction Résidence – Agence de Massy qui assure la construction du bâtiment. Le béton, lui, est issu de l’offre Lafarge France. « Nous avons travaillé ensemble pour définir sa composition précise, ainsi que sa résistance et sa fluidité », détaille Mohamed Ben Dhaou, conducteur de travaux. Au final, le béton livré a été un C40/50 S4 avec un Dmax de 14 mm… 

Une pluralité de fonctions

L’interstice ménagé entre les planchers et la façade permet la mise en place d’un mur-rideau toute hauteur.
L’interstice ménagé entre les planchers et la façade permet la mise en place d’un mur-rideau toute hauteur. [©ACPresse]

La préfabrication a constitué l’autre source d’approvisionnement en béton. « Les pignons, les cages d’escaliers et les trémies d’ascenseurs sont tous réalisés en murs à coffrage intégré », reprend Olivier Raffaelli. La Maison de Santé, qui jouxte la Villa M, est elle-aussi construite en MCI fournis par IDSB.

Jouxtant la Villa M, la Maison de Santé est construite en murs à coffrage intégré fournis par IDSB.
Jouxtant la Villa M, la Maison de Santé est construite en murs à coffrage intégré fournis par IDSB. [©ACPresse]

La vocation de la Villa M est d’accompagner un “soigner mieux” et un “vivre mieux”. A l’heure de la sortie d’un confinement forcé et d’une pandémie qui n’a peut-être pas dit son dernier mot, la naissance d’un tel lieu prend un sens particulier. « Il s’agit d’un espace innovant proposant de créer de nouvelles dynamiques et de nouvelles pratiques en matière de santé. » En cours de livraison aujourd’hui, ses 8 000 m2 sont riches en fonctionnalités. Ainsi, entre les sous-sols et les deux premiers niveaux, ils concentrent une multitude d’activités, dont un espace check-up et un show-room pour les start-up du monde de la santé. Mais aussi, un espace de conférences, un autre de co-working, des chambres étudiantes, un restaurant, un bar. Et surtout un hôtel, localisé entre les niveaux 3 et 7. A cet ensemble s’ajoute une maison de santé connectée. De quoi favoriser le brassage, les échanges et l’entraide entre les différentes spécialités et les différentes générations de professionnels de santé.

Frédéric Gluzicki

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