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L’activité des matériaux dans l’incertitude

D'après l'Unicem, le marché des matériaux de construction se contracte début 2026, avec un recul des granulats et du BPE, sur fond d'incertitudes géopolitiques et d"intempéries.

Alors que le conflit au Moyen-Orient perdure, entraînant un trafic maritime très perturbé dans le détroit d’Ormuz par lequel environ 20 % du pétrole mondial transite, les premiers effets sur l’économie mondiale sont en train d’apparaître. Des tensions qui, par ricochet, pèsent sur le budget des ménages et alourdissent les coûts de production. Cela impacte, d’ores et déjà, l’activité des matériaux de construction, d’après l’Unicem. D’autant que la production de granulats, à février 2026, tout comme celle de BPE, aurait déjà cédé près de 6 % sur un mois et de 8 % sur an. Coté granulats, l’évolution des 3 derniers mois (décembre à février) reste positive en comparaison aux 3 mois précédents (+ 1 %). Mais elle s’inscrit en repli sur un an (- 3,9 %). Et sur les deux premiers mois de l’année, l’activité perd 4 % sur un an. Tandis que, pour le BPE, les livraisons entre décembre et février peinent à se stabiliser par rapport aux trois mois précédents (- 0,8 %). Et sur an, le repli est plus conséquent (- 3,1 %). En cumul sur janvier et février, le volume de BPE diminue encore de 4,6 % sur un an. Les excédents de pluviométries enregistrés en janvier et février 2026 pourraient expliquer, en grande partie, ce décrochage. Surtout que le 2e mois de l’année a été classé le plus pluvieux des mois de février depuis 1959 !

Reprise confirmée dans le logement neuf

Malgré les intempéries, selon le ministère (Sdes1 ), à fin février et sur les trois derniers mois connus, les mises en chantier de logements auraient grimpé de 13,4 % comparé aux trois mois précédents. Et sur un an, la dynamique est plus que positive (+ 31 %). En cumul sur douze mois, les surfaces de logements commencées progressent ainsi de 5 % sur un an dans le collectif. Tandis que dans l’individuel, elles affichent une croissance de 9,8 %. Ce qui porte le total à 283 000 unités. Un chiffre encore très éloigné de la moyenne des quinze dernières années (367 000 unités).

Du côté des permis, la vigueur des tendances reste de mise, même si elle s’émousse un peu dans le collectif. Ainsi, à fin février et sur le dernier trimestre, les surfaces autorisées en logements auraient progressé de 15,7 % par rapport au trimestre précédent. Et sur an, de 4 %. L’activité du bâtiment neuf serait ainsi portée en 2026 par le segment du logement.

Des perspectives contrastées

La Fédération française du bâtiment (FFB) a d’ailleurs révisé à la hausse ses perspectives en mars. Ceci, afin d’intégrer l’impact positif des mesures de la Loi des finances, fraîchement adoptée. Ce qui se traduirait, dès 2026, par 15 000 mises en chantier supplémentaires par rapport au scénario initial, portant la prévision à 308 000 logements commencés. Selon la FFB, la production du segment neuf progresserait ainsi de 6 % cette année (contre – 8,6 % en 2025). Quant aux travaux publics, le recul de l’activité attendu en 2026 devrait freiner la demande de granulats. Cette baisse s’explique par la contraction des investissements des collectivités locales dans un contexte d’année électorale et de consolidation budgétaire. Le marché des granulats pourrait ainsi enregistrer un repli compris entre 1 et 2 % cette année. Une diminution qui devrait toutefois être amortie par un besoin croissant provenant du BPE. En effet, l’accélération de la construction neuve devrait se solder par une hausse des livraisons de béton (jusqu’à + 2 %). L’ampleur de cette croissance dépendra, en particulier, de la durée et de l’issue du conflit dans le golfe arabo-persique.

1Le Sdes est le service statistique des ministères en charge du Logement, de la Construction, du Transport, de l’énergie et de l’Environnement.

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