Impression 3D : Une maison en quelques jours

Rédaction
21/09/2017

A Nantes, l’imprimante BatiPrint 3D imaginée par l’université de Nantes réalise un bâtiment de 95 m2 dans le cadre du projet Yhnova.

La triple paroi ralisé par la BatiPrint 3D est composée de deux couches de mousse polyuréthane, faisant office de coffrage et l’isolation, et d’une couche de béton structurante. [©Willy Berré]

La triple paroi est composée de deux couches de mousse polyuréthane, faisant office de coffrage et l’isolation, et d’une couche de béton structurante. [©Willy Berré]

Le 13 septembre dernier, la BatiPrint 3D s’est mise en action à Nantes, dans le cadre du projet Yhnova. En quelques jours, cette imprimante 3D montera un bâtiment de 95 m2. Né d’un consortium entre l’université de Nantes et le bailleur social Nantes Métropole Habitat, ainsi que différents acteurs du monde de la construction, le projet est une grande première en France.
La maison “imprimée”, aux murs courbes et aux angles arrondis, est directement réalisée sur place. La triple paroi, composée de deux couches de mousse polyuréthane faisant office de coffrage et d’isolation, et d’une couche de béton structurante, est mise en œuvre par le robot. Guidé par un capteur laser, ce dernier suit les plans et les formes imaginés par l’agence d’architecture Tica. « Nous avons cherché à tirer profit des libertés offertes par l’utilisation d’un robot pour l’élévation des murs, explique l’architecte, Charles Coiffier. Cette liberté se retrouve dans les volumes intérieurs, dont les larges ouvertures sur le paysage révèlent, par la lumière qu’elles offrent, de vastes espaces à vivre tout en courbes. Ce procédé constructif innovant permet, au final, aux concepteurs de prendre en considération le contexte des bâtiments, ainsi que leurs futurs habitants. »
L’imprimante BatiPrint 3D a été conçue par les équipes de recherche du Laboratoire des sciences du numérique et l’Institut de recherche en génie civil et mécanique de Nantes (44). Pour Benoît Furet, responsable du projet, professeur à l’IUT nantais et chercheur au Laboratoire des sciences du numérique, « Il est évident que la robotique de chantier va accompagner les changements drastiques autour du numérique dans la construction et le BTP. BatiPrint3 est un concept constructif, qui va trouver de nombreuses applications et pour lequel nous allons étendre les possibilités d’utilisation. »
L’impression 3D offre de nombreux avantages techniques, avec un gain de temps de réalisation, une optimisation des matériaux et des produits utilisés, esthétiques avec une plus grande liberté architecturale. Mais aussi en termes de pénibilité du travail. En effet, la robotisation des tâches limite les accidents et les TMS que la construction peut engendrer. « L’impression 3D est un atout supplémentaire et non pas une solution se substituant aux modes constructifs d’aujourd’hui, affirme Bruno Linéatte, directeur R&D de Bouygues Construction, en charge des modes constructifs bâtiment et partenaire du projet Yhnova. Elle ouvre un champ d’expérimentation incroyable pour le gros œuvre. A moyen terme, nous espérons que ces nouveaux modes constructifs permettront des gains de productivité, dont le bâtiment a bien besoin pour permettre de construire durablement des logements et des lieux de travail de grande qualité, et accessibles au plus grand nombre. »
Cette technique se développe partout dans le monde avec ce type d’initiatives. En Europe, l’industriel Sika se lance aussi dans le marché du béton et des mortiers en impression 3D…

Vous avez aimé cet article, et avez envie de le partager ?

Réagir à cet article