Matériels de BTP : Le Seimat table sur + 8 % en 2020, sauf pour le béton

Frédéric Gluzicki
16/02/2021

Avec un rebond attendu de + 8 % pour les ventes de matériels de BPE, l’année 2021 ne s’annonce pas si mauvaise. Sauf pour les équipements pour le béton, qui plafonneront à + 3,5 %...

Pompes à béton stationnaires sur chantier.
Seules, les pompes à béton stationnaires ont progressé de 6 % en 2020, en nombre de matériels vendus. [©ACPresse]

« On a craint le pire ! » Ainsi, Pascal Guillemain, président du Seimat*, est-il entré dans le vif du sujet. Celui détaillant les résultats 2020 et les perspectives 2021 de la vente de matériels de BTP. « Début mars, lorsque tout s’est arrêté, nous étions inquiets. Mais finalement, la crise n’a pas été si dramatique pour l’activité. » Ceci, par rapport à ce qu’on en aurait pu en attendre… 

Dans ce contexte particulier, l’année 2020 s’est achevée avec un recul des ventes de 16 %, tous matériels confondus. Soit un passage de 2,8 à 2,2 Md€ de chiffre d’affaires pour l’ensemble des industriels représentés par le syndicat. « Le Seimat réunit 41 adhérents pour 76 marques identifiées. C’est l’équivalent de 75 % du marché du matériel en France », rappelle Pascal Guillemain. Et Pascal Petit-Jean, secrétaire général du Seimat, de compléter : « Nous n’avons eu aucune nouvelle adhésion en 2020. Sans doute, les effets indirects de la crise sanitaire. Mais nous espérons faire changer les choses cette année… »

Aussi bien qu’en 2009

Plus dans le détail, le premier semestre 2020 est celui qui a enregistré la plus forte baisse. Ce qui semble logique, avec un arrêt presque total de l’activité économique durant quelques semaines. Ainsi, à fin juin, les ventes de matériels affichaient un triste – 30 %. Mais la seconde moitié de l’année a connu un important rebond, finissant à – 3 %. Et 2021 devrait s’inscrire dans cette belle dynamique. « Nous attendons une progression de 8 % sur l’année. » Soit la vente de 52 700 matériels, contre 50 000 tout juste en 2020. Malgré tout, ce chiffre restera inférieur aux exceptionnelles 60 000 unités enregistrées à fin 2019. « Mais il ne faut pas bouder son plaisir, reprend Pascal Guillemain. L’année 2021 devrait être comparable à 2008, avec ses 53 200 matériels. Un chiffre historique. » Juste avant la chute mémorable liée à la crise des sub-primes de 2009. Mais ne jouons pas les Cassandre, cette fois-ci, la crise inattendue est passée avant… 

Centrales, pompes et toupies, plombées par le Covid

Et dans cette situation plutôt positive, qu’en est-il des matériels pour le béton ? A vrai dire, ce sont eux qui tirent le moins bien leur épingle du jeu. Ils finissent bon dernier, à -38 %. « Nous étions déjà sur une tendance baissière en 2019 et avions anticipé un recul de – 10 % en 2020 », confie Olivier Saint-Paul, responsable positionnement et réforme des statuts du Seimat. La crise du Covid a juste enfoncé le clou ! Ainsi, les toupies passent de 1 148 unités en 2019, à tout juste 819, en 2020. Soit un recul de 40 %. Les pompes automotrices terminent l’année à – 24 % (52 unités vs 68 un an plus tôt). Seules, les pompes stationnaires se distinguent, progressant de 6 %. A relativiser tout de même, car cela représente une unité en plus (soit 17 pompes en 2020 contre 16 en 2019 !). Quant aux tapis de transport du béton, ils quittent provisoirement la partie, faute de combattants… « Il n’y a plus de statistiques officielles concernant ces équipements, car il n’y a pas assez d’adhérents dans cette catégorie », précise Pascal Petit-Jean. 

Un second semestre 2021 incertain dans le béton

Dans ce contexte, l’année 2021 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Le Syndicat national du béton prêt à l’emploi (SNBPE) table sur une progression de l’activité de 1 %. De facto, les achats de matériels (centrales, pompes comme toupies) ne devraient pas exploser les compteurs. Au mieux, le Seimat espère atteindre les 3,5 % de hausse. Et encore, pas répartis de manière équitable. « Les 3,5 % constituent la version haute, conclut Olivier Saint-Paul. Plus vraisemblablement, nous nous situerons entre 0 et 3,5 %. » Sachant que, s’il y a de bonnes attentes sur le premier semestre 2021, les incertitudes planent sur le reste de l’année…

Frédéric Gluzicki

*Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage. 

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