A l’université de Lancaster, au Royaume-Uni, le groupe de recherche du professeur Mohamed Saafi développe un nouvel additif à base de nanoparticules de carottes pour un béton plus résistant et plus écologique !

Le groupe de recherche du professeur Mohamed Saafi développe un nouvel additif à base de nanoparticules de carottes pour un béton plus résistant et plus écologique. [©Fond photo créé par freepik - fr.freepik.com]
Le groupe de recherche du professeur Mohamed Saafi développe un nouvel additif à base de nanoparticules de carottes pour un béton plus résistant et plus écologique. [©Fond photo créé par freepik – fr.freepik.com]

Les carottes à la vinaigrette, le bœuf aux carottes, le gâteau de carottes… vous l’aurez compris, la carotte se mange à toutes les sauces. Riche en vitamines et en nutriments, elle améliore la vue, donne bonne mine ou rend aimable paraît-il… Tous les bienfaits de ce légume n’intéressent pas que les gastronomes et les professionnels de la santé. Et quand les ingénieurs s’en emparent, c’est pour rendre le béton plus solide et plus écologique.

La recette prend forme au sein de l’université de Lancaster, au Royaume-Uni, sous la houlette du professeur Mohamed Saafi et en partenariat avec l’industriel Cellucomp. Elle combine des nanoparticules de fibres de carottes (légumes-racines en général : carottes, betteraves), issues de l’industrie alimentaire au ciment Portland classique. « Ce mélange bénéficie de meilleures propriétés mécaniques et de micro-structures, et permet de moins utiliser de ciment, explique Mohamed Saafi. Cela réduit la consommation d’énergie et d’émissions de CO2 dans le processus de fabrication. » En effet, cette formulation joue sur plusieurs tableaux.

Contrôler la performance du béton

Les chercheurs ont pu démontrer que les nanoparticules de légumes-racines augmentent la quantité de silicate de calcium hydraté – substance qui contrôle la performance du béton – et stoppent l’apparition de fissures. Durant les essais de validation, le dosage de ciment Portland a ainsi été réduit de 40 kg/m3 de béton. Dans une industrie qui souhaite considérablement diminuer ses émissions de CO2, cette innovation compte bien s’imposer comme une solution efficace.

De plus, le groupe de recherche, qui durera encore 2 années, tentera de montrer que les nanoparticules de légumes-racines peuvent être ajoutées sur des structures existantes, pour renforcer la résistance des bétons. « Nous estimons que les feuilles à base de nanofibres végétales surpasseront les autres solutions de réparation, telles que la fibre de carbone. » L’étude du professeur Mohamed Saafi dispose d’un financement de 224 802 € du programme européen Horizon 2020. A l’issue de ces 2 ans de recherche, le groupe compte approfondir les connaissances acquises durant les tests de validation de principe et optimiser les performances du béton. Et ce, pour trouver la recette parfaite applicable au secteur de la construction.