Ile-de-France. Face à la Grande Arche de La Défense, une fresque monumentale de 144 m2 transforme le regard porté sur le quartier d’affaires. Composée de six panneaux peints, cette création pérenne de Guillaume Bottazzi témoigne de la démarche singulière d’un artiste français, qui explore les liens entre entre art, architecture, poésie, neurosciences cognitives et neurobiologie. A travers ses formes abstraites et ses couleurs lumineuses, il défend une conviction : l’art ne se contente pas d’habiller les lieux, il peut aussi contribuer à notre bien-être. En effet, l’artiste est reconnu comme un pionnier de l’application du mouvement de la neuro-esthétique, qui promeut notre épanouissement. Et est parfois même cité comme l’inventeur de l’abstraction empirique en art. Ses œuvres sont conçues pour stimuler notre cerveau et favoriser une sensation de plénitude. « Je réalise des œuvres, qui prennent en compte les mécanismes du cerveau. » Tout un programme…
Une œuvre solaire au cœur de La Défense

La composition monumentale de La Défense s’inscrit dans le paysage artistique de ce quartier, l’un des plus importants parcours d’art contemporain à ciel ouvert de France. Mais pas que… Cette composition prend place sur le boulevard de La Défense, à proximité de la salle Plénitude Arena. Ceci, dans un environnement marqué par la circulation automobile, les déplacements professionnels et le va-et-vient incessant des passants. « Il y a des bouchons tout le temps dans ce quartier. Il y a du bruit, de l’agitation… Cette fresque se voit depuis La Grande Arche. Je l’ai voulue solaire, en mouvement, pour faire en sorte que les gens vivent avec le soleil, même quand la pluie est là », résume l’artiste.
Ainsi, le regard est immédiatement attiré par cet ensemble de formes courbes et de couleurs, qui tranche avec la géométrie des tours environnantes. Des nuances de gris dialoguent avec des touches de jaune-orangé et de rouge. Les lignes semblent flotter, se déplacer, se prolonger au-delà de leurs limites. Tels des filaments… Rien n’est véritablement figuratif. Pourtant, l’œuvre évoque un mouvement, une énergie, presque une respiration. Dans cet espace urbain où dominent le verre, le béton et les lignes verticales, la couleur devient un moyen d’introduire de la douceur.
A l’épreuve du temps…
L’artiste ne prétend pas imposer une émotion identique à tous. Il souhaite plutôt créer les conditions d’une expérience ouverte, dans laquelle chacun reste libre de ressentir ce qu’il souhaite. La portée de cette fresque réside peut-être là. Elle semble là pour rappeler que l’art dans l’espace public n’est pas réservé qu’aux amateurs avertis. Et qu’il peut accompagner notre vie ordinaire, sans exiger de mode d’emploi.

« Je peins sur de la fibre-ciment entoilée. Cela permet de garantir la pérennité de mon œuvre, sachant qu’elle est fixée sur rail.Je travaille avec des matériaux de construction, avec des archives, des éléments qui vont être réalisés pour résister aux vicissitudes du temps. Les murs fissurent, les murs bougent… Le temps fait son œuvre. » Pour éviter que ces mouvements et que les dégradations du support n’affectent pas la peinture, il privilégie un système de panneaux indépendants. Ici, il y en a six ! Le support est conçu pour offrir une meilleure stabilité à l’œuvre et faciliter son entretien.
Entre beauté et douceur
Face à la Grande Arche, la peinture de Guillaume Bottazzi invite à ralentir quelques secondes, à lever les yeux et à regarder autrement un paysage familier. Une proposition discrète, mais porteuse d’une ambition plus vaste : faire de la beauté et de la douceur des composantes à part entière de notre environnement collectif. Son ambition est de concevoir des environnements artistiques susceptibles de favoriser des expériences positives : apaisement, plaisir esthétique, curiosité ou sentiment de connexion avec les autres.
Cette fresque pose des questions essentielles. Quelle place voulons-nous accorder à l’expérience esthétique ? Mais aussi au bien-être dans les lieux où nous vivons, travaillons et circulons chaque jour ?
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