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FFB : L’activité du bâtiment chute encore

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Frédéric Carré, président de la FFB, a tracé des perspectives peu reluisantes pour la construction. Tablant en particulier sur un recul du chiffre d'affaires.

Connaissez-vous l’une des citations préférées de Jacques Chirac ? « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ». Malheureusement pour le BTP, l’escadrille est bien dense. Début juin, la FFB déplorait les choix du gouvernement dans ses arbitrages budgétaires et craignait la durée et l’imprévisibilité de la “petite excursion” de Donald Trump et des Etats-Unis en Iran… Depuis, le dérèglement climatique a montré quelles sont ses conséquences concrètes, en provoquant des méga-feux tout l’été. Et la crise au Moyen-Orient s’est aggravée avec la prise du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis au Yémen. Tout cela a des conséquences directes sur l’activité du bâtiment, qui fait déjà face à ses propres problèmes.

Un niveau de la fin des années 1990

« Tous les segments de marché du bâtiment se retournent. Les trésoreries continuent de se tendre et l’emploi baisse à nouveau  », a déclaré Frédéric Carré lors de sa conférence de presse de rentrée. Ainsi, la Fédération française du bâtiment (FFB) a annoncé revoir à la baisse ses estimations du chiffre d’affaires de l’activité pour 2026. Celui-ci devrait être en recul de 0,3 % Cumulé aux précédents, sur quatre ans, le retrait s’établirait alors à – 12,3 %. Soit un retour au niveau de la fin des années 1990 ! Soit l’une des pires périodes de l’activité. En conséquence, la FFB anticipe la suppression de 20 000 emplois sur l’année, en comptabilisant les salariés, les intérimaires en équivalent-emplois à temps plein et les non-salariés. Des résultats qui ont des conséquences sur l’économie nationale, alors que l’Insee a abaissé sa prévision de croissance pour la France en 2026, de 0,7 % à 0,4 %. La FFB y voit un lien de cause à effet et la conséquence du faible investissement immobilier des ménages, des entreprises et de la force publique locale. Un faible investissement, qui grèverait d’avance le chiffre d’affaires du bâtiment pour 2027.

Très (trop) loin des objectifs de construction de logements

Dans le détail, aucun indice ne laisse présager d’amélioration à court terme, c’est même plutôt l’inverse. « Les mises en chantier progressent, mais c’est un leurre éphémère », relève Frédéric Carré. Dans le logement neuf, environ 300 000 unités devraient être construites. Très, très loin des 420 000 annuelles nécessaires pour atteindre les objectifs du plan Logement. « L’objectif des 2 millions de nouveaux logements d’ici 2030 prévus dans le plan “Relance Logement” ne sera pas atteint. » Les permis de construire sont en recul de 0,2 % depuis le début de l’année, par rapport à 2025. Une chute qui s’accélère à – 8 % sur les trois derniers mois. La faute aux logements collectifs qui s’effondrent (- 16,6 %). « Ce qui annonce un nouveau repli des mises en chantier en 2027. »

Le non-résidentiel neuf ne dépasse à peine les 20 Mm2 très proches de son pire score historique. Et le refuge de la rénovation s’est lui aussi contracté. L’activité a baissé de 3,3 % entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026. La rénovation énergétique étant la plus touchée avec un recul de 4,3 %. « Les besoins en rénovation énergétique sont immenses. C’est incompréhensible que ce segment baisse. » Le coupable ? L’Etat qui rogne et modifie MaPrimeRenov’, selon la FFB. Enfin, les différents conflits internationaux jouent sur la hausse des prix des matériaux, qui ont changé de + 4,3 % entre février et juin. « Il reste très compliqué pour les artisans et entrepreneurs du bâtiment de répercuter ces envolées de prix auprès de leurs clients. » Ce sont donc les marges qui seront impactées.

Un double quinquennat d’Emmanuel Macron destructeur pour le BTP

En conclusion, la FFB souhaite que le budget 2027, bien que peu ambitieux en cette période de campagne présidentielle, élargisse le dispositif Jeanbrun à la maison individuelle neuve et d’en assouplir les paramètres. Mais aussi de soutenir le renouvellement urbain avec le lancement de l’Anru III. Et d’étendre à l’Outre-mer le prêt à taux zéro (PTZ) dans l’ancien. Avant que Frédéric Carré ne désigne un coupable à la situation actuelle : Emmanuel Macron. « Dix ans d’une politique du logement hasardeuse depuis 2017 ont conduit le secteur dans une crise sans précédent ».

Lire aussi : Frédéric Carré élu à la tête de la FFB

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