Seine-Saint-Denis. Créée par l’artiste Stefan Shankland (Marbre d’Ici) dans le cadre du programme “1 immeuble, 1 œuvre”, la Colonne Babcock est une sculpture issue de la reconversion des briques des anciennes usines Babcock de La Courneuve. Là où la vapeur y était utilisée pour produire de l’électricité à la fin XIXe siècle et au début du XXe .
Clin d’œil à l’histoire industrielle de La Courneuve et à La Renaissance…
S’élevant à près de 4,50 m, cette sculpture est un objet hybride né de la rencontre entre une cheminée de briques écrêtées, transformée en socle et d’un panache de fumée pétrifié. C’est un vortex devenu sculpture, élégante colonne, vis sans fin… en béton de briques recyclées élaboré pour cette création… Plus de 1 000 d’entre elles ont été récupérées pour réaliser cette œuvre (socle et colonne). Ce qui témoigne d’un engagement envers le recyclage et la mémoire collective. « J’ai réalisé cette œuvre avec les déchets des anciennes usines Babcock. Donc un gisement important de briques réfractaires, qui était caractéristique de l’architecture de ces grandes halles et de ces usines. J’en ai récupéré à peu près deux tonnes », résume Stefan Shankland.
Inspirée par l’histoire industrielle et matérielle des anciennes usines proches, l’œuvre se veut en résonance avec le patrimoine architectural qui l’entoure. A savoir, l’architecture contemporaine des alentours signés Encore Heureux Architectes. Et le projet d’aménagement des espaces publics de la nouvelle place Babcock par Après la Pluie Paysagistes. Qualifiée de “colonne torse”, cette sculpture fait aussi référence à des éléments architecturaux de la Renaissance et du Baroque. Le tout rappelant les outils de forage utilisés dans l’industrie de la vapeur.
Magitek et Graines de Béton en coulisses

D’une hauteur d’environ 1,50 m, le socle est en forme de cône tronqué. Sa réalisation et celle de la colonne ont nécessité des techniques de modélisation avancées. Stefan Shankland a d’abord créé des prototypes à l’Ensa de Nantes. Puis, a transmis les fichiers de conception au spécialiste du coffrage sur mesure Magitek, où Frédérick Raby, dessinateur-projeteur, a participé à la réalisation des moules en polystyrène revêtus de résine.
« D’un poids de 800 kg, cette colonne a été conçue en plusieurs modules, permettant un assemblage efficace, détaille Frédérick Raby. Une fois défini, le même module a été répété 4 fois et chacune de ces 4 parties est composée de 4 sous-sections pour pouvoir être décoffrées et recoffrées. Chaque module a été fabriqué en tournant d’un quart de tour le moule, créant ainsi les différentes sections de la colonne. Leur conception a nécessité environ 2 à 3 semaines. Nous avons assemblé ces coffrages en Normandie chez Samuel Béard, de Graines de Béton, expert en béton. Et fait un coulage en une séance pour venir mettre en œuvre à peu près 1 t de béton coloré, dont la teinte rappelle celle des briques. Créant ainsi une harmonie visuelle entre le socle et la colonne. »
« L’objectif était de créer une œuvre qui fonctionne un petit peu comme le fossile d’une cheminée et de sa colonne de fumée. De garder une trace, une mémoire minérale figée… » , conclut Stefan Shankland. Le chantier d’aménagement des espaces publics ayant pris du retard, la Colonne ne fera son entrée sur la place Babcock/place Alfonsina Strada, qu’en septembre prochain…
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