Le marché européen de la construction amorce sa reprise

Arnaud Le Brun
30/11/2025

D’après une étude menée par Bain & Company, le marché européen de la construction amorce un rebond mesuré, porté par la baisse des taux d’intérêt et la relance du logement.

Article paru dans Béton[s] le Magazine n°121

D’après Bain & Company, la croissance annuelle moyenne de la construction en France devrait être comprise entre 0,5 et 2,5 % jusqu’en 2028. [©ACPresse]
D’après Bain & Company, la croissance annuelle moyenne de la construction en France devrait être comprise entre 0,5 et 2,5 % jusqu’en 2028. [©ACPresse]

Après plusieurs années de turbulences marquées par l’inflation, les hausses des taux…, le marché européen de la construction s’oriente enfin vers une reprise de l’activité. Selon une étude menée, fin octobre 2025, par Bain & Company, cabinet international de conseil en stratégie, la croissance devrait s’installer entre 2026 et 2028. Une relance, déjà observable sur certains marchés nationaux, portée par la baisse de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne. Mais aussi par la reprise progressive des projets d’infrastructures et de logements. En effet, dans les pays nordiques, la croissance annuelle moyenne atteindrait 2 à 4 % d’ici 2028. Aux Pays-Bas, elle se situerait entre 1,5 et 2,5 %. Au Royaume-Uni, la progression globale devrait se stabiliser autour de 2 à 4 %.  L’Allemagne retrouverait, quant à elle, un rythme compris entre 2,5 et 5,5 %, aidée par un fonds d’infrastructures de 500 Md€. En France, le redressement serait plus timide. La croissance du secteur semble être comprise entre 0,5 et 2,5 % par an jusqu’en 2028. Le logement neuf pourrait progresser de 3 à 5 %, mais les infrastructures risquent de stagner, freinées par les contraintes budgétaires européennes. De manière générale, la construction résidentielle en Europe devrait reprendre des couleurs dès 2026. Et cela, grâce au nombre de permis de construire délivrés qui repart à la hausse. La reprise s’appuie aussi sur des taux d’intérêt plus bas, encourageant les dépenses de rénovation des ménages privés et les industriels à investir. 

Entre pénurie de main-d’œuvre et virage technologique

Des signaux tout de même encourageants, mais de nombreux défis restent encore à relever. D’après le rapport de Bain & Company, la pénurie généralisée de main-d’œuvre limite le potentiel de la construction en Europe. De plus, le taux des postes vacants dans le secteur serait bien plus élevé que dans d’autres filières. Le vieillissement des équipes et l’afflux limité de jeunes travailleurs pèsent sur la capacité à livrer des chantiers. Pour y remédier, les entreprises accélèrent la numérisation, la robotisation et l’industrialisation des process. Les chantiers connectés, la préfabrication et les outils d’IA deviennent des leviers de productivité incontournables. Ceci, afin d’obtenir des gains en termes de coûts, de qualité et de rapidité d’exécution sur le terrain. Bain & Company conseille d’ailleurs aux acteurs du secteur de définir des feuilles de route claires pour exploiter ces technologies de façon pragmatique. A moyen terme, la croissance européenne dépendra de la stabilité économique. En cas de retour des tensions commerciales ou d’une remontée de l’inflation, la dynamique pourrait s’essouffler. Mais à l’heure actuelle, le scénario dressé par le cabinet international de conseil en stratégie se veut optimiste. En France, le redressement du logement, l’essor de la rénovation énergétique et les projets de transition urbaine pourraient consolider la tendance. La décennie à venir s’annonce décisive.

Article paru dans Béton[s] le Magazine n°121

Lire l’intégralité des articles de la rubrique “En Région” de Béton[s] le Magazine n°121 ici.

Suivez-nous sur tous nos réseaux sociaux !