Matériaux de construction : Une activité en demi-teinte

Arnaud Le Brun
09/02/2026

D’après l’Unicem, une stabilité fragile de l’activité des matériaux de construction est constatée à fin octobre 2025 dans un contexte budgétaire et politique encore très incertain.

Article paru dans Béton[s] le Magazine n° 122

D’après l’Unicem, l’activité des matériaux de construction devrait se stabiliser dans les prochains mois, portée par la reprise du bâtiment neuf. [©ACPresse]
D’après l’Unicem, l’activité des matériaux de construction devrait se stabiliser dans les prochains mois, portée par la reprise du bâtiment neuf. [©ACPresse]

L’année 2025 s’est achevée sans vote de la loi de finances pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire et l’absence de majorité parlementaire, le gouvernement a finalement engagé sa responsabilité en janvier 2026, en recourant à l’article 49.3. Cette séquence budgétaire inédite entretient un climat d’incertitude, qui risque de continuer de peser sur le secteur de la construction. Pour autant, les dernières données transmises par l’Unicem suggèrent une certaine stabilisation de l’activité des matériaux de construction. En effet, en octobre 2025, la production des granulats a cédé 0,7 % par rapport à septembre. Sur les dix premiers mois de l’année 2025, le volume stagne comparé à la même période de l’année précédente (- 0,3 %). Cette constante se retrouve aussi en cumul sur les douze derniers mois, de novembre 2024 à octobre 2025 (+ 0,3 %). Une dynamique qui fait suite à un fléchissement observé du côté des travaux et à des investissements au cours de l’été. Quant au BPE, les livraisons d’octobre ont légèrement augmenté : de 0,5 % en regard à septembre. En revanche, sur les dix premiers mois de l’année, les volumes reculent de – 3,4 % par rapport à la période janvier-octobre 2024. Sur les douze mois glissants, la tendance reste identique (- 3,9 %).

Des signaux contrastés, mais une reprise en vue

Selon l’enquête mensuelle de l’Insee de novembre 2025, l’opinion des entrepreneurs de bâtiment sur leur activité future s’est un peu dégradée. En particulier dans le logement et le gros œuvre où la volatilité des derniers mois est assez marquée. Le jugement sur les carnets de commandes de ce segment suit la même tendance, interrompant l’amélioration qui s’était amorcée depuis janvier 2025. Pour sa part, l’enquête menée par la Banque de France traduit un rebond de l’activité récente du gros œuvre. Ce dernier étant soutenu par la construction de bâtiments industriels et par le résidentiel. Selon le dernier bulletin de Markermétron, les ventes des constructeurs progresseraient à 29 % sur un an à fin octobre. La hausse atteint 38 % sur le trimestre et 36 % sur douze mois glissants. Pour l’heure, la dynamique constructive se confirme dans le bâtiment. Un constat visible sur les surfaces autorisées où une progression de 11 % sur un an a été observée au 3e trimestre. Quant aux surfaces mises en chantier, elles affichent une hausse globale de 14,8 % sur la même période. Selon les dernières prévisions de la FFB, ces chiffres devraient se traduire par une reprise de l’activité du logement neuf en 2026. Ainsi, après un recul de 8,8 % en 2025, elle pourrait se redresser à 9,5 % en 2026. En revanche, les rythmes de progression des permis et des mises en chantier devraient se modérer. Le maintien du PTZ et la hausse modérée des taux de prêt à l’habitat en 2026 permettraient de préserver la dynamique des permis et des mises en chantier des maisons individuelles.

Perspectives 2026

En octobre, d’après la FNTP, l’activité des travaux publics a progressé de 2,9 % en volume par rapport à septembre. Par contre, elle a stagné sur un an et affiche une quasi-stabilité en cumul sur les dix premiers mois de l’année (+ 0,2 %). Dans le même temps, les carnets de commandes reculent de 9,8 %. Un mouvement appelé à se poursuivre à l’approche des élections municipales. Dans un climat d’incertitude politique et de consolidation budgétaire, la FNTP s’attend pour 2026 à un repli d’activité (- 3,2 %). En 2026, les matériaux de construction bénéficieraient de la croissance de l’activité prévue dans le bâtiment neuf. Mais risquent de pâtir du recul des chantiers dans les travaux publics. Dans ce contexte, selon l’Unicem, la production de BPE pourrait tout de même voir une légère augmentation au cours de l’année (+ 1 %). Tandis que l’activité granulats reculerait de – 1 %. Des perspectives qui restent toutefois dépendantes des contours politiques et budgétaires qui se dessinent en ce début d’année 2026.

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Article paru dans Béton[s] le Magazine n° 122