Alsecco, pour une ITE “haute couture”

Rédaction
24/01/2019

L’alter ego de Sto en Allemagne, Alsecco veut grandir sur le marché français, en se positionnant comme alternative sur les grosses opérations d’ITE, avec plusieurs atouts dans la manche.

Servane D'Herouel, Chargée Marketing Alsecco. [©Jonas Tophoven]
Servane D’Herouel, Chargée Marketing Alsecco. [©Jonas Tophoven]

Quelque 7 500 employés, 1,3 Md€ de chiffre d’affaires réalisé dans 40 pays, mais tout de même à 70 % en Allemagne : le groupe familial allemand DAW, plus connu en France par sa marque de peinture Caparol, est aussi un pionnier de l’ITE abordée dès la fin des années 1950. Depuis 60 ans, ses marques Capatect et Alsecco se développent sur le segment de l’ITE professionnelle. Plusieurs centaines de millions de mètres carrés de façade ont été isolés au fil des décennies, principalement en outre-Rhin. Pour sa part, l’entité Alsecco se concentre sur la commercialisation de système d’ITE en direct, emploie aujourd’hui 350 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 100 M€.

De Caparol à Alsecco

Même si Caparol revendique la place de première marque de peinture décorative en Europe, le développement du groupe DAW a longtemps été concentré sur l’Allemagne. Toutefois, la marque Caparol est présente en France depuis quarante ans. Et un site de production a été mis en service à Boves, en Picardie il y a une quinzaine d’années. C’est à partir de cette plate-forme que DAW France souhaite désormais développer les activités ITE sous la marque Alsecco. Car la démarche de développement de DAW à l’étranger est à géométrie variable. Elle s’appuie sur les marques et les sites de production existants, mais s’adapte aux conditions locales. Donc, pas d’option ITE négoce Capatect pour le moment. 
Si DAW pousse ses pions, c’est que le groupe considère que le marché français de l’ITE est actuellement porteur. Sto France ne communique pas son chiffre d’affaires, mais sa stratégie d’ensemblier direct chantier semble payante. Au sein de la compagnie de Saint-Gobain, Weber s’est positionné sur le marché de l’ITE, mais Sto et Alsecco sont mieux placés sur les enduits à grain fin. Le marché de l’ITE en rénovation, notamment pour les logements sociaux, s’est structuré et le Plan Rénovation lancé au printemps dernier fixe des objectifs précis, tout en mettant à disposition des outils financiers conséquents.

Maquette d’ITE avec plaquettes de parement Meldorfer sur isolant PSE “dalmatien”. [©Jonas Tophoven]
Maquette d’ITE avec plaquettes de parement Meldorfer sur isolant PSE “dalmatien”. [©Jonas Tophoven]

 

Plus qu’une alternative

Pour exister en France, Alsecco dispose d’un certain nombre d’atouts pour sortir du “me too”. Une offre complète, cela va de soi, avec les moyens de faire face à toutes les exigences réglementaires ou para-réglementaires comme les demandes d’Atex et les Avis techniques. S’ajoutent quelques particularités pour faire la différence. Par exemple, un isolant PSE incorporant des billes graphitées, mais sans la nécessité de protéger l’isolant des UV sur le chantier (λ = 0,032W/m.K). Des solutions déjà éprouvées en Allemagne, comme Alprotect Carbon, une ITE à très haute résistance ou la technologie Silicium Carbid, qui intègre du mica noir brillant dans l’enduit de finition. Et puis, il y a ces plaquettes de parement Meldorfer, l’alternative “haute couture” et “fait main” aux plaquettes néerlandaises d’Elastolith, qui dominent le marché de la GSB en Europe, tout en faisant aussi partie de la gamme d’ensembliers comme Sto.  
Des atouts, mais aussi des faiblesses indéniables et un retard sur le marché international de l’ITE. C’est pourquoi, en France, le groupe DAW ne va pas courir plusieurs lièvres à la fois. L’accent sera mis sur la démarche Alsecco de commercialisation en direct et sur des projets d’ampleur.

Jonas Tophoven