La construction métallique sur la bonne pente

Sivagami Casimir
07/02/2020

Le Syndicat de la construction métallique de France (SCMF) a annoncé un bilan positif pour l’année 2019. Un bilan qui augure de bonnes perspectives pour le début de l’année 2020.

Exemple de construction métallique : Projection de la réhabilitation et de l’extension de la tour Silex, à Lyon. [©SMB/Architectes Arte Charpentier Architectes & MA Architectes]
Projection de la réhabilitation et de l’extension de la tour Silex, à Lyon. [©SMB/Architectes Arte Charpentier Architectes & MA Architectes]

Le marché de la construction métallique se porte bien. Le Syndicat de la construction métallique de France (SCMF) a annoncé un bilan positif, avec une progression de + 3,5 % (3,8 Md€) de l’activité en 2019, par rapport à 2018. Cette tendance s’accompagne aussi d’un carnet de commandes, qui représente 6 mois de production. Un bon présage pour le 1er semestre 2020. En termes de tonnage usiné, il progresse aussi de 4 %, soit 780 000 t utilisées.

« Comme souvent, l’activité du bâtiment industriel et de stockage, principal marché des professionnels de la construction métallique, tire le secteur, détaille Roger Briand, président du SMCF. Le volume de production n’a cessé de progresser depuis la fin de l’année 2015. Pour les bâtiments de stockage, il faut rappeler que les très grands entrepôts échappent aux constructeurs métalliques, au profit de systèmes constructifs alternatifs. Alors qu’en matière de sécurité incendie, l’“Ingénierie sécurité incendie” développée par le CTICM1 permet à la profession de revenir sur ce marché. Quant à celui des bâtiments agricoles, qui représente 10 % de notre secteur, il progresse lui aussi, avec une hausse de près de 5 % par rapport à 2018. »

Une filière prête pour les enjeux environnementaux

Le domaine des bureaux, bâtiments sportifs ou encore culturels s’oriente aussi sur la bonne pente. Les surfaces commerciales dérogent à la règle, en affichant une baisse de 3,5 % par rapport à 2018. « Les marchés de la rénovation et de la réhabilitation progressent significativement. Les constructeurs métalliques français disposent d’une longue expérience dans ce domaine et entendent profiter de cet axe de développement. En effet, entre autres atouts, la construction métallique, par sa légèreté, permet des surélévations de bâtiments sans nécessité de reprises onéreuses en sous-œuvre. »

Outre ce bilan et les perspectives pour l’année 2020, du côté des 800 entreprises françaises, le besoin de main-d’œuvre reste toujours un sujet majeur. Leurs effectifs ont augmenté de + 1,09 %, tandis que la part d’intérimaires s’élève à + 14,2 %. « Cette situation contraint les entreprises à multiplier les formations en interne et à investir pour robotiser et automatiser leurs unités de fabrication. »

Dans son bilan, le SCMF a voulu aussi mettre l’accent sur le développement durable, l’économie circulaire et le bilan carbone. Alors que la RE 2020 se dessine de plus en plus, le syndicat réaffirme sa pleine prise de participation dans ces thématiques, et rappelle que le secteur n’a pas attendu 2019, pour s’y engager. En effet, en France, 93 à 97 % des aciers utilisés en construction métallique sont issus du recyclage. Et la filière est déjà organisée pour le diagnostic déchets avant démolition et le réemploi.

Dans la future réglementation environnementale, le gouvernement parle d’imposer un seuil d’émission de CO2 pour toute la durée de vie des bâtiments. Pour le SCMF, ce calcul est favorable à la filière et nécessaire. « Il est indispensable, pour comparer les empreintes carbone entre matériaux, de prendre en compte l’unité fonctionnelle et non le composant dans une unité arbitraire comme le m3 ou la t. »

1Centre technique industriel de la construction métallique.

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