L’Ecima fait part de son inquiétude au nouveau gouvernement

Sivagami Casimir
01/06/2022

Pour l’Ecima, la situation des acteurs de la filière isolation se dégrade. L’association demande au gouvernement un plan de sauvegarde.

L’Ecima demande un plan de sauvegarde de la filière isolation. [©Ecima]
L’Ecima demande un plan de sauvegarde de la filière isolation. [©Ecima]

L’Ecima1 demande un plan de sauvegarde de la filière isolation. En février dernier, l’association tirait déjà la sonnette d’alarme, en particulier sur la baisse de 50 % des ventes de certains isolants. Et aujourd’hui, dans une lettre ouverte à la nouvelle ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, l’Ecima fait un état des lieux inquiétants des acteurs du secteur. Pour l’association, la situation est paradoxale. Si la rénovation énergétique semble être l’un des axes importants de la stratégie bas carbone du gouvernement, notamment avec les 6,7 Md€ mis sur la table pour l’année 2021-2022, la filière est freinée depuis septembre 2021.

En cause, la situation géopolitique et les hausses des coûts de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achat des Français, mais pas que… « On peut estimer, de par notre contact étroit avec les professionnels du secteur, que 10 % à 20 % des entreprises historiques ont déjà fait faillite, explique Charles Kirié, président de l’Ecima. Sur les entreprises restant en activité, 50 % du personnel formé et qualifié RGE a été licencié et travaille désormais dans des métiers moins pénibles. »

Un manque d’effectifs

Avec les difficultés d’embauche que la filière subit, l’association estime qu’il n’y aura pas assez d’effectifs pour répondre aux besoins réels. De plus, sous l’effet de la baisse des CEE, le “reste à charge” a trop augmenté, et beaucoup trop vite, surtout pour les ménages modestes. « Dans le contexte actuel, on peut raisonnablement penser que si le marché, bloqué artificiellement par le cours du CEE historiquement bas, ne reprend pas en septembre, il ne subsistera en 2023 que 20 % des effectifs de la profession. »

L’Ecima demande ainsi une commission de travail de 3 semaines pour la création d’un plan de sauvegarde de la filière isolation. « Afin que la commission soit la plus efficace possible, il serait essentiel que nous soyons accompagnés par le Syndicat national de l’isolation qui représente les entreprises de pose d’isolants soufflés. » Si le premier courrier envoyé à la précédente ministre de la Transition écologique était resté sans réponses, l’Ecima espère bien être entendu rapidement…

1Association regroupant les fabricants de ouate de cellulose.